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Le gouveneur général du Canada et sa vision du pays

Aucun de ses prédécesseurs ne connaissait aussi bien les universités que le gouverneur général en poste actuellement.

par PEGGY BERKOWITZ | 11 OCT 11

Âgé de 70 ans, David Johnston, 28e gouverneur général du Canada, a étudié dans trois universités, enseigné le droit dans cinq universités et été recteur de deux universités, soit l’Université McGill et l’Université de Waterloo. Il a également été président du conseil d’administration de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) de 1985 à 1987 et a reçu de nombreuses distinctions, dont des grades honorifiques de 13 universités et instituts canadiens.

M. Johnston est né à Sudbury et a grandi à Sault Ste. Marie, en Ontario, où ses parents travaillaient dans une quincaillerie. Il est entré à l’Université Harvard grâce à une bourse sportive en hockey et, pour reprendre les mots d’un ancien collègue, doit sa réussite scolaire « autant à son intelligence qu’à son travail acharné ». Il a été au service de la population tout au long de sa vie et ceux qui le connaissent vous diront qu’il n’aurait jamais accepté ses nouvelles fonctions s’il n’était pas convaincu de pouvoir changer les choses.

Depuis qu’il est gouverneur général, M. Johnston a de nombreuses fois invité les Canadiens à imaginer une « nation avertie et bienveillante où tous […] pourront réussir, apporter leur contribution et développer leurs talents au meilleur de leur capacité ». Pour concrétiser cette vision, il évoque trois piliers : soutenir les familles et les enfants, encourager la philanthropie et le bénévolat, et celui dont il parle le plus souvent, accroître l’apprentissage et l’innovation.

Dans une entrevue accordée à Affaires universitaire à Rideau Hall à la mi-août, le gouverneur général a affirmé que les établissements d’enseignement canadiens ont fait beaucoup pour favoriser l’égalité des chances. « À ma connaissance, aucun autre pays n’a travaillé aussi fort que le Canada pour offrir des possibilités à l’ensemble de la population. Il reste toutefois de nombreux défis à relever, dont celui de l’éducation aux Autochtones. Nous ne devons pas sous-estimer l’ampleur de ce qui reste à faire. »

Le gouverneur général estime également que la participation à des projets d’éducation à l’étranger offre de remarquables possibilités pour le Canada. C’est d’ailleurs lui qui dirigera la délégation de l’AUCC qui se rendra au Brésil en avril 2012 entre autres pour participer au Congrès des Amériques sur l’éducation internationale. « Le Canada fait un excellent travail de démocratisation de l’éducation, et ce, à tous les niveaux, a-t-il affirmé. Nous avons donc l’occasion et la responsabilité de partager notre savoir-faire avec d’autres pays. »

Selon M. Johnston, dans le domaine de l’enseignement supérieur, le Canada possède « une belle diversité d’établissements, et il a été en mesure d’intégrer les secteurs de la recherche et de l’enseignement, alors que dans de nombreux pays, ce sont deux domaines distincts ». Le Canada dispose également d’un système d’éducation très abordable, en partie parce qu’il est progressiste. « Ce sont là d’importantes réalisations qui, selon moi, doivent être présentées au reste du monde. »

Comme il a eu l’occasion d’étudier aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, le gouverneur général est un fervent défenseur des programmes d’études à l’étranger et de l’éducation internationale. « Je crois que mon expérience à l’étranger a fait de moi un meilleur professeur de droit, avocat et dirigeant universitaire. »

Il peut également constater les avantages de l’éducation internationale chez ses cinq filles, qui ont toutes participé à un programme d’échange à l’étranger. « Elles sont de fières citoyennes canadiennes, mais elles sont également des citoyennes du monde. […] En étant intensivement exposées à d’autres cultures, elles sont devenues tolérantes, mais ont également formé leur esprit critique, appris à respecter les différences et compris que la diversité et la différence sont des sources d’enrichissement. »

M. Johnston aimerait que chaque étudiant universitaire canadien puisse vivre une expérience similaire à celle que ses filles ont vécue. « C’est ma motivation à défendre l’éducation internationale. Je suis convaincu que le Canada peut devenir l’Athènes du XXIe siècle, cette petite nation dont la puissance intellectuelle s’est répandue dans tout l’Empire romain. »
En ce qui a trait au rôle de recteur, M. Johnston estime qu’il s’agit « du plus bel emploi au monde, tant pour la cause que pour les relations interpersonnelles. La cause, c’est-à-dire l’idéalisme de l’enseignement supérieur dans le développement d’une société, est importante et noble, et les personnes qu’il nous amène à côtoyer sont intéressantes et stimulantes ». M. Johnston, qui a été recteur pendant près de 27 ans, affirme que chaque jour lui a procuré « un réel plaisir ».

Rédigé par
Peggy Berkowitz
Peggy Berkowitz is the editor of University Affairs.
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