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ARTICLES DE FOND

Les clubs universitaires procurent une expérience d’apprentissage distincte hors des salles de classe

par BENJAMIN MILLER | 31 AOÛT 16

Cet article est un sommaire de l’article « The case for campus clubs ».

Les universités sont aujourd’hui confrontées à une foule de questions. Comment assurer la réussite des étudiants dits « à risque »? Comment préparer les étudiants à intégrer le monde du travail et les mettre en relation avec les employeurs? Comment forger des liens tangibles avec la collectivité? Et la liste est encore longue.

La réponse à ces questions passe par une vision, ainsi que par l’innovation et l’expérimentation. Cela dit, la solution se trouve parfois juste sous notre nez. J’ai été pendant des années membre de clubs universitaires. J’en ai même dirigé ou fondé certains. Cette expérience et mes recherches me poussent à croire que ces clubs pourraient faire partie de la solution… si seulement nous misions davantage sur eux.

D’après mes recherches, les universités canadiennes abritaient près de 7 500 clubs universitaires en 2013-2014. Presque chaque campus, qu’il soit grand, petit, urbain ou rural, en propose à ses étudiants.

Les clubs peuvent contribuer à la réussite scolaire de leurs membres

Il n’existe apparemment pas d’études canadiennes sur le sujet, et on ne sait trop si les universités conservent des données relatives aux clubs universitaires. Toutefois, les études réalisées aux États-Unis, en Angleterre ou ailleurs semblent indiquer que ces clubs peuvent contribuer à la réussite scolaire de leurs membres – en particulier ceux issus de certains groupes à risque, comme les étudiants autochtones ou étrangers.

UA-Oct2016_CampusClubs_FA_FRposter_hres2_200Une série d’études qualitatives à petite échelle et quantitatives à grande échelle ont montré que participer à un club universitaire, quel qu’en soit le type, contribue entre autres au renforcement de l’esprit critique, au développement personnel, à l’épanouissement scolaire et affectif, à l’acquisition de qualités de chef de file et à la persévérance dans les études postsecondaires – autant d’éléments qui favorisent la réussite. La participation à des clubs universitaires favorise aussi les échanges interculturels entre leurs membres, quelle que soit leur origine ethnique, et les aide à prendre conscience des défis en matière de diversité et de justice sociale.

Les clubs universitaires procurent à leurs membres une expérience d’apprentissage solide et distincte en dehors des salles de classe. Les membres sont appelés à relever de nombreux défis: gérer les retards aux réunions, rédiger des mandats, pallier l’absence de matériel de sonorisation, aider les étudiants à remplir leurs premières demandes de subventions, etc. Les membres doivent trouver la solution pour ne pas placer le club, leur club, dans une situation difficile. Quand ils la trouvent finalement, ils en prennent note en prévision de l’avenir.

Les clubs universitaires sont accessibles à tout étudiant

L’effectif des clubs universitaires connaît par ailleurs un important roulement : chaque année, des membres quittent l’université à la fin de leurs études, ou rentrent de la pause estivale avec de nouvelles priorités. L’apprentissage au sein de clubs est donc offert chaque année ou tous les deux ans. Les compétences acquises par les membres, volontairement ou par nécessité, les préparent à un très large éventail de carrières : planification d’événements, gestion des ressources humaines, action stratégique, promotion d’intérêts, etc. Les universités elles-mêmes sont sous pression, incitées à faire sans cesse plus pour préparer les étudiants à intégrer le marché du travail par l’intermédiaire de centres d’information professionnelle, de programmes coopératifs et de stages. Bien qu’essentielles, ces occasions d’apprentissage intégré au travail ne sont hélas proposées que dans le cadre de certains programmes d’études; leur généralisation peut se révéler ardue et coûteuse. Par opposition, les clubs universitaires sont accessibles à tout étudiant. La plupart sont en outre financés par les cotisations des membres et gérés par des associations étudiantes – un poids considérable en moins pour l’administration universitaire.

Comment les clubs universitaires préparent-ils les étudiants à intégrer le monde du travail?

Nombre d’entre eux sont en réalité des prolongements d’organismes hors campus à but non lucratif comme la Croix Rouge, Amnistie Internationale, Plan International Canada ou À voix égales, ou encore de sociétés philanthropiques comme Enactus ou Rotary International. Ces organisations peinent souvent à trouver et attirer de nouveaux chefs de file et à combler le fossé intergénérationnel. Bien sûr, un étudiant peut simplement devenir bénévole au sein d’organisations de ce type, mais la participation à un club universitaire comporte des avantages déterminants par rapport au classique bénévolat hors campus.

Le premier de ces avantages tient au fait que les clubs universitaires permettent à leurs membres d’accéder avec un minimum de risques à des postes de direction, inaccessibles aux simples bénévoles dans des organisations externes. Cela contribue à responsabiliser les étudiants, ainsi qu’à les rendre plus souples et autonomes.

Les clubs universitaires contribuent en outre à renforcer les capacités des organisations à but non lucratif, par le bassin de recrutement qu’ils constituent et par l’accès aux infrastructures et aux ressources universitaires qu’ils procurent. Si un plus grand nombre de ces organisations misaient sur l’apport des clubs universitaires, les universités pourraient jouer un rôle de plus en plus important au sein de leurs collectivités.

Pour le moment, tout se passe au cas par cas. Tout dépend de l’intérêt des étudiants et des organisations hors campus, et des initiatives prises par les deux parties. Même si ces initiatives sont au coeur des clubs universitaires, elles ne sont pas toujours couronnées de succès. Les universités ont l’occasion de jouer un rôle plus actif pour favoriser l’établissement de relations entre les parties, sans en entraver la spontanéité.

Benjamin Miller est étudiant en droit à l’Université de Toronto. Il gère depuis longtemps des clubs universitaires et anime une émission de radio communautaire.

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