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Éditorial

Notre dette à l’égard de la démocratie
Le bon fonctionnement de notre système politique repose en partie sur les universités

lorsque vous lirez ces lignes, fort est à parier que les élections de mi-mandat américaines seront au coeur de l’actualité. À la fin septembre, moment où elles ont été écrites, l’incertitude planait toujours quant à l’issue du vote. Une tendance semblait toutefois se profiler : un des deux principaux partis adoptera des messages et des stratégies antidémocratiques, et ce, bien plus que par le passé.

Depuis quelques années déjà, bon nombre d’universitaires de renom sonnent l’alarme quant à l’état de la démocratie américaine. Ces mises en garde sont le fruit d’un climat de « récession démocratique » mondiale, qui rappelle à la population canadienne la singularité de son système d’autonomie gouvernementale. Ce modèle se fait de plus en plus rare dans le monde.

Le milieu de l’éducation postsecondaire a un rôle fondamental à jouer pour contrer cette montée de l’antilibéralisme. Trop peu d’attention a été accordée au sujet. L’ouvrage What Universities Owe Democracy, publié l’année dernière par l’universitaire canadien et recteur de l’Université Johns Hopkins, Ronald J. Daniels, fait toutefois exception. M. Daniels y affirme que les établissements d’enseignement supérieur contribuent à maintenir le système américain en favorisant la mobilité sociale, l’éducation de la population et la protection des faits, tout en promouvant des « communautés diversifiées et vivantes ». Il en va de même pour les établissements canadiens.

Les universités du pays permettent aussi de véhiculer des valeurs démocratiques par le biais de la formation et des expériences de vie qu’elles offrent à un nombre grandissant d’étudiant.e.s provenant de l’international. Mais comme le révèle Matthew Halliday dans l’article en couverture de ce numéro, le gouvernement peut faire plus en matière de réglementation des agent.e.s de recrutement qui épaulent les jeunes générations aspirant à poursuivre des études supérieures au Canada.

Enfin, j’ai le regret d’annoncer qu’il s’agit de mon dernier numéro à titre de rédacteur en chef, puisque ma famille et moi amorcerons un nouveau départ sur la côte Est. Je demeurerai toutefois un avide lecteur du magazine Affaires universitaires, et je suis impatient de découvrir la couverture journalistique que réserve l’équipe incroyablement dévouée qui porte cette publication à un secteur essentiel qui se transforme pour s’adapter à un monde en rapide évolution.

Ian Munroe
Rédacteur