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Résidence écolo

par ALLISON LAWLOR | 11 FEV 08

Sur York Street, une rue pittoresque de Sackville, au Nouveau-Brunswick, une imposante maison verte n’est éclairée que par l’unique ampoule de la cuisine. Il est 17 h et en cette froide soirée de début décembre, les résidentes se sont réunies pour préparer un repas végétarien.

Debout à côté de la grande table en bois, Jacquie Pereira émiette du sarrasin sur une casserole de pommes tranchées – une croustade pour le dessert – tout en parlant de l’accord tacite qui la lie à ses sept colocataires et les incite non seulement à éteindre les lumières quand elles quittent une pièce, mais également à baisser le chauffage et à prendre moins de douches. Tout cela fait partie de leur mission : économiser l’énergie et réduire leur consommation d’eau.

« Il règne une espèce d’entente naturelle, explique-t-elle. Quelqu’un qui prendrait une douche de 20 minutes, ça ne serait pas vraiment bien vu. »

L’étudiante de deuxième année en relations internationales et études environnementales a élu domicile à Cuthbertson House, la première résidence pour étudiants de l’Université Mount Allison à privilégier un mode de vie écologique. Dès le début, la minuscule résidence s’est démarquée des grands dortoirs éconergétiques qui se répandent sur les campus canadiens, en ce qu’elle donnait aux étudiants l’occasion de faire des choix environnementaux conscients dans leur vie quotidienne, depuis la lessive étendue sur des séchoirs jusqu’au thermostat qu’on baisse en quittant une pièce.

« Nous sommes un groupe d’étudiantes convaincues simplement qu’il est possible de vivre de façon éco-responsable, déclare Megan Lowry, étudiante de deuxième année en philosophie et religion, tout en enfournant un plat composé de polenta, de courge, de haricots et de maïs accompagné d’une casserole de légumes racines. Je pense que les gestes individuels sont importants, mais que l’éducation l’est encore plus. »

Sur le campus, les résidentes de Cuthbertson House se font les ambassadrices de ce mode de vie durable. Elles organisent des journées portes ouvertes et des ateliers, participent aux activités des groupes environnementaux, parlent volontiers de leur maison et expliquent en quoi consiste l’adoption d’un mode de vie éco-responsable.

Au dernier semestre, elles ont organisé chez elles un souper suivi d’une discussion sur l’énergie nucléaire. Trente-cinq personnes environ, tant du milieu universitaire que de la collectivité, sont venues savourer le repas fait maison et écouter la présentation d’un professeur de physique et d’un étudiant à la maîtrise. Ce semestre, Mme Lowry veut organiser une présentation sur l’éthique de l’alimentation.

L’Université Mount Allison est clairement favorable à l’idée d’une résidence verte. L’administration prévoit injecter 350 000 $ dans la transformation de Cuthbertson House : la vieille baraque pleine de courants d’air deviendra cet été une habitation éconergétique de pointe. L’aide d’un consultant et du personnel de l’Université permettra aux actuelles résidentes de déterminer le meilleur moyen d’y parvenir. Dès l’automne prochain, la maison sera dotée de fenêtres et d’électroménagers éconergétiques, de toilettes à débit réduit ainsi que d’un nouveau système de chauffage qui pourrait fonctionner à l’énergie solaire ou thermique. On prévoit également agrandir la maison pour qu’elle puisse accueillir jusqu’à huit étudiants de plus.

Cuthbertson House est une sorte de terrain d’essai pour les dirigeants de l’Université. Au cours des prochaines années, ils espèrent construire, en s’inspirant de son modèle, une résidence verte encore plus grande, pouvant accueillir au moins 100 étudiants.

Quand la résidence a ouvert ses portes à l’automne 2005, l’idée d’une résidence verte à Mount Allison germait déjà depuis longtemps. Un regroupement d’étudiants, de professeurs et de membres du personnel de l’Université a fait campagne pendant des années en faveur d’une résidence éconergétique. Mais le projet a stagné pour diverses raisons : l’absence de fil directeur ainsi que des idées extravagantes et trop onéreuses (comme la construction d’une maison en ballots de paille), explique Michelle Strain, directrice des services administratifs de Mount Allison.

Finalement, les étudiants se sont entendus pour habiter une résidence déjà existante et essayer d’y vivre de manière éco-responsable. Grâce à leur ardente volonté de réduire leur consommation d’eau et d’énergie, Mme Strain s’attend à ce que la facture d’électricité de Cuthbertson House soit réduite de plus du tiers et la facture d’eau, de la moitié, par rapport à l’an dernier, les résidents de l’époque se souciant peu du thermostat.

« [Cette année, elles] prennent leur engagement au sérieux », affirme Mme Strain.

Rédigé par
Allison Lawlor
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