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À mon avis

19-2 fusillade dans une école…

Et si c’était vrai !

par DANIEL HÉBERT | 06 FEV 13

La fusillade (fictive mais réaliste) dans une école, diffusée lors d’un récent épisode de la série télévisée 19-2 a suscité au Québec de nombreuses réactions et soulevé la controverse. Des téléspectateurs ont été outrés de voir autant de violence à une heure de forte écoute susceptible d’atteindre un jeune auditoire. D’autres ont plutôt été conscientisés au risque qu’un tel drame puisse frapper une école de leur quartier, un campus universitaire ou tout autre lieu public. Pour ma part, j’y ai vu une émission à caractère pédagogique et préventif pouvant permettre aux décideurs du milieu scolaire, aux enseignants, au personnel de soutien et aux étudiants de mieux réagir et se comporter, si une telle situation devait se produire.

Oeuvrant comme gestionnaire en communication dans le milieu de l’éducation depuis près de quarante ans, j’ai dû affronter plusieurs situations d’urgence (appels à la bombe, présence de colis suspects, détonations, coups de feu, actes de vandalisme, suicides, etc.). Heureusement, je n’ai pas eu à intervenir directement dans un cas de fusillade. Toutefois, j’ai pu constater au fil des ans l’importance grandissante accordée à l’élaboration de plans d’intervention et de communication afin d’être mieux outillé pour gérer les nombreux facteurs de risque présents dans notre société. Au cours de ma carrière, j’ai aussi été en mesure d’apprécier à maintes reprises le travail des policiers lors de situations périlleuses. Tout comme dans la fusillade de 19-2, j’ai constaté le professionnalisme, le sang-froid et le courage des policiers qui doivent agir avec une très faible marge d’erreur, des vies étant parfois en jeu.

Dans un établissement près de chez vous

Malheureusement, des psychopathes et des personnes atteintes de troubles mentaux se retrouvent partout… même près de chez vous. Sans être alarmiste, ce risque de tuerie dans les écoles, les collèges et les universités semble s’accentuer et nous guette constamment. Pour cette raison, les gestionnaires et les principaux acteurs du milieu de l’éducation doivent se préoccuper d’une telle éventualité et agir de façon responsable. Ils ne peuvent se permettre d’être vulnérables et remettre à plus tard l’élaboration ou la mise à jour de leur plan d’urgence. Devant de tels scénarios, l’heure n’est pas à l’improvisation!

Quelques questions préventives?

Étant donné les risques auxquels font face les établissements scolaires, leurs dirigeants ont-ils :

  • identifié leurs principales menaces et vulnérabilités (tireur actif, alerte à la bombe, explosion, prise d’otages, personne armée, etc.), et prévu des plans d’intervention et de communication interne et externe appropriés?
  • prévu la création, la composition et le fonctionnement d’un comité de crise?
  • informé et formé régulièrement leur personnel sur les façons d’agir en de telles circonstances (consignes de confinement ou d’évacuation, affichage, micro site Web, démonstration, simulation de table, etc.)?
  • organisé des campagnes récurrentes de sensibilisation et de prévention (conférences, dépliants, vidéos, simulations, médias sociaux, etc.) auprès des étudiants?
  • développé des liens étroits et constants avec les services policiers de proximité (rencontres de reconnaissance des lieux, échange de plans d’édifice(s), échange de listes et de coordonnées de personnes concernées, familiarisation et validation des systèmes de télécommunications et de surveillance vidéo, etc.)?
  • identifié des services d’aide psychologique et post-traumatiques (dans l’établissement ou à l’externe, etc.) pour le personnel, les étudiants, les parents?

Une foule d’autres questions doivent s’ajouter et trouver réponse en vue de prévenir et de minimiser les dégâts, si une tragédie comme celle présentée dans 19-2 devait se produire à nouveau au Québec.

Pas de panique, mais si c’était vrai une prochaine fois… seriez-vous mieux préparés?

Daniel Hébert est l’ancien directeur des Communications à l’Université du Québec à Montréal, conseiller stratégique en communication, et père de trois enfants d’âge scolaire.

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