Passer au contenu principal
Conseils Carrière

Devriez-vous poursuivre vos études aux cycles supérieurs?

Il peut être difficile de déterminer si la maîtrise ou le doctorat est la bonne voie à suivre. Voici quelques conseils.

par SPARROW MCGOWAN | 24 JUILLET 13

La décision de poursuivre ses études à la maîtrise ou au doctorat représente un investissement en temps, en argent et en énergie. Comment savoir si cette voie nous convient? Pour vous aider à prendre la bonne décision, nous avons posé la question suivante à des conseillers d’orientation dans des universités canadiennes :

« Qu’est-ce que les étudiants devraient prendre en considération pour déterminer s’ils doivent ou non poursuivre leurs études aux cycles supérieurs? »

Voici ce qu’ils ont répondu.

Et pourquoi pas une seconde maîtrise?

réponse de Susan Molnar

La plupart des étudiants qui me consultent en tant que conseillère d’orientation auprès des étudiants aux cycles supérieurs veulent savoir s’ils devraient poursuivre au doctorat après avoir terminé une maîtrise axée sur la recherche. Je leur demande d’abord quelles sont les raisons qui les poussent à poursuivre au doctorat. Ensuite, je leur propose de s’informer sur leurs perspectives de carrière et de réfléchir à leurs valeurs, à leur personnalité et au mode de vie qu’ils privilégient afin de déterminer si un parcours axé fortement sur la recherche leur convient, à court et à long terme. Envisagent-ils le doctorat pour faire progresser leur carrière ou parce que leur discipline les passionne? Dans quelle mesure leurs objectifs sont-ils réalistes? Le fait d’être pragmatique est-il pris en considération dans la décision? D’autres facteurs peuvent également peser dans la balance : la culture universitaire axée sur l’autonomie, l’importance d’établir une bonne relation avec un directeur de recherche et les façons d’y parvenir, ainsi que les considérations financières. Certains optent pour une seconde maîtrise au lieu d’un doctorat, afin d’élargir leurs perspectives de carrière ou parce qu’un programme de moins longue durée basé sur des cours répond mieux à leurs besoins.

Susan Molnar est conseillère d’orientation auprès des étudiants aux cycles supérieurs au Service de planification de carrière de l’Université McGill.

Tenir compte des coûts et garder l’équilibre

réponse de Julie Bowering

On doit prendre plusieurs facteurs en considération pour décider de poursuivre ou non ses études aux cycles supérieurs. Le choix repose souvent sur des motifs personnels et pratiques très variés. Que ce soit une passion pour l’apprentissage, le désir de faire progresser sa carrière ou de faire une transition, ou encore un intérêt pour la recherche, les raisons de commencer une maîtrise ou un doctorat sont diverses.

Le coût est un facteur important lorsqu’on opte pour la maîtrise ou le doctorat. La plupart d’entre nous doivent d’ailleurs planifier en fonction des répercussions financières des études supérieures bien avant de prendre cette décision. L’investissement en temps est un autre enjeu important, particulièrement pour ceux qui travaillent à temps plein et ont des enfants.

On doit également tenir compte du critère d’équilibre, essentiel à un mode de vie sain. Le soutien de la famille et des amis peut tout changer pour un étudiant aux cycles supérieurs. Étudier à la maîtrise ou au doctorat tout en poursuivant une carrière et en élevant des enfants constitue un défi qui s’avère toutefois réalisable et très enrichissant lorsqu’un réseau de soutien solide est en place. Il peut également être utile de demander à des étudiants actuellement inscrits aux cycles supérieurs s’ils ont des suggestions ou des conseils à donner selon leur propre expérience.

Chaque parcours vers la maîtrise ou le doctorat est unique. Il faut absolument prendre le temps nécessaire pour réfléchir à ses circonstances et à ses motivations propres avant de s’inscrire aux cycles supérieurs.

Julie Bowering est coordonnatrice du développement professionnel pour les cycles supérieurs au service de perfectionnement professionnel et d’apprentissage par l’expérience de l’Université Memorial.

Prendre une décision éclairée

réponse de Christine Fader

Nous invitons les étudiants qui envisagent des études aux cycles supérieurs à se poser les questions suivantes :

  • Suis-je fortement motivé à en apprendre davantage sur un sujet particulier (assez pour effectuer au moins de deux à cinq ans d’études supplémentaires)?
  • Existe-t-il des programmes de maîtrise ou de doctorat qui correspondent bien à mes champs d’intérêt ou aux compétences que je souhaite perfectionner? Y a-t-il d’autres programmes (diplômes d’études supérieures, certificats) à envisager?
  • Quel type d’emploi aimerais-je occuper après mes études? Le diplôme de maîtrise ou de doctorat est-il nécessaire, et sinon, de quelle manière m’aidera-t-il à atteindre mes objectifs de carrière?
  • De quels paramètres financiers devrais-je tenir compte (par exemple, fonds disponibles, frais de scolarité, fournitures nécessaires, frais de subsistance, déménagement, perte de revenu d’emploi si on retarde l’entrée sur le marché du travail)?
  • Le programme ou le directeur de recherche semblent-ils correspondre à mes besoins (emplacement, milieu social, perspectives d’emploi, etc.)?

Les études aux cycles supérieurs représentent une option extraordinaire, mais elles ne conviennent pas à tout le monde. Parfois, les étudiants croient qu’il est nécessaire d’obtenir une maîtrise ou un doctorat pour obtenir un meilleur emploi (ou un emploi tout court) sans s’être informés si c’est le cas pour leur choix de carrière particulier. D’autres étudiants choisissent de poursuivre aux cycles supérieurs simplement parce qu’ils ne savent pas quoi faire après avoir obtenu leur diplôme. Nous invitons les étudiants à s’informer pour vérifier si leurs hypothèses sont exactes. Nous avons pour but d’aider tous les étudiants à prendre des décisions éclairées qui correspondent à leurs objectifs et intérêts propres.

Christine Fader est conseillère d’orientation au service d’orientation professionnelle de l’Université Queen’s.

Garder son objectif ultime en tête

réponse de Matthew Geddes

Le meilleur conseil que je peux donner à quiconque envisage de faire des études aux cycles supérieurs, c’est de prendre une décision éclairée! Pour ce faire, il faut déterminer l’objectif ultime de ses études, que ce soit à la maîtrise ou au doctorat, et évaluer à quel point il est réalisable. Obtenir un poste de professeur d’université, un emploi dans l’industrie ou simplement se livrer à sa passion sont des objectifs courants. Comme c’est toujours le cas, plus le but visé est précis, plus il est probable que vous parveniez à l’atteindre. Si vous cherchez à obtenir un poste en entreprise ou à l’université, réfléchissez aux aspects suivants : les titres de poste visés, les fonctions que vous aimeriez exercer, les entreprises et les industries où vous souhaiteriez travailler et les endroits où se trouve le travail. Si vous cherchez à poursuivre votre passion, je vous propose tout de même de réfléchir à ce que vous souhaitez faire à long terme, puisque les études ne durent pas éternellement.

Tentez de déterminer dans quelle mesure votre objectif est atteignable ou réaliste. Pour ce faire, il vous faut recueillir toute l’information possible sur votre objectif de carrière, y compris les parcours professionnels habituels, les conditions du marché du travail et les obstacles possibles. Discuter avec les gens qui travaillent dans le domaine que vous visez constitue le meilleur moyen de vous informer sur votre objectif. En explorant les différentes options, n’oubliez surtout pas de vérifier si l’obtention d’une maîtrise ou d’un doctorat est nécessaire pour atteindre votre objectif.

Matthew Geddes est spécialiste en orientation au service d’orientation professionnelle de l’Université de Calgary.

Constituer un dossier

réponse de Kelly Gallant

En plus d’inciter les étudiants à se livrer à un important travail d’introspection, je leur conseille de constituer un dossier professionnel. Qu’ils décident de s’inscrire ou non aux cycles supérieurs, ce type de document est essentiel au développement professionnel.

L’étudiant a-t-il réfléchi à ses compétences? Connait-il ses réalisations, ses forces et ses aptitudes? Peut-il situer ses activités par rapport à son parcours professionnel? Comment perfectionne-t-il ses compétences et comment les met-il en valeur? Un dossier professionnel peut orienter la réflexion de l’étudiant et servir de référence pour lui-même, ses employeurs potentiels, ses mentors et même le service des admissions de l’université. En effet, il permet de suivre et de planifier le perfectionnement et l’acquisition des compétences et des connaissances, ainsi que de faire un état des lieux du parcours professionnel. Cet outil de référence complémentaire au CV peut faciliter le processus décisionnel. C’est un outil évolutif utile au processus de planification ainsi qu’à la transition entre l’université et le marché du travail.

Kelly Gallant est spécialiste en orientation au service d’orientation professionnelle de l’Université de Calgary.

COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
Affaires universitaires modère tous les commentaires reçus en fonction des lignes directrices. Les commentaires approuvés sont généralement affichés un jour ouvrable après leur réception. Certains commentaires particulièrement intéressants pourraient aussi être publiés dans la version papier du magazine ou ailleurs.

Your email address will not be published. Required fields are marked *