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Conseils carrière

Réflexion sur ma transition professionnelle en temps de pandémie

J’ai dû faire preuve de résilience et apprendre à tirer le meilleur parti possible d’une situation complètement folle.

par DINUKA GUNARATNE | 19 JAN 21

La perspective d’une transition professionnelle peut être à la fois grisante et anxiogène. Grisante, car elle est le signe d’un nouveau départ, de possibilités nouvelles. Angoissante aussi, compte tenu de son énorme incidence potentielle sur notre avenir. Au début de mars 2020, juste avant le confinement planétaire, j’ai quitté le poste que j’occupais pour explorer de nouvelles avenues. Le problème, c’est qu’aucun poste garanti ne m’attendait et que mes entretiens d’embauche et les postes auxquels ils auraient pu me conduire se sont évaporés en une fraction de seconde. J’étais très inquiet. Que peut faire une personne en pleine transition professionnelle au cours de la crise qui marquera notre siècle?

Ma connaissance du secteur de l’éducation postsecondaire n’a fait que contribuer à mon inquiétude. Les universités et les collèges ont mis fin sur-le-champ à toute embauche et à la plupart de leurs démarches de recrutement. Ayant moi-même œuvré dans une grande université en tant que spécialiste du développement professionnel, j’ai pris du recul, et me suis demandé ce que je dirais à une personne dans ma situation. Grâce au soutien de quelques formidables mentors et confidents, ce temps d’arrêt et de réflexion m’a permis d’affronter un avenir incertain, complexe et flou.

Recherche d’emploi en temps de pandémie

J’ai d’abord pris le temps de réfléchir à mon avenir professionnel. J’ai dressé des listes et tenté de déterminer ce que je souhaitais, pourquoi j’y tenais et comment je pouvais y parvenir. J’ai eu du mal au début, mais ce temps de réflexion a porté ses fruits. Il me fallait avant tout cerner ce qui sous-tendait mes aspirations, et ce processus m’a permis de trouver mon but. Il est important de connaître son but. Personnellement, ça m’a donné l’énergie et la volonté de tenir bon dans ma recherche d’emploi alors que perdurait la pandémie.

Avec mon but en tête, j’ai foncé. Je me suis porté bénévole pour plusieurs projets d’associations professionnelles étroitement liées à l’enseignement postsecondaire et aux affaires étudiantes. Ça m’a permis de rester au fait de ce qui se passait dans le milieu de l’enseignement supérieur canadien par rapport à la COVID-19. J’ai échangé avec mes collègues et forgé des relations authentiques. J’ai aussi acquis de nouvelles compétences et connaissances. Chacune de ces étapes m’a rapproché des possibilités que je souhaitais explorer plus à fond. Avant même la fin de l’été, j’étais plongé dans la rédaction de curriculum vitæ et de lettres de présentation adaptés à divers postes à l’échelle du Canada. Étonnamment, cet été sans précédent passé à travailler chez moi m’a paru productif.

Les trois « P » des entretiens d’embauche en temps de pandémie

Patience, pratique et préparation. Tels sont devenus les trois « P » de mon mantra. Après avoir soumis des douzaines de demandes d’emploi et fait preuve de patience, j’ai décroché quelques entretiens. De nombreux postes que je convoitais exigeaient plusieurs entretiens, c’était très exigeant. En six semaines, j’ai pris part à près d’une vingtaine d’entretiens de plus en plus intensifs, assortis d’exposés, d’énoncés écrits, de conversations informelles et de beaucoup de temps d’attente. En matière de pratique, j’étais servi. Chaque entretien demandait énormément d’énergie et de préparation et c’est, je crois, ce qui m’a grandement aidé à élaborer ma proposition de valeur pour chaque poste.

Pour des raisons évidentes, la pandémie a eu une énorme incidence sur les processus de recrutement. Tout se faisait en ligne. J’ai enchaîné les séances sur Zoom. On pourrait croire que, en tant que spécialiste du développement professionnel, aucun processus de recrutement ne m’angoisserait, or rien n’est plus faux. Mes premiers pas ont été une catastrophe. Mais avec la pratique, j’ai progressé, me suis amélioré et en suis arrivé aux derniers entretiens menant à quelques postes. Puis, le temps de l’attente est venu. Il m’a fallu faire preuve de patience. Apprendre à encaisser les refus sans me décourager.

Offres d’emploi et intégration en temps de pandémie

Après quelques semaines d’entretiens, j’ai eu la chance d’avoir quelques offres d’emploi intéressantes. Trancher pour l’une d’elles n’a pas été facile, mais je l’ai fait en fonction de mon but, de ce que je souhaitais et des raisons qui me poussaient à le vouloir. J’ai disséqué et soupesé chaque offre à travers ce prisme et suis ainsi parvenu à prendre ma décision.

Mon intégration en ligne m’a plongé dans un vrai tourbillon. Je me souviens à peine des deux premières semaines qui ont suivi mon entrée en fonction dans une nouvelle université, en septembre. Le fait de m’occuper des affaires étudiantes m’a exposé à une nouvelle réalité entièrement virtuelle : travail à distance, étudiants cantonnés chez eux, etc. C’était loin d’être la transition idéale. Pourtant, j’ai peu à peu forgé des liens, pris le temps d’apprendre, d’apprivoiser de nouvelles technologies. La patience dont j’avais appris à faire preuve au cours de l’été s’est révélée un atout. J’ai appris à ne plus viser la perfection et à être bienveillant envers moi-même.

Dinuka Gunaratne est spécialiste en communication et en stratégies d’orientation scolaire et professionnelle au centre d’emploi de l’Université de Waterloo.

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