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Assister aux conférences en ligne

Les conférences en ligne parviendront-elles à supplanter les conférences traditionnelles?

par DEBBY WALDMAN | 08 MAR 10

La facilité d’accès n’est qu’une des raisons qui rendent les conférences en ligne si populaires auprès des universitaires. Elles offrent aussi aux universitaires la possibilité de minimiser leur empreinte de carbone et de composer avec des budgets serrés; les frais d’inscription sont généralement de moins de 100 dollars, et certaines conférences sont gratuites.

Ce genre de conférence est aussi plus facile et moins coûteux à organiser, et peut attirer une gamme très variée de participants. À titre d’exemple, une conférence de cinq jours sur la recherche Web, organisée par un professeur de l’Université du Manitoba, a attiré 99 participants du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Lituanie, du Japon, de la Corée, du Brésil et de l’Allemagne. La conférence a coûté environ 3 000 $ à organiser, y compris les honoraires des 10 conférenciers.

Les conférences en ligne, qu’on peut suivre à partir d’un ordinateur personnel, permettent aux participants d’y assister à partir de n’importe quel endroit : il suffit de se connecter au site de la conférence, de choisir une séance et d’écouter le conférencier en regardant les documents et les diapos qui accompagnent l’exposé.

À l’instar des conférences traditionnelles, les conférences virtuelles se déroulent sur plusieurs journées et il faut s’inscrire pour y assister. Elles présentent des conférenciers renommés et les séances sont souvent suivies d’une période de questions. On peut aussi faire du réseautage, et utiliser des salons de clavardage, Twitter, des fils de discussion, le courriel et la téléconférence, sans compter que la téléphonie par IP peut remplacer les conversations qu’on ne risque pas d’avoir avec les autres participants dans les couloirs, les restaurants ou les toilettes.

Les séances se déroulent généralement en temps réel et sont aussi enregistrées pour visionnement ultérieur. Les salons de clavardage demeurent ouverts pendant plusieurs jours afin de laisser amplement de temps pour discuter des séances. Avec les fils de discussion et les courriels, les participants peuvent soupeser leurs commentaires avant de les envoyer – ce que ne permettent pas les conférences traditionnelles.

Il n’y a pas si longtemps, les conférences en ligne étaient réservées aux domaines de la technologie et de l’apprentissage en ligne. Aujourd’hui, elles recoupent aussi d’autres disciplines comme l’histoire, la médecine, l’anglais langue seconde, la chimie, la sociologie et les changements climatiques. Certaines conférences traditionnelles présentent aussi un volet virtuel afin de permettre à un grand nombre de participants éloignés d’y assister.

On ne sait pas exactement combien de conférences virtuelles ont lieu par année, mais elles sont devenues très populaires et aussi très élaborées depuis 16 ans. Le Centre des technologies d’apprentissage de l’Université du Manitoba, présente de deux à quatre conférences par année, attirant parfois jusqu’à 1 200 personnes.

Toutes les interactions spontanées qui font qu’on aime se rendre à une conférence traditionnelle, les conversations qui ont lieu dans les couloirs, au cours d’un repas avec un ami de longue date ou un collègue dont on admire le travail, n’ont pas leur équivalent dans les conférences virtuelles. Aussi, selon les chercheurs et les organisateurs, les conférences virtuelles fonctionnent mieux lorsque les gens se connaissent.

Autre point à souligner, on peut facilement être distrait lorsqu’on assiste à une conférence en ligne. « On peut entrer et sortir d’une séance de manière beaucoup plus discrète que lorsqu’on assiste à une conférence traditionnelle, ce qui constitue à la fois un avantage et un inconvénient », raconte Lorraine Nichols, spécialiste du Web et de l’apprentissage en ligne à l’école de commerce de l’Université de l’Alberta.

Cette latitude confère aux conférences en ligne un avantage par rapport aux conférences traditionnelles. Évidemment, les deux types de conférences ne sont pas comparables du point de vue des rapports humains et du plaisir qu’on y trouve, mais selon Terry Anderson, elles n’ont pas à se livrer concurrence sur ce plan.

« De toute manière, il ne faut pas s’attendre à la même chose; l’une est tellement moins chère que l’autre! Il en coûte jusqu’à 10 fois moins d’assister à une conférence en ligne; un argument plutôt convaincant », ajoute M. Anderson, qui est titulaire de la chaire de recherche en éducation à distance à l’Université Athabasca (université virtuelle). Il prévoit que de plus en plus d’universitaires et de chercheurs inscriront les conférences en ligne à leur calendrier dans un proche avenir, mais il ne s’attend toutefois pas à ce qu’elles remplacent les conférences traditionnelles.

 

Rédigé par
Debby Waldman
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