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Conseils carrière

En point de mire : le Programme d’aide à l’édition savante (PAES)

Un subvention d'aide pour faciliter vos publications

par KEL MORIN-PARSON | 07 AOÛT 07

Unique au Canada, le PAES appuie les chercheurs en sciences humaines depuis plus de 60 ans par des subventions d’aide à la publication d’ouvrages savants dans ce domaine. Financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), il est administré par la Fédération canadienne de sciences humaines (FCSH), un organisme à but non lucratif plus simplement appelé la Fédération. Le Programme a de lointaines et illustres origines. Il a vu le jour en 1941 à l’instigation d’une poignée de chercheurs canadiens (Harold Adams Innis, Jean‑Charles Falardeau et Northrop Frye, entre autres) convaincus que le Canada devait se doter d’un mécanisme de soutien à la diffusion de la recherche en sciences humaines menée au pays. Comme à l’époque l’édition en était à ses premiers balbutiements au Canada, la plupart des ouvrages subventionnés par le PAES étaient publiés à l’extérieur du pays pendant les premières années d’existence du Programme, mais à mesure que celui-ci a pris de l’expansion, l’édition savante canadienne s’est elle aussi développée. À ce jour, le PAES a appuyé la publication de près de 5 000 ouvrages la plupart portant aujourd’hui le sceau des plus grandes maisons d’édition du pays. L’évolution du Programme a suivi celle du milieu intellectuel du Canada, ainsi que des universités et des maisons d’édition savante qui l’ont soutenu.

Tirer le meilleur parti du PAES

Grâce à une augmentation du financement versé par le CRSH en 2005, le PAES subventionne 180 ouvrages par année ainsi que cinq traductions d’ouvrages savants, à hauteur de 8 000$ par ouvrage versés directement aux maisons d’édition pour les aider à couvrir les coûts de production et de promotion d’ouvrages savants. Le Programme commandite également quatre prix qui récompensent chaque année les meilleurs ouvrages parmi ceux dont il a soutenu la publication : le prix Harold Adams Innis et le Prix Jean-Charles Falardeau dans le domaine des sciences sociales, et deux prix en sciences humaines créés en mémoire de Raymond Klibansky. Le Programme met aussi en place, à l’occasion du Congrès des sciences humaines (organisé par la Fédération) qui a lieu annuellement, des ateliers traitant de sujets comme la publication de recherches et le marketing d’ouvrages savants.

Je tenterai d’expliquer les grandes lignes du fonctionnement du Programme, mais je vous encourage fortement à consulter ses lignes directrices pour en savoir davantage.

Un des aspects les plus importants et les plus intéressants du programme, est le fait qu’on peut y soumettre des demandes en tout temps. En d’autres mots, il n’y a pas d’échéancier à respecter. Ce modèle tient compte de la réalité de l’écriture et de la publication, qui sont des processus continus. Les demandes peuvent être présentées par les auteurs ou par un éditeur admissible au nom de ceux-ci. Le travail soumis doit être suffisamment long pour être publié sous forme d’ouvrage (au moins 100 pages avant édition) et appartenir à l’une des disciplines couvertes par le Programme (la liste complète des disciplines se trouve à la dernière page du formulaire d’inscription) (DOC).

À titre d’exemple, supposons qu’un ouvrage est soumis directement par un auteur. Le PAES est un programme conçu pour les auteurs. Les subventions sont versées uniquement en fonction du mérite, et les chercheurs sélectionnés sont libres de présenter leur projet à l’éditeur admissible de leur choix. Il n’est pas nécessaire de conclure préalablement une entente avec un éditeur. Les demandes présentées par un éditeur admissible suivent le même processus. L’unique différence tient au fait que les éditeurs sont généralement les personnes-ressources avec lesquelles le personnel du Programme communique, et que certains peuvent demander eux-mêmes des comptes rendus de lecture et les soumettre au Programme.

Pour présenter une demande, les auteurs doivent remplir un formulaire d’inscription et le soumettre accompagné de certains extraits de l’ouvrage (comme le précise le formulaire). Chaque ouvrage soumis au PAES peut être classé dans un maximum de trois disciplines tirées de la liste jointe au formulaire, par exemple la sociologie, l’anthropologie et l’histoire canadienne avant la Confédération.

Admissibilité et évaluation

Chaque demande doit être évaluée pour vérifier si elle s’inscrit dans la mission du PAES. Le Programme a pour mandat d’appuyer les recherches qui, tout en contribuant grandement à l’avancement des connaissances, ont peu de chances d’être rentables. Il subventionne les monographies, les ouvrages collectifs et les analyses critiques; les ouvrages savants qui appartiennent à ces catégories sont généralement admissibles. Certaines conditions s’appliquent toutefois : le Programme est investi d’un mandat précis, et ses fonds sont limités. Il ne peut donc pas subventionner tous les ouvrages produits par des chercheurs en sciences humaines, malgré leur pertinence et leur valeur.

Outre certaines catégories de documents non admissibles, comme les manuels scolaires, les comptes rendus de conférences et les ouvrages de référence, les livres qui présentent certaines caractéristiques d’un ouvrage savant, mais qui sont essentiellement descriptifs ou non analytiques ne seront pas retenus. Tout ouvrage soumis au PAES doit contenir une analyse, une méthodologie et une problématique, autant d’éléments essentiels à un ouvrage savant dans le domaine des sciences humaines.

Si un ouvrage est jugé admissible, il faut alors remettre deux exemplaires du manuscrit au personnel du PAES, qui commandera ensuite au moins deux comptes rendus de lecture à des chercheurs dans les disciplines concernées. Plusieurs membres du comité d’évaluation des manuscrits, lequel est formé de plus de 100 chercheurs issus de toutes les disciplines admissibles, étudieront les extraits fournis avec la demande et proposeront des lecteurs qualifiés.

Une fois les comptes rendus soumis – généralement dans un délai de six à huit semaines, ou plus si un troisième lecteur est requis –, l’auteur doit en prendre connaissance et y répondre. Il n’est en aucun cas tenu d’être en accord avec tous les points de vue et toutes les propositions des lecteurs, mais il a tout à gagner à fournir une réponse complète qui reprend scrupuleusement les points soulevés par les auteurs. Lorsque l’auteur a soumis sa réponse, la documentation est remise à des membres du comité d’évaluation des manuscrits issus des disciplines concernées.

Le comité formule ensuite un certain nombre de recommandations. Il peut approuver le financement de l’ouvrage, demander qu’il soit revu et soumis à une seconde évaluation, l’envoyer au Bureau de direction du PAES, qui approuvera ou rejettera le manuscrit, ou refuser le financement. Les auteurs qui reçoivent une subvention disposent d’un délai de trois ans pour faire publier leur ouvrage par un éditeur admissible, qui doit alors réclamer les 8 000 $ au PAES.

Kel Morin‑Parson est la directrice du Programme d’aide à l’édition savante de la Fédération canadienne des sciences humaines.

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