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À MON AVIS

Au tour des universitaires sans frontières?

Faites profiter les pays en développement de votre expertise.

par STEVEN DAVIS | 13 SEP 10

En 2006, je cherchais un moyen d’aider la société après mon imminent départ à la retraite en 2007. Pendant ma carrière, j’ai enseigné la philosophie dans des universités américaines et canadiennes et pris activement part à la vie universitaire. Ayant beaucoup aimé évoluer dans ce milieu, je souhaitais y demeurer actif. J’ai donc tenté de trouver une façon de soutenir les établissements d’enseignement supérieur dans les pays en développement.

En formant des enseignants, des ingénieurs, des professionnels de la santé, des scientifiques et d’autres travailleurs, les universités canadiennes ont grandement contribué au développement du pays. J’étais d’avis que de bonnes universités pourraient faire de même dans les pays en développement. J’ai fait des recherches sur Internet, pensant découvrir des douzaines d’organisations d’universitaires similaires à Médecins sans frontières. À ma grande surprise, je n’ai trouvé aucune ONG autonome entièrement vouée au soutien des pays en développement par le renforcement des capacités en enseignement supérieur.

J’ai commencé à me documenter sur le manque de médecins, d’ingénieurs, d’enseignants, d’agronomes et d’autres spécialistes dans les pays en développement. Par exemple, l’Éthiopie ne compte que 1 500 médecins pour une population de 80 millions d’habitants, tandis que le Rwanda n’en compte que 250 pour neuf millions d’habitants. Le Ghana n’offre aucun programme d’études doctorales en informatique ou en technologies de l’information et doit envoyer ses étudiants à l’étranger pour qu’ils poursuivent leur formation. Le problème, c’est que bon nombre de ces étudiants choisissent de s’établir de façon permanente à l’étranger. Le Ghana ne possède pas l’expertise nécessaire pour développer ses technologies de l’information, qui sont pourtant essentielles à l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation.

Avec l’aide d’amis et de collègues, j’ai donc fondé Universitaires pour l’éducation supérieure et le développement (UPESED), une organisation qui a pour mission d’aider les pays en développement à renforcer les capacités de leurs systèmes d’enseignement supérieur. Il s’agit de la seule ONG vouée exclusivement à cet objectif dans le monde. Constituée en 2007, l’UPESED est une organisation bilingue établie à Montréal et qui a obtenu le statut d’organisme à but non lucratif au Canada et au Québec en 2008.

Pour assurer un renforcement pertinent et durable des capacités, l’UPESED dépêche dans les pays en développement des bénévoles qui ont pour mandat d’appuyer les projets mis sur pied par les collèges, les universités et les ministères de l’Enseignement supérieur. Ces bénévoles sont des professionnels actifs ou à la retraite, des professeurs, membres du personnel ou administrateurs dans des collèges ou des universités du Canada ou d’autres pays industrialisés, qui sont en mesure d’utiliser leur expertise pour améliorer la qualité des établissements d’enseignement dans les pays en développement. L’objectif est de former les spécialistes dont les pays en développement ont besoin afin qu’ils n’aient plus à compter sur l’aide des bénévoles.

L’UPESED a mené à bien un certain nombre de projets et en compte plusieurs en cours de réalisation, de planification ou de conception. À titre d’exemple, Marion Steff, qui a obtenu récemment un doctorat en psychologie de l’éducation de l’Université McGill, a travaillé bénévolement pendant un an au Centre d’études et de services liés à l’invalidité de l’Université d’État islamique Sunan Kalijaga, qui est située à Yogyakarta, Indonésie. Bien que l’Université soit un chef de file en Indonésie en matière d’accès à l’enseignement supérieur pour les étudiants souffrant d’invalidité, le Centre est seulement en mesure de desservir les étudiants aveugles. Une des tâches de Marion consiste à aider le Centre à offrir des services à des étudiants atteints d’autres types d’invalidités. Elle aide également le Centre à faire la promotion de son travail en Indonésie afin qu’il puisse devenir un modèle pour d’autres établissements et montrer aux personnes invalides qu’elles peuvent jouer un rôle utile au sein de la société indonésienne.

L’UPESED possède des représentants dans plus de 50 collèges et universités canadiennes. Son conseil consultatif est formé, entre autres, de Louise Fréchette, ancienne sous-secrétaire générale des Nations Unies, de Charles Freedman, ancien directeur général adjoint de la Banque du Canada, de Rob Prichard, ancien recteur de la University of Toronto ainsi que de Stephen Toope, recteur de la University of British Columbia. L’organisation travaille en partenariat avec des établissements d’enseignement (et des départements) au Canada et à l’étranger. Elle collabore également avec la division de l’enseignement supérieur de l’UNESCO et l’Association des universités francophones, et reçoit du financement de la Fondation McCall-MacBain, de la Fondation de la famille Zeller et de particuliers.

L’UPESED travaille à l’établissement d’une liste de bénévoles potentiels qui aimeraient prendre part à un projet dans l’immédiat ou dans le futur. Joignez-vous à l’UPESED! Si vous êtes membre du personnel d’une université, ou encore un professeur ou un administrateur, et que vous souhaitez faire du bénévolat dans les pays en développement, toutes dépenses payées, visitez le site Web de l’UPESED à www.ahed-upesed.org. L’UPESED accepte également les propositions de projet. N’hésitez pas à m’écrire à sdavis@ahed-upesed.org pour me faire part de vos suggestions.

Steven Davis est le directeur général d’Universitaires pour l’éducation supérieure et le développement.

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