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CONSEILS CARRIÈRE

L’entrevue d’emploi secrète : être sur la sellette sans le savoir

Qu’elles soient intégrées au processus officiel d’entrevue, aux entretiens d’information ou le fruit du hasard, des entrevues secrètes ont parfois lieu.

par LIZ KOBLYK | 05 AVRIL 19

En cette période de l’année où les journées rallongent et que la noirceur cède sa place à la lumière, je reprends ici le thème du secret. Il y a quelques semaines, j’ai exploré le CV secret, qui vous permet de présenter les réalisations vous tenant le plus à cœur, peu importe la façon dont vous les décrivez sur vos documents de recherche d’emploi.

Cette fois-ci, j’aimerais aborder les entrevues d’emploi secrètes – pas celles que vous prévoyez en secret, mais plutôt celles auxquelles vous participez sans vous en rendre compte.

Certaines entrevues secrètes sont intégrées dans le processus officiel d’entrevue. Elles s’effectuent à l’insu du candidat, qui présume que les décisions reviennent uniquement aux intervieweurs en titre. Or, durant une entrevue, vous risquez fort de rencontrer des personnes qui exercent une influence sur les décideurs. Il peut s’agir de l’adjoint d’administration qui vous a accueilli, de la personne à qui vous avez tenu la porte en sortant ou simplement de quelqu’un qui vous observe avant ou après l’entrevue et dont l’opinion compte pour les intervieweurs. Ces entrevues secrètes sont les plus faciles à réussir : restez poli et l’affaire sera probablement dans le sac.

Les choses se corsent toutefois un peu lorsque vous créez vous-même l’entrevue secrète lors de votre recherche d’emploi. En effet, il se peut qu’un entretien d’information que vous avez organisé prenne peu à peu l’allure d’une entrevue d’emploi, alors que vous souhaitez simplement recueillir des renseignements.

Dans une telle situation, vous avez l’avantage d’être bien préparé, puisque c’est vous qui avez demandé la rencontre. Il est donc tout à fait acceptable de continuer à poser vos questions. Si votre interlocuteur est disposé à vous recommander pour un emploi, exprimez-lui votre gratitude et montrez votre empressement. Dites-lui que vous souhaitez vous assurer de prendre la bonne décision et demandez-lui s’il a encore le temps de répondre à quelques questions.

Si la conversation se transforme en entrevue pour un poste qui vous intéresse, cela pourrait valoir la peine de gagner du temps afin d’utiliser ce que vous avez appris pendant la rencontre. Par conséquent, si on vous demande votre curriculum vitæ, acceptez de l’envoyer plus tard au cours de la journée et dites à votre interlocuteur que vous lui êtes reconnaissant de ses conseils et souhaitez intégrer dans votre CV l’information qu’il vous a fournie.

Quoi qu’il en soit, à moins que votre interlocuteur ne vous indique de façon explicite qu’il songe sérieusement à vous pour le poste, ne présumez jamais que l’emploi vous est offert. Présentez-vous sous votre meilleur jour et continuez à recueillir les renseignements dont vous avez besoin pour prendre une décision éclairée sur votre carrière, même si la rencontre ne mène à aucune offre d’emploi.

L’entrevue secrète la plus difficile est celle qui se produit par hasard. Elle peut avoir lieu lors d’une séance de formation, d’une conférence et même d’une activité sans lien avec votre travail. Soudain, vous constatez que votre interlocuteur s’informe de vos antécédents professionnels beaucoup plus que la normale. Pas de panique, même si vous vous sentez mal préparé. L’intervieweur vous a déjà dans sa mire; il profite d’une conversation amicale pour en savoir davantage sur votre potentiel professionnel. Si vous ne lui plaisiez pas, il continuerait à se plaindre du temps qu’il fait.

Cette situation n’est pas bien différente d’une entrevue officielle, mais elle présente tout de même quelques pièges. Tout d’abord, vous risquez d’opter pour un autre ton que celui de la conversation. Présentez-vous sous votre meilleur jour, mais restez chaleureux et détendu. Après tout, vous êtes bel et bien en train d’avoir une conversation. L’autre piège est celui de tomber dans l’excès contraire et d’être un peu trop détendu. Même si vous avez une conversation franche ou si vous sentez qu’une certaine complicité est en train de s’établir, abstenez-vous de dire du mal de vos collègues, de vos supérieurs ou de votre milieu de travail. Votre intervieweur sera rassuré par votre professionnalisme. Il saura que si quelqu’un d’autre vous soumet à une entrevue secrète, vous parlerez en bien de lui également.

Liz Koblyk est directrice associée du Wilson Leadership Scholar Award à l’Université McMaster.

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