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Recteurs branchés

Les recteurs qui bloguent ne courent pas les rues

par DANIEL MCCABE | 05 AOÛT 08

Depuis l’avènement d’Internet, le monde des communications change constamment. Alastair Summerlee est le premier à avouer qu’il n’y comprend pas grand-chose. « L’incroyable popularité de YouTube ou de Facebook, par exemple, me laisse perplexe », affirme le recteur de l’Université de Guelph.

Perplexe ou non, M. Summerlee est devenu avec enthousiasme un utilisateur actif des communications en ligne lorsqu’il a lancé son blogue il y a deux ans, s’ajoutant ainsi au petit nombre croissant de recteurs qui bloguent pour diffuser des nouvelles de leur établissement et parfois donner un aperçu de ce en quoi consiste réellement leur travail.

Dans son premier article, M. Summerlee a expliqué ses motivations : « On me dit que les gens s’intéressent à ce que je pense. » D’abord sceptique, il affirme que les commentaires qu’il a reçus sur son blogue l’ont convaincu que c’était bien vrai. Malgré tout, ses collègues ne se sont pas tous réjouis de sa décision. « Le conseiller juridique m’a fortement déconseillé de créer un blogue », dit-il, ajoutant que le blogue inquiète parfois aussi le personnel des communications.

Ce n’est cependant pas parce que le recteur aborde des sujets très provocateurs; habituellement, ses articles dénoncent des actes de vandalisme commis sur le campus, soulignent les efforts menés par l’Université en matière d’environnement ou présentent fièrement les réalisations de l’ensemble du campus. Le malaise ressenti par certains collègues fait davantage référence à la préparation minutieuse qui caractérise traditionnellement les communications des recteurs (discours, communiqués de presse et envois de masse par courriel) qu’aux pièges potentiels liés au blogue.

Par contre, « les blogues ne conviennent pas à tous », prévient Karine Joly, une experte des communications en ligne dont le blogue, Collegewebeditor.com, examine la façon dont les nouvelles technologies en ligne modifient les pratiques des universités nord-américaines en matière de marketing. Elle indique que les blogues ne conviennent pas aux recteurs qui « insistent sur un style de communication très formel » parce que les lecteurs d’un blogue s’attendent à y trouver un ton de conversation. « Cela ne veut pas dire que le recteur doit s’exprimer comme un adolescent le fait sur Facebook. Il n’est pas nécessaire d’essayer d’avoir l’air « cool », il suffit de rester soi-même. »

Pour Harvey Weingarten, recteur de l’Université de Calgary, la décision de créer le « Harvey’s Blog » l’an dernier a été facile à prendre. Comme il passe beaucoup de temps à chercher comment atteindre les gens, M. Weingarten s’est dit qu’un blogue serait un excellent moyen d’offrir un aperçu de ce qu’il fait.

M. Weingarten tient à faire comprendre le fonctionnement des universités, en particulier la sienne. Un de ses articles expliquait les obstacles que l’Université de Calgary rencontre lorsqu’il est question de construire un nouveau bâtiment. « Le blogue me permet de parler de tout ce qui contribue au fonctionnement de ce type d’établissements. Les gens sont surpris, par exemple, lorsque je leur dis que notre établissement dépense 30 millions de dollars par année pour les services publics seulement. »

Jonathan Raymond, recteur de l’Université Trinity Western, a créé son blogue l’an dernier et admet qu’il se soucie toujours de ce qu’il y affiche. « Chaque fois que j’écris, je me demande si l’article sera significatif pour quelqu’un ou si ce sera seulement une perte de temps pour les lecteurs. »

Son blogue se penche souvent sur des thèmes qui dépassent les activités courantes de l’établissement chrétien qu’il dirige à Langley, en Colombie-Britannique. Il se demande par exemple si l’université n’attache pas trop d’importance au développement des compétences et pas assez à aider les étudiants à devenir de meilleures personnes : « Dans les universités nord-américaines, l’objectif est trop souvent seulement de former des diplômés compétents. Trop d’universités passent outre le fait que la demande de compétences dans le monde va de pair avec la personnalité », écrit-il dans un article.

Les recteurs branchés doivent tous faire face au même défi : maintenir leur blogue à jour. Écrire un article pour leur blogue ne fait généralement pas partie de leurs priorités. « Je suis un peu déçu de moi-même », dit M. Weingarten, qui n’a affiché que 14 articles depuis la création de son blogue le 1er septembre 2007. « Je ne le mets pas à jour aussi souvent que je devrais. »

Rédigé par
Daniel Mccabe
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