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Conseils carrière

Les revues des études supérieures sont plus qu’une première occasion de publication

Les revues représentent une occasion d’améliorer son style d’écriture, être un bon pair-évaluateur et accroître son leadership.

par JULIE HAGAN | 19 MAR 14

De nombreuses revues des études supérieures ont été créées au cours des dernières années afin d’offrir aux doctorants l’occasion d’explorer les étapes menant à la publication d’un article scientifique. Mais ces revues offrent plus qu’une première expérience de publication, elles représentent une occasion d’acquérir plusieurs habiletés nécessaires à une carrière universitaire : améliorer son style d’écriture, être un bon pair-évaluateur et accroître son leadership. Elles sont aussi une façon de contribuer au milieu scientifique, d’agrandir son réseau et de créer des collaborations.

Améliorer son style d’écriture

Lire les textes des autres, en tant que rédacteur ou évaluateur, est un excellent exercice pour améliorer son propre style d’écriture. On apprend à repérer et à éviter les erreurs courantes que l’on peut commettre soi-même. Les auteurs qui soumettent un texte bénéficient quant à eux des commentaires des pairs-évaluateurs. Pour David Hofmann, cofondateur et rédacteur de la Revue canadienne des études supérieures en sociologie et criminologie (RCESSC), il s’agit d’offrir aux doctorants une « occasion d’apprentissage dans un environnement propice à la critique constructive ». Cela n’empêche pas d’avoir des normes élevées : seulement 15 pour cent des articles soumis à la RCESSC sont acceptés pour publication sans révisions. Dans tous les cas, les évaluateurs sont invités à « fournir autant de commentaires que possible pour que les auteurs puissent apprendre et s’améliorer », souligne Noorin Manji, cofondatrice et rédactrice à la RCESSC.

Être un bon pair-évaluateur

Les revues des études supérieures sont une occasion pour les doctorants d’apprendre les rouages de l’évaluation par les pairs d’un article scientifique. Le défi consiste à trouver le juste équilibre entre leur offrir une première expérience d’évaluation et s’assurer que le processus est rigoureux. Des instructions détaillées sont mises à la disposition des évaluateurs et les rédacteurs sont disponibles pour répondre à leurs questions tout au long du processus d’évaluation. Comme le souligne Jean-François Fortier, membre fondateur de L’intErDiSciplinaire, le recours à plusieurs évaluateurs aux profils variés permet aussi de pallier les éventuelles lacunes des moins expérimentés.

Accroître son leadership

Les étudiants impliqués dans la coordination d’une revue des études supérieures développent leur leadership et acquièrent des compétences d’organisation et de gestion. L’implication d’un des membres fondateurs de la McGill Sociological Review (MSR) aurait même joué en sa faveur pour l’obtention d’une bourse. Angela Kalyta, coordonnatrice de MSR, souligne que ces compétences concrètes constituent un atout que l’on se prépare à une carrière universitaire ou non.

Créer des réseaux

Pour Mme Manji, la mise sur pied d’une revue des études supérieures « est autant une expérience de réseautage qu’une expérience de publication ». Avec des auteurs et des évaluateurs provenant de nombreux départements et universités du Canada et de l’étranger, la RCESSC et la MSR favorisent les relations de travail entre des étudiants qui ne se seraient pas rencontrés autrement. Et, comme le souligne Mme Kalyta, « s’il est primordial d’établir des rapports avec des mentors dans son propre domaine d’expertise, les rapports avec d’autres doctorants peuvent aussi nous aider dans notre carrière ».

Selon Tim Ireland, bibliothécaire de liaison à l’Université de Waterloo, les retombées des revues des études supérieures « concernent le milieu universitaire dans son ensemble ». Par exemple, lors de la Conférence de l’Association des bibliothèques de l’Ontario, la communication du comité éditorial de la RCESSC sur le thème de la création d’une revue à comité de lecture en accès libre a suscité l’enthousiasme. Les revues des études supérieures sont généralement perçues comme une valeur ajoutée pour les étudiants et l’université, et peuvent compter sur le soutien des universités qui mettent à leur disposition des ressources financières, humaines et techniques.

Favoriser l’échange d’idées

Les revues des études supérieures permettent aux étudiants d’innover et d’échanger. La MSR et la RCESSC souhaitent faire tomber les barrières entre les doctorants francophones et anglophones au Canada. Mme Kalyta rappelle qu’on a beaucoup à gagner à mettre en commun ces différentes traditions qui se traduisent par « des méthodes théoriques, méthodologiques et normatives différentes ». D’autres initiatives, de portée plus modeste, ont toutefois de grandes ambitions. C’est le cas de L’intErDiSciplinaire, qui vise à susciter un dialogue entre les disciplines des sciences sociales et des sciences naturelles de l’Université Laval.

Les initiatives étudiantes foisonnent et les occasions de participer sont nombreuses. Les revues des études supérieures représentent une façon de contribuer à la vie universitaire « que vous pouvez ajouter à votre CV et qui vous permet d’acquérir des compétences et de tisser des liens », rappelle Mme Kalyta.

Julie Hagan est doctorante au département de sociologie de l’Université Laval et rédactrice associée à la Revue canadienne des études supérieures en sociologie et criminologie et à la McGill Sociological Review.

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