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Les programmes de transition aident les professionnels formés à l’étranger à obtenir un agrément

Ces programmes assurent une mise à niveau des titres universitaires et une familiarisation avec les modalités d’exercice au Canada.

par SHELDON GORDON | 05 OCT 16

Cet article est un sommaire de l’article « Bridging programs help foreign-trained professionals gain accreditation ».

On entend souvent parler – à juste titre parfois – de professionnels formés à l’étranger qui conduisent un taxi pour gagner leur vie au Canada. Selon un sondage mené par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada en 2006, 1 525 chauffeurs de taxi du Canada sont titulaires d’une maîtrise et 255, d’un doctorat ou d’un diplôme en médecine.

Le génie est le domaine d’études le plus courant chez les professionnels qui viennent s’installer au Canada. Or, seulement 19 pour cent des immigrants titulaires d’un diplôme en génie et occupant un emploi au Canada exerçaient à titre d’ingénieurs en 2006, contre 42 pour cent chez les diplômés en génie nés au Canada.

Plusieurs universités canadiennes offrent des programmes de transition pour aider les professionnels formés à l’étranger – dentistes, ingénieurs, pharmaciens, professeurs et autres professionnels – à surmonter les obstacles à l’agrément et à intégrer la société canadienne avec succès. Ces programmes assurent une mise à niveau des titres universitaires et une familiarisation avec les modalités d’exercice au Canada.

Illustration par Illustrations by Antonio Uve, colagene.com
Illustration par Illustrations by Antonio Uve, colagene.com

Marie Bountrogianni, doyenne de la G. Raymond Chang School of Continuing Education à l’Université Ryerson (et ancienne ministre de l’Immigration de l’Ontario), estime que ces programmes sont à la fois altruistes et favorables à l’économie du marché du travail. « Il est contraire à l’éthique d’inciter des personnes très instruites à venir s’installer au Canada pour ensuite leur refuser le droit d’exercer leur profession ou une profession connexe, ajoute-t-elle. Il faut aussi considérer l’aspect économique de la question : dès que ces nouveaux Canadiens très instruits commencent à travailler et à payer des impôts, ils contribuent à la prospérité du Canada. »

L’Université de Montréal offre le programme Qualification en pharmacie, un programme de transition à l’intention des pharmaciens formés à l’étranger qui, depuis sa création en 2011-2012, a formé 107 diplômés. La cohorte actuelle réunit 35 candidats, sélectionnés à partir de 121 demandes d’inscription. Le programme Qualification en pharmacie doit compter au moins 25 participants pour être admissible à une subvention annuelle du ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur du Québec.

D’une durée de 16 mois, le programme exige des participants qu’ils obtiennent 64 crédits. Selon l’évaluation des titres universitaires réalisée par l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), ce nombre de crédits peut toutefois être bien moindre. En moyenne, les pharmaciens formés à l’étranger paient des frais de scolarité de 1 600 $, soit le même montant par crédit que les étudiants québécois inscrits au programme de pharmacie de l’Université de Montréal.

« Le taux de réussite à l’examen n’est pas tellement élevé »

Les pharmaciens formés à l’étranger ont le choix entre deux parcours pour obtenir leur permis d’exercice au Québec : soit ils peuvent s’inscrire au programme Qualification en pharmacie, soit ils doivent réussir l’examen national du Bureau des examinateurs en pharmacie du Canada. « Le taux de réussite à l’examen n’est pas tellement élevé, c’est pourquoi un certain nombre de candidats présentent une demande d’inscription au programme Qualification en pharmacie », explique Marie-Claude Vanier, directrice du programme. Ce programme affiche quant à lui un taux de réussite global de 88 pour cent.

Le programme Qualification en pharmacie offre des stages dans des hôpitaux et des pharmacies : un stage d’une semaine la première année, puis deux stages de huit semaines la deuxième année. « Il est toujours difficile de trouver suffisamment de stages pour les étudiants, précise Mme Vanier. Nous sommes très limités par le nombre de postes en laboratoire leur permettant d’exercer. »

À elle seule, la réussite du programme Qualification en pharmacie ne permet pas aux diplômés d’exercer au Québec. Pour avoir ce droit d’exercice, les diplômés doivent aussi effectuer le stage imposé par l’OPQ. Celui ci est long et non rémunéré, et les diplômés doivent trouver un lieu de stage sans l’aide de l’OPQ ou du programme Qualification en pharmacie.

« Le programme est très rigoureux »

Ever Andres Herrera Cantor, 31 ans, et sa femme Maria Fernanda Castro Herrera, 29 ans, ont été pharmaciens pendant quatre ans en Colombie avant d’émigrer au Québec en 2013. Ils cherchaient à améliorer leur qualité de vie et un milieu d’exercice plus axé sur les patients que celui de la Colombie.

Dans le cadre de ses activités auprès du conseil des pharmaciens de la Colombie, M. Herrera Cantor avait discuté avec des pharmaciens d’autres pays et déterminé que le Canada offrait les meilleures perspectives. « À l’époque, il était plus facile et rapide de s’installer au Québec que dans les autres provinces, et nous connaissions l’existence du programme Qualification en pharmacie », indique-t-il.

Le couple a attendu six mois avant que l’Ordre ne les autorise à présenter une demande d’inscription au programme. Le programme leur a semblé très exigeant, mais utile. « Le programme est très rigoureux. Il faut se consacrer entièrement aux études, explique Mme Castro Herrera. Le suivre en couple offre un certain avantage : si l’un a de la difficulté, l’autre peut aider. »

Une fois le programme Qualification en pharmacie terminé, M. Herrera Cantor souhaite acquérir de l’expérience à titre de pharmacien rémunéré, puis économiser afin d’acheter sa propre pharmacie. Pour sa part, Mme Castro Herrera souhaite terminer ses stages avant de définir son parcours professionnel.

Rédigé par
Sheldon Gordon
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