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Conseils carrière

Les avantages de publier dans des revues savantes lorsqu’on n’est pas universitaire

Les professeurs et les étudiants reconnaissent les mérites de publier, mais qu’en est-il du reste d’entre nous?

par NANDINI MAHARAJ | 22 JAN 20

Aux cycles supérieurs, les étudiants peuvent être désireux d’explorer le monde de l’édition savante évaluée par les pairs. En effet, constituer un solide dossier de publications peut faire toute la différence pour obtenir une subvention ou un emploi dans le milieu universitaire. Pourtant, l’idée même de publier dans une revue savante peut sembler sans intérêt voire inutile pour ceux qui envisagent une carrière autre que le professorat.

Pourquoi alors déployer des efforts considérables pour publier dans des revues savantes évaluées par les pairs si cet exploit ne procure que peu d’avantages hors du milieu universitaire? Tout d’abord, parce que le fait de soumettre un article peut donner un élan. Le sentiment momentané de réussite qui résulte de l’achèvement d’un article peut rapidement faire place à la crainte d’être jugé et critiqué pour ses travaux. S’exposer, c’est aussi risquer d’être rejeté. Dans un tel cas, le fait d’essayer de nouveau, de soumettre son article une deuxième fois, renforce la résilience et permet de dissiper les craintes. Entre deux rejets dévastateurs, il peut y avoir des réponses positives et de petites réussites qui aident à poursuivre sur sa lancée.

L’évaluation par les pairs permet aussi de poser un regard critique sur ses travaux. Lorsqu’on soumet un article et qu’on immortalise des mots sur une page (du moins pour un moment), il faut faire des choix quant à ce qui doit être gardé et ce qui doit être laissé de côté. Si cet exercice s’avère difficile, il est toujours possible de demander l’avis de pairs ou de collègues, ou de demander conseil à des professeurs ou à des superviseurs.

Lorsqu’un évaluateur laisse des commentaires, l’auteur de l’article est contraint d’y répondre (qu’il soit d’accord ou non) pour pouvoir soumettre l’article à nouveau ou pour le soumettre à une autre revue. Le fait de répondre aux commentaires d’un évaluateur oblige à poser un regard critique sur ses travaux.

Dans le cas où l’article est accepté et publié, il est important de comprendre que le crédit ainsi obtenu représente bien plus qu’une simple ligne sur son curriculum vitae. Il constitue une chronologie et atteste des travaux accomplis pendant la rédaction de la thèse ou la participation à un projet de recherche; deux activités dont les jalons (comme l’analyse documentaire) passent souvent inaperçus.

Les futurs employeurs peuvent voir en la publication d’articles un indicateur de la capacité de l’employé à respecter des échéances, à faire preuve de minutie, à communiquer efficacement et même à travailler en équipe, si les articles ont été corédigés. En ce qui concerne la corédaction, il est essentiel que les auteurs communiquent efficacement entre eux afin d’articuler un message cohérent qui respecte le format et le style de la revue tout en intégrant de façon harmonieuse le ton et le point de vue de chaque auteur.

La publication peut également aider à obtenir des bourses, des subventions et des prix au cours des études supérieures. Dans mon cas, le fait de compter quelques publications à mon actif a marqué un tournant et m’a permis d’obtenir du financement pendant ma troisième année de doctorat.

Outre les considérations énoncées ci-dessus, la publication savante est aussi motivée par des raisons d’ordre humaniste. Les plus importantes d’entre elles, lorsqu’on mène des travaux de recherche faisant appel à la participation d’êtres humains, sont les obligations d’ordre éthique qui vont au-delà du consentement éclairé et de la confidentialité. Les chercheurs ont le devoir de rendre leurs résultats accessibles. Il est certainement avantageux pour les participants à un projet de recherche de prendre connaissance des résultats dans une revue savante. Ils peuvent ainsi évaluer par eux-mêmes la mesure dans laquelle les résultats correspondent à leur expérience, découvrir des choses pouvant leur être utiles au quotidien, et constater que leur participation contribue à l’avancement des connaissances dans un domaine particulier. Pour leur part, les revues d’intérêt général ont l’avantage de joindre un vaste public rapidement.

L’occasion de joindre de nouveaux publics est une autre raison de publier dans une revue savante. On sollicite parfois l’avis de chercheurs dans le cadre de reportages. Des citations d’un article peuvent aussi être reprises dans des émissions de télévision, des billets et sur les médias sociaux, accroissant ainsi l’influence de la recherche universitaire. Par exemple, j’ai déjà été invitée à participer à un balado qui vise à rendre la science plus accessible à des auditoires variés.

En plus d’informer la population générale, la recherche universitaire joue aussi un rôle clé dans la formation des chercheurs émergents. De fait, les professeurs assignent souvent aux étudiants des articles savants comme lecture obligatoire. De plus, le fait de participer à la préparation et à la publication d’un article permet non seulement aux jeunes chercheurs d’acquérir des compétences en gestion de projet, mais il présente aussi une occasion de mentorat entre jeunes chercheurs et chercheurs chevronnés. Le mentorat peut favoriser la collaboration au sein du milieu de la recherche, la qualité de l’évaluation par les pairs et la synergie entre chercheurs aux intérêts semblables.

Nandini Maharaj est agente de développement en recherche sur la santé pour les programmes de soutien à la capacité en recherche au bureau de la vice-rectrice à la recherche et à l’innovation à la University of British Columbia.

COMMENTAIRES
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  1. Paul Cadrin / 24 janvier 2020 à 13:13

    Je suis à la retraite depuis 10 ans et j’ai continué à soumettre des articles pour publication dans des revues arbitrées. J’endosse pleinement toutes les considérations soulevées dans cet article, mais j’insisterais sur un point: la passion pour la recherche! Au cours de ma carrière, c’est certain que le souci d’être à la hauteur des attentes de mon employeur et des gens du métier comptait pour moi, mais l’essentiel a toujours été la curiosité, l’avancement des connaissances, en un mot, la satisfaction personnelle. Le fait d’être à la retraite me laisse encore plus de temps et de liberté pour cheminer dans cette voie.