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Conseils carrière

Comment aider un étudiant qui souffre d’un handicap caché

Ni vu ni connu.

par CHRISTINE NIEDER + MAHADEO SUKHAI | 12 MAR 14

Imaginez-vous devant une classe où s’installe un nouveau groupe d’étudiants. Scrutant les visages, vous vous demandez de quoi se compose cette cohorte.

Maintenant, imaginez que vous êtes l’un de ces étudiants, parmi la centaine qui s’entasse dans l’amphithéâtre, et que vous souffrez d’un handicap non visible ou caché. Pouvez-vous imaginer l’angoisse ressentie par les quelque 80 000 étudiants canadiens qui sont atteints d’un tel handicap?

Vous vous demandez si vous devriez divulguer votre handicap à vos camarades de classe ou à votre professeur. Et si, ce faisant, vous serez traité différemment. Pensez à toutes les questions qu’ils vous poseront si vous décidez d’en parler. « Qu’est-ce qu’un handicap caché? Comment devrions-nous nous comporter envers toi? Qu’est-ce que tu attends de ton professeur? »

Environ six pour cent des étudiants des collèges et des universités affirment souffrir d’un handicap. Pourtant, on estime à 16 pour cent le taux de la population générale qui souffre d’au moins un handicap, et les deux tiers de ceux-ci souffriraient d’un handicap caché. Si on extrapole, cela signifie qu’au moins 10 de vos 100 étudiants souffrent d’un handicap caché, et que seuls quatre d’entre eux l’ont signalé aux services pour handicapés sur le campus.

Qu’est-ce qu’un handicap non visible ou caché?

Il peut s’agir d’un problème de santé mentale (comme la dépression ou l’anxiété), d’un trouble d’apprentissage, d’une maladie chronique (comme le diabète ou le syndrome de fatigue chronique), d’un problème de mobilité réduite ou d’un handicap sensoriel qui n’est pas apparent.

Comme professeur ou membre du personnel universitaire, vous devriez savoir qui sont les étudiants atteints d’un handicap dans votre salle de classe afin de mieux les aider. Alors pourquoi certains hésitent-ils à divulguer leur handicap?

Premièrement, un étudiant n’a aucune obligation légale à dévoiler son handicap. Bien que le personnel des services pour handicapés invite l’étudiant à le faire, il se peut que l’étudiant handicapé ne se sente pas assez à l’aise pour en parler, ou encore qu’il ait peur de faire l’objet de discrimination en le disant.

Deuxièmement, il existe un malentendu largement répandu et un stigmate sociétal liés au mot « handicap ». Un handicap intellectuel ou lié à la santé mentale est davantage stigmatisé qu’un handicap physique, et peut être porteur d’étiquettes injustes. Une personne souffrant de dyslexie peut par exemple être taxée de « lente » à l’école primaire; un étudiant qui présente des troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention peut être considéré comme « perturbateur ». Les gens craignent souvent ce qu’ils ne comprennent pas, c’est pourquoi les étudiants avec un handicap ont tendance à être méfiants. Ils savent qu’ils risquent d’être traités différemment une fois que tout le monde sera au courant.

Finalement, certains étudiants ne sont pas vraiment conscients de souffrir d’un handicap parce qu’ils n’ont pas eu de diagnostic, ou de diagnostic approprié. Il se peut aussi qu’ils ne se considèrent pas comme étant handicapés et ne savent pas qu’ils peuvent demander de l’aide.

Comment travailler avec quelqu’un qui souffre d’un handicap caché

Tout d’abord, soyez ouvert et donnez aux étudiants l’occasion d’entrer en contact avec vous pour discuter en toute confidentialité de leur expérience et leurs préoccupations.

Ensuite, sachez respecter leur choix d’avoir décidé de vous en parler, mais pas nécessairement d’en parler à leurs pairs. Ainsi, la discrétion s’impose lorsqu’il est question d’aménagements et de demandes, ou de toute discussion à ce sujet.

Mais avant tout, faites appel aux services pour handicapés ou autres services pertinents sur le campus. Rappelez-vous qu’il se peut que l’étudiant n’en ait parlé à personne. Vous pouvez bien sûr l’encourager à le faire, mais vous ne pouvez l’exiger. Informez-vous sur les ressources que ces services mettent à votre disponibilité pour aider l’étudiant, comme des ateliers, de l’aide technologique, et des publications.

Les types d’aménagements nécessaires peuvent varier d’un étudiant à l’autre. Certains pourraient avoir besoin de plus de temps ou d’un environnement plus calme pour faire les examens, d’autres d’un preneur de notes en classe. D’autres encore ont besoin de manuels en format électroniques ou d’appareils et de technologies d’aide, ou souhaitent faire des enregistrements audio des cours magistraux. Lorsque c’est possible, collaborez avec les services pour handicapés et avec l’étudiant afin de trouver la meilleure façon de procéder.

Mieux les professeurs seront outillés pour aider les étudiants souffrant de handicaps cachés, mieux ces étudiants réussiront dans le système d’éducation postsecondaire et au-delà.

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