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Vers des municipalités francophones branchées

par NATHALY DUFOUR | 03 DÉC 07

La fracture numérique, vous connaissez? Non, ça n’a rien d’une pathologie nécessitant des soins en orthopédie… Il s’agit plutôt d’un phénomène illustrant l’iniquité qui existe en matière d’accès aux technologies de l’information. Le Groupe de recherche sur les collectivités en ligne de l’Université de Sherbrooke (GRECUS) étudie actuellement la question.

« En fait, c’est en quelque sorte la transposition de la fracture sociale, explique Bernard Sévigny, chercheur principal et professeur associé à la Faculté d’administration. Par exemple, les gens fortunés sont plus susceptibles d’avoir chez eux un ordinateur performant branché sur Internet haute vitesse que ceux des milieux plus modestes, où cet accès n’existe pas. »

Selon les enquêtes réalisées au cours des dernières années, cette situation se reflète également à l’échelle des petites et moyennes municipalités francophones du Canada. La plupart ne bénéficient pas pleinement des avantages qu’offre le Web dans le soutien au développement des communautés. Parmi les municipalités du Québec, moins de la moitié, soit 45,3 pour cent, ont un site Internet en fonction; 1,4 pour cent ont un site inactif; 53,3 pour cent n’en possèdent pas du tout. La situation est similaire dans les autres provinces canadiennes, particulièrement dans les collectivités francophones et bilingues.

Préoccupées par ce décalage, l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, la Fédération québécoise des municipalités, l’Association française des municipalités de l’Ontario et l’Association des municipalités bilingues du Manitoba ont convenu de collaborer avec le milieu universitaire afin de favoriser le passage de leurs municipalités membres à l’ère numérique. Le projet Carrefour des municipalités francophones du Canada, lancé à l’Université de Sherbrooke en novembre dernier, s’appuie sur deux volets distincts : le volet recherche et le volet animation/réseautage. Le GRECUS dirigera le volet recherche du projet, auquel prennent part l’Institut canadien de recherche en politiques et administration publique de l’Université de Moncton, l’Université Laurentienne et le Collège universitaire de Saint-Boniface.

Le travail des chercheurs, effectué de concert avec les collectivités francophones, permettra notamment de déterminer les facteurs qui freinent le déploiement d’Internet dans les municipalités. Le volet animation/réseautage offrira quant à lui un portail de référence qui sera un lieu d’échange et de partage des meilleures pratiques informatiques dans le monde municipal. Sa mise en ligne est prévue pour février 2008. Une fracture, ça se soigne…

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