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Conseils Carrière

Comment intégrer l’apprentissage par le service à un cours

par BALBIR GILL | 08 SEP 09

L’étudiant au premier cycle s’attend généralement à écouter des exposés, à rédiger des dissertations, à passer des examens et à carburer à la caféine en période d’étude intensive. Pourtant, dans un nombre croissant d’universités, des étudiants empruntent un parcours non traditionnel et améliorent le sort de leur collectivité.

Ce parcours est celui de l’apprentissage par le service. Les étudiants sont appelés à suivre des cours qui conjuguent les travaux en classe à des projets pratiques réalisés au sein d’organismes externes. Certains travaillent dans des hôpitaux et des centres de soins infirmiers, d’autres à des projets d’action communautaire ou de protection de l’environnement. L’objectif est d’inculquer aux étudiants le sens de l’engagement civique tout en produisant des retombées positives pour la collectivité (voir à ce sujet l’article « Des liens avec la communauté »).

Par exemple, Tania Smith, professeure à l’Université de Calgary, s’est associée au bureau de la durabilité de son établissement dans le cadre d’un cours sur la recherche en communication. En appliquant des méthodes apprises en classe, ses étudiants ont réalisé des projets de recherche qui ont produit des résultats utiles pour le bureau.

Si vous envisagez d’intégrer l’apprentissage par le service à un de vos cours, les experts recommandent de vous poser les questions suivantes :

L’apprentissage par le service se prête-t-il bien à votre style d’enseignement?

Selon Mme Smith, l’apprentissage par le service est un partenariat tripartite entre le professeur, l’étudiant et l’organisme communautaire. Le rôle du professeur s’en trouve modifié : « On ne peut à la fois tout contrôler et profiter des retombées de la collaboration. L’apprentissage ou le service est une option intéressante pour les professeurs qui voient les avantages de la collaboration, et non pour ceux qui préfèrent orchestrer seuls le processus d’apprentissage. »

Votre université dispose-t-elle de l’infrastructure nécessaire à l’apprentissage par le service?

Margo Watt, professeure à l’Université St. Francis Xavier, a intégré l’apprentissage par le service à son cours de médecine légale l’an dernier. Bien qu’elle compte des relations au sein des services correctionnels, elle n’avait jamais collaboré avec le centre de détention partenaire du projet, et il a fallu beaucoup de travail pour faire démarrer le projet.

Pouvez-vous compter sur les conseils de collègues expérimentés?

Lorsque Mme Smith a commencé à intégrer l’apprentissage par le service à ses cours, elle a consulté des collègues et des professeurs d’autres universités. L’an dernier, l’Université de Calgary a ouvert le Centre d’apprentissage par le service et d’engagement civique. L’Alliance canadienne pour l’apprentissage par le service communautaire (ACASC) est une ressource utile, en particulier pour les professeurs qui n’ont pas de réseau de soutien sur leur campus.

Dans quelle mesure votre cours se prête-t-il à l’apprentissage par le service?

Mme Smith conseille aux professeurs novices de consulter la documentation existante pour savoir comment d’autres professeurs de leur domaine utilisent l’apprentissage par le service. Son cours avancé de communication professionnelle et technique compte un volet d’apprentissage par le service depuis cinq ans, et le travail effectué par ses étudiants dépend des besoins du partenaire issu de la collectivité. Par exemple, ses étudiants ont amélioré le système de livraison du service de popote volante Meals on Wheels et ont évalué l’utilité d’un site Web pour la Fondation des maladies du rein de l’Alberta.

Le site Web de l’ACASC contient des modèles de plans de cours et des propositions de cours dans plusieurs disciplines.

Vers quel type de groupe communautaire devriez-vous vous tourner?

Les professeurs doivent s’attendre à investir du temps pour aider les partenaires communautaires à bien saisir ce que les étudiants ont à leur offrir, explique Mme Watt. « Certains ne comprenaient pas l’utilité de la présence des étudiants au centre de détention ou à la cour, dit-elle au sujet de son cours de médecine légale. Ils se demandaient si les étudiants étaient là pour les surveiller. Lorsque les intervenants comprennent que les étudiants sont là pour travailler, un monde de possibilités s’ouvre et l’organisme profite des retombées. »

L’apprentissage par le service convient-il à tous les étudiants?

Les étudiants de Mme Watt ne participent pas tous aux activités d’apprentissage par le service, parce que les candidatures ne sont pas toutes retenues. « Nous ne voulons pas que les étudiants mettent une croix sur d’autres activités qui leur seraient plus profitables, explique-t-elle. Dans certains cas, ajoute-t-elle, les besoins de l’étudiant sont mieux servis par des méthodes plus traditionnelles. »

 

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