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Suivre son parcours d’apprentissage grâce au portfolio électronique

Les répertoires de travaux en ligne, un autre outil pédagogique à la disposition des étudiants.

par SUZANNE BOWNESS | 15 JAN 14

Le portfolio électronique est apparu il y a quelques années dans le but de permettre aux étudiants de stocker leurs travaux et leurs réflexions sur leur expérience d’apprentissage. Cet outil remplit aujourd’hui une fonction officielle dans le cadre des travaux en classe, et une autre, plus officieuse, d’archives de l’expérience étudiante. Dans quelle mesure le portfolio est-il utile aux étudiants et aux éducateurs?

À l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et à l’Université de Guelph, le portfolio électronique est un outil indispensable depuis de nombreuses années. À la UBC, ce sont principalement les facultés de sciences infirmières, de pharmacie et d’éducation qui y ont recours. Les enseignants étaient auparavant tenus de maintenir à jour un portfolio, conformément à la politique du B.C. College of Teachers, mais cette exigence a été abandonnée au moment de la dissolution du collège en 2011. Malgré cela, la faculté d’éducation attribue encore des portfolios électroniques pendant son semestre d’été.

À l’Université de Guelph, Kyle Mackie, directeur des technologies d’apprentissage au département d’éducation ouverte et de soutien pédagogique, a vu passer plusieurs versions du portfolio électronique au fil des ans, dont des outils élaborés à l’interne et des solutions novatrices. Dans cet établissement, les portfolios électroniques sont utilisés par l’école de gestion et d’économie, l’école de gestion du tourisme et la faculté des arts et des sciences. M. Mackie compare l’outil à un fil conducteur : « Il est toujours intéressant de consulter le portfolio d’un semestre à l’autre pour faire un retour sur l’état de nos connaissances. »

Jeff Thomason, professeur de sciences biomédicales à l’Université de Guelph, demande généralement à ses étudiants de publier une réflexion de trois à quatre pages dans leur portfolio électronique dans les premières semaines du deuxième semestre, puis s’en sert pour orienter son enseignement. « En parcourant les textes, j’obtiens un excellent portrait de la classe. Même dans un groupe de 130 étudiants, j’arrive à saisir qui ils sont. »

M. Thomason demande aux étudiants de répéter l’exercice au milieu et à la fin du semestre pour comprendre leur évolution et leurs progrès. Malgré la valeur qu’il accorde à cet exercice, il estime que l’outil doit être peaufiné, car apprendre à s’en servir gruge trop de temps en classe. Pour que le portfolio électronique s’installe définitivement, il doit être facile à utiliser et, dans la plupart des cas, adapté aux programmes auxquels il est destiné afin que les utilisateurs en perçoivent l’utilité.

Bien que le portfolio électronique ait évolué au point de devenir un outil pédagogique parmi d’autres, l’Université McMaster entre autres, commencent tout juste à s’en servir. Rodrigo Narro, un étudiant de quatrième année en sciences de la Terre, faisait partie du groupe de testeurs en avril dernier. Son portfolio illustre l’utilisation de l’outil à son meilleur : similaire à un blogue, avec des bannières, un menu et des photos. Sur le plan du contenu, il comprend des pages qui décrivent son expérience professionnelle, son parcours scolaire et ses activités parascolaires, une section qui explique les nuances de son programme d’études, et une autre où il consigne les réflexions que lui inspirent ses excursions géologiques sur le terrain. « Je trouve qu’il s’agit d’un bon outil pour faire le suivi de toutes mes activités », estime l’étudiant.

Cette double fonction, celle de lieu de réflexion et d’archives, est peut-être la caractéristique la plus intéressante du portfolio électronique. En consignant les activités de chaque semestre dans leur portfolio, les étudiants peuvent assurer le suivi de leurs travaux et de leurs activités, en plus d’y accéder facilement année après année, ce qui leur permet de faire une réflexion plus poussée sur leur apprentissage et leurs progrès, explique Susan Denburg, vice-rectrice adjointe à l’enseignement à la faculté des sciences de la santé de l’Université McMaster.

Les habitués du portfolio électronique croient que cet outil atteint sa pleine efficacité lorsqu’il est simple à apprendre et qu’il est accompagné de soutien. Il y a également la question de son utilité à l’extérieur du cadre universitaire, surtout dans un contexte de recherche d’emploi. Comme les étudiants n’ont aucune emprise sur la réaction des employeurs à leur portfolio électronique, il est peut-être préférable de juger la valeur professionnelle de l’outil en fonction des compétences qu’il permet d’acquérir. En quatre ans, explique Mme Denburg, les étudiants deviendront des experts en classement et en organisation et rédigeront de meilleurs CV. Sur le plan personnel, ceux qui ont utilisé le portfolio jouiront d’archives scolaires plus intéressantes à consulter que ceux qui se sont contentés de remplir des boîtes empilées au sous-sol.

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