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Conseils carrière

La Collection Art Volte de l’Université Concordia : un tremplin pour les finissants en beaux-arts

L’initiative comprend notamment de la formation sur la promotion et la vente d’œuvres d’art.

par CAILYNN KLINGBEIL | 22 AOÛT 22

Une nouvelle collection d’œuvres d’art de l’Université Concordia aide les finissants et récents diplômés de sa Faculté des beaux-arts à lancer leur carrière dans un marché très concurrentiel, tout en offrant au grand public la chance de louer ou d’acheter leurs œuvres.

Le projet de la Collection Art Volte (CAV) est la plus récente initiative d’Art Volte, une plateforme créée en mars 2020 qui offre de vastes programmes de soutien aux diplômés en beaux-arts de l’Université Concordia après qu’ils aient quitté les bancs d’école.

Regroupant 140 œuvres de 25 artistes touchant à divers médiums (impression, peinture, photographie, vidéo, céramique, textile, etc.), la nouvelle collection a été lancée officiellement le 17 mai à la Maison du Conseil des arts de Montréal.

« Les artistes doivent absolument être soutenus après la fin de leurs études, souligne Camille Bédard, qui dirige le programme. C’est lors des trois à cinq années qui suivent l’obtention de leur diplôme que ça passe ou ça casse, et c’est à ce moment que les artistes décident s’ils continuent leur pratique ou non. Or, nous sommes là pour eux pendant ce moment charnière. »

Le service sans but lucratif est financé par le fonds d’innovation de la fiducie familiale Peter-N.-Thomson, qui a offert en 2019 un don de 5,6 millions de dollars à la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia – un soutien divisé en trois axes (dont le fonds d’innovation). Chaque année, la CAV fera un appel d’œuvres auprès des diplômés des cinq dernières années et des finissants. Un jury professionnel formé de professeurs, d’artistes et de conservateurs évaluera les dossiers reçus.

Mme Bédard explique que si 25 artistes ont été sélectionnés lors de cette première édition, ce chiffre pourrait grimper dans les prochaines années. Les œuvres sont exposées en ligne, ce qui leur donne une visibilité et permet de rejoindre les amateurs qui pourraient vouloir les louer ou les acheter. Des expositions en personne sont aussi prévues.

L’autre volet principal du programme est axé sur le développement professionnel. Avant le lancement, la première cohorte d’artistes a eu droit à une journée et demie de formation intensive, sur des sujets allant des bonnes pratiques d’emballage et la manutention à la fixation des prix, en passant par la rédaction de leur biographie et de leur démarche artistique. « Ce qu’ils apprennent durant cette formation, ce sont des compétences essentielles qui ne sont pas nécessairement enseignées à l’école », précise la responsable du programme.

Cet axe de professionnalisation, combiné à la sélection par un jury, démarque le programme des offres similaires de location ou de vente d’œuvres proposées par d’autres universités. « L’idée, c’est vraiment de faciliter leur entrée dans le milieu professionnel. On aborde tout plein de compétences cruciales à la vie d’un artiste qui ne sont pas présentées pendant les études. Art Volte permet une sorte de transition vers le vrai monde. »

Parmi les créateurs de la première édition, on compte Alexey Lazarev, artiste en arts visuels établi à Montréal qui a obtenu son diplôme de l’Université Concordia en 2019. Il a d’abord assisté aux ateliers et présentations organisés par Art Volte avant de participer à l’appel d’œuvres. Certaines de ses créations ont été vendues au lancement, et d’autres encore ont trouvé preneur via le site Web par la suite.

« En participant à ce programme, j’ai pu comprendre la réalité du marché, ce qu’il faut pour être un artiste professionnel, pour réussir à vendre et à être payé. Ça offre aussi une bonne visibilité et une chance d’élargir son réseau, dit l’artiste. Selon moi, ce genre de programme universitaire devrait être bien plus répandu, c’est une valeur ajoutée non négligeable. »

Si le modèle du programme ne se retrouve qu’à l’Université Concordia pour l’instant, Mme Bédard verrait bien d’autres universités l’adapter en fonction de leurs réalités. « Je proposerais de réfléchir aux besoins de vos artistes et de vos étudiants. Qu’est-ce qui leur manque pour réussir à percer? Comment pouvez-vous les soutenir? Peut-être qu’on parle de compétences ou d’accès à des outils; peut-être qu’on parle de visibilité », avance-t-elle.

La Collection a déjà mis en vitrine les étudiants-artistes sur le campus, en offrant la possibilité de louer ou d’acheter leurs œuvres. « L’Université compte bien des aires de bureaux, mais on n’avait pas la possibilité d’y exposer les œuvres des étudiants, avant, observe-t-elle. Grâce à la Collection, on pourra mettre en valeur le talent de nos étudiants dans ces bureaux, plutôt que d’y exposer des œuvres choisies au hasard. »

La location et l’achat des œuvres est ouverte à tous, à condition de devenir membre de la Collection Art Volte. Une adhésion annuelle coûte 25 dollars, et l’adhésion est comprise avec tout don minimal de 250 dollars, en plus d’autres avantages. Les artistes établissent les prix de leurs œuvres et la CAV reçoit une commission de 30 % – un taux en deçà du 50 % courant dans le milieu, indique Mme Bédard.

On prévoit aussi d’élargir l’offre de la CAV pour que les finissants et les diplômés des neuf départements de la Faculté des beaux-arts de Concordia puissent en profiter. Comme le dit la responsable, l’acquisition d’une pièce de théâtre ne se fait pas de la même manière que celle d’une peinture. L’accent sera donc mis davantage sur la visibilité et le développement du réseau des artistes, et moins sur la vente ou l’achat.

L’établissement de partenariats est d’ailleurs une autre avenue intéressante. Par exemple, en août et en septembre, on pourra voir les performances d’étudiants de l’Université Concordia en danse, en arts visuels et en théâtre à Art POP, le volet du Festival international de musique POP Montréal consacré à l’art visuel.

« La collection vient à peine d’être créée, et déjà nous avons tellement d’idées pour la faire évoluer, se réjouit Mme Bédard. Donner ce genre de visibilité est essentiel. »

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