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Conseils carrière

Comment bien rédiger sa demande de subvention en recherche?

S’appuyant sur sa vaste expérience, Virginie Portes publie un guide pratique intitulé L’art d’écrire une subvention.

par CATHERINE COUTURIER | 10 JUIN 24

« Je constatais qu’on répétait souvent les mêmes conseils », rapporte Virginie Portes, directrice du soutien à la recherche à IVADO, un consortium interdisciplinaire de recherche, de formation, de transfert et de mobilisation des connaissances en intelligence artificielle basé à l’Université de Montréal (UdeM).

Depuis plus de 20 ans, Mme Portes évolue dans le milieu de la recherche. Son embauche au Conseil de recherche en sciences humaines du Canada à la fin de son doctorat l’a initié au mode de fonctionnement des organismes subventionnaires, lui permettant ainsi de lancer une longue carrière dans le soutien à la recherche. Elle fut par la suite conseillère à la recherche à l’Université du Québec à Montréal, pour ensuite occuper divers postes à l’UdeM, toujours dans le soutien à la recherche.

Des plus petits projets aux grandes équipes interdisciplinaires, Mme Portes a épaulé une multitude de chercheuses et chercheurs dans leur présentation de demande de subvention à travers les années, dans un monde qui, somme toute, offre peu d’outils pratiques, de guides ou de formations. « Le bilan de ma carrière m’a amenée à constater le manque d’outils facilement accessibles, utilisables par différents types de personnes », poursuit-elle. Aucun guide, au-delà des quelques documents émanant des organismes subventionnaires, n’était destiné au contexte canadien, ni en français, ni en anglais.

Comprendre l’écosystème complet

Le guide L’art d’écrire une bonne demande de subvention, publié aux Presses de l’Université de Montréal en mars 2024, veut ainsi aider le lecteur et la lectrice à se familiariser avec tout le cycle des demandes de subvention. « Je voulais proposer un format simple, pas trop technique, qui permettrait une compréhension générale de l’écosystème des subventions », raconte Mme Portes.

Le guide se divise en trois sections :le fonctionnement du système, les ingrédients d’une bonne demande, et l’organisation du travail. Le guide inclut des conseils d’ordres généraux et d’autres plus précis selon les secteurs, de même que des outils pratiques et concrets.

Mme Portes a également consulté huit professeures et professeurs de l’UdeM de différentes disciplines, qui avaient en commun une expérience importante dans l’écriture, mais surtout, dans l’obtention de subventions. « Pour moi, c’était très important que l’ouvrage, bien que solidement ancré dans mon expertise, reflète l’expérience des acteurs de premier plan. Je voulais leur laisser la parole », souligne-t-elle. Celle-ci souhaitait en effet asseoir ses propos par des expériences de première main, et une multitude d’anecdotes jalonnent le guide. « Ce qui est fascinant, c’est de voir à quel point ils utilisaient le même vocabulaire », ajoute Mme Portes.

Faire tomber les préjugés

En démystifiant l’écosystème des subventions, Mme Portes souhaitait faire tomber les préjugés de part et d’autre et soulever les faux pas à éviter. Le chercheur ou la chercheuse doit par exemple expliquer clairement son projet et appuyer ses dires. « On ne peut pas affirmer que son projet est novateur sans le démontrer », expliqua-t-elle lors de l’atelier donné à l’UdeM dans la foulée du lancement du guide.

Mme Portes mentionne également le préjugé dans le monde francophone selon lequel il est préférable de soumettre une demande en anglais pour augmenter ses chances d’obtenir une subvention. « C’est assez répandu, et c’est souvent faux », note-t-elle. Le choix de la langue de rédaction de la subvention doit être mûrement réfléchi, et dépend entre autres de la culture de sa discipline : « Il est important de réfléchir à la personne à qui l’on s’adresse. Si l’on sait que l’expertise dans le domaine est rare et qu’un évaluateur externe sera sollicité, cela doit être pris en compte.», confiait Mme Portes aux participantes et participants de l’atelier du 24 avril dernier.

Élargir l’audience

Même s’il a été conçu avec d’abord en tête les professeures-chercheuses et professeurs-chercheurs, le guide s’avère utile pour les étudiantes et étudiants des cycles supérieurs, mais également pour toutes les personnes et équipes de soutien évoluant dans le monde de la recherche. Mme Portes rapporte même que certaines personnes travaillant au sein des organismes subventionnaires ont consulté son ouvrage : « C’est intéressant pour eux de voir comment les gens abordent leurs programmes, et comment ils s’y préparent », observe-t-elle.

 

Motivée par les réactions positives, Mme Portes espère publier une version anglaise de l’ouvrage, pour le rendre accessible à toute personne qui veut faire une demande de fond au Canada. Elle a déjà présenté son guide dans son institution d’attache, et plusieurs autres universités ont manifesté leur intérêt. Elle aimerait par ailleurs développer des formations qui pourraient être déployées dans les universités, les cégeps ou encore les centres de recherche. « J’aimerais que ça ne reste pas qu’un livre, mais qu’on puisse aller plus loin, et que les gens puissent avoir des rétroactions », espère-t-elle.

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