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Éditorial

Le changement s’installe
La situation économique actuelle en est d’ailleurs un bon exemple

La stratégie collective employée pour endiguer la COVID-19 a donné lieu à un nouveau problème : une forte inflation. En corollaire, une pression croissante pousse les établissements postsecondaires à augmenter leurs droits de scolarité. L’Université du Manitoba, par exemple, a annoncé à la fin mai une augmentation moyenne de 3,7 % de ses droits de scolarité pour la prochaine année, en partie pour « pallier la croissance des coûts liés aux activités d’enseignement, notamment la hausse des salaires ». L’inflation a également été citée dans le cadre de conflits de travail par de nombreuses associations de professeurs et est à la source des demandes réclamant l’augmentation de la valeur des bourses fédérales accordées aux étudiants des cycles supérieurs. Et la liste est loin d’être terminée.

En juin, la Banque du Canada a procédé à une troisième hausse de son taux directeur en l’espace de quelques mois afin de freiner la hausse des prix. Comme il est difficile d’attribuer les causes des tensions inflationnistes à des facteurs nationaux plutôt qu’internationaux, tout semble indiquer que les universités devront continuer de s’adapter.

Un secteur semble toutefois avoir été épargné par la tempête économique, du moins dans le milieu universitaire : la philanthropie. Comme le souligne Mark Cardwell dans le présent numéro, les établissements postsecondaires canadiens ont récolté l’impressionnante somme de 1,7 milliard de dollars en dons en 2021 (un total annuel n’ayant que très peu diminué durant la pandémie). Mais que signifie cet engouement des universités canadiennes pour les collectes de fonds?

Dans l’article de fond qu’elle signe, Moira MacDonald traite des efforts déployés par les écoles de médecine vétérinaire pour faire face à la pénurie nationale de vétérinaires, ce qui est une autre facette des bouleversements des dernières années. Et pour couronner ce trio d’articles de fond, Affaires universitaires vous présente une sélection d’oeuvres d’art réalisées par des artistes autochtones dont les universités du pays se sont dotées au cours de la dernière décennie. Voilà qui constitue d’ailleurs un important rappel des changements prometteurs en cours.

Où que vous soyez au moment de lire ces lignes, j’espère que cette saison estivale vous permettra de décompresser, de vous retrouver entre amis ou en famille et de prendre un pas de recul face à ce tourbillon qui s’impose en tant que nouvelle normalité.

Ian Munroe
Rédacteur