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À MON AVIS

Le respect, les relations et la responsabilité : la base de la réussite universitaire

La carrière de nos dirigeants universitaires les plus inspirants se distingue par un engagement concret envers ces principes.

par ANGELA CAMPBELL | 28 FEV 18

Bien que charmante, la vie universitaire est pleine de défis. Les intervenants du milieu universitaire ont le privilège d’enseigner à de jeunes gens talentueux, de mener de la recherche de pointe et de contribuer à la gouvernance d’établissements postsecondaires. Mais ils sont aussi tenus de rester fidèles aux idéaux intellectuels de longue date associés aux études postsecondaires tout en participant pleinement aux normes et aux réalités sociales toujours changeantes.

Par conséquent, les universités concentrent avec raison leurs efforts et leur énergie sur leurs activités de base : la recherche et l’enseignement. Pour elles, science novatrice et pédagogie inspirante sont les conditions fondamentales de la réussite.

Malgré tout, alors que les universités préparent leurs étudiants à affronter le monde et à diriger nos sociétés complexes, trois principes de base doivent être mis de l’avant. Ces principes sont pertinents pour de nombreux établissements, mais encore plus en enseignement supérieur. Je les appelle les « trois R ». Ils sont simples, mais à mon avis, essentiels à la réussite dans le milieu postsecondaire.

Le respect. Le discours universitaire regorge de termes impressionnants et lourds de sens. Des mots tels qu’oppression, suprématie, dominance, hégémonie, assujettissement, violence, résilience et résistance s’immiscent dans les conversations quotidiennes sur les campus. Ce vocabulaire a sa place, mais il est dramatique, et son omniprésence peut polariser et limiter les conversations, ce qui n’a pas lieu d’être dans une université.

La plupart du temps, il vise à exiger le respect des idées et des identités dans toute leur diversité. Cette volonté est complètement justifiée, et la notion de respect doit trouver écho partout sur le campus.

Ainsi, lors de débats sur un sujet délicat et conflictuel (comme la venue de conférenciers controversés, l’utilisation de pronoms particuliers ou l’accès à certains espaces pour des motifs religieux), nous devons nous demander ce que le respect dicte dans cette situation. Il peut être plus long et exigeant de répondre à cette question que de s’appuyer sur une règle ou une politique, mais une solution nuancée et inclusive pourra en ressortir.

Les relations. Souvent déploré, l’individualisme caractéristique de la culture et de la philosophie dominantes en Amérique du Nord est particulièrement problématique pour les jeunes, qui entretiennent souvent des liens virtuels et s’appuient sur les médias sociaux. Pour eux, l’isolement représente aussi un risque réel. Nous sommes de plus en plus conscients des difficultés psychologiques qu’éprouvent les étudiants universitaires, surtout ceux qui sont loin de la maison pour la première fois.

Il n’existe pas de solution miracle pour régler ces problèmes complexes. Reconnaître que l’esprit de communauté et la création de liens humains véritables, et non virtuels, est essentiel à notre réussite et à notre bien-être semble toutefois un pas dans la bonne direction.

Tous les intervenants du campus peuvent s’efforcer de cultiver les espaces et les activités qui favorisent les échanges, le mentorat et l’apprentissage mutualisé, notamment en s’inspirant de modèles comme la place publique, l’hôtel de ville et le centre communautaire. Ces lieux attirent des gens qui participent volontairement aux activités, en tirent des avantages personnels et apportent une contribution sociale et intellectuelle. La création de tels espaces d’échange et d’engagement sur les campus pourrait favoriser les liens et l’esprit de communauté, et du même coup améliorer l’épanouissement scolaire et réduire l’isolement.

La responsabilité. Ce dernier principe est souvent délaissé au profit du concept de droits, bien plus souvent mis de l’avant. Les formulations utilisées sur les campus évoquent souvent le droit de faire ou de posséder certaines choses.

Les droits existent et doivent être protégés. Mais ils s’accompagnent de responsabilités, et ces responsabilités sont partagées par l’ensemble du campus. En clair, un engagement global envers la notion de responsabilités sur un campus nécessite que les actions et les décisions soient fondées sur l’intégrité et des données probantes, et non sur des impressions. Il oblige à reconnaître l’autorité et le pouvoir de chacun, lesquels doivent être exercés de façon responsable et juste. Lorsque la priorité est accordée aux droits, nous pouvons faire passer nos propres intérêts avant ceux d’autrui. Lorsqu’elle est accordée aux responsabilités, nous devons évaluer nos capacités et privilèges respectifs afin d’améliorer les chances de réussite des autres.

L’université de 2018 est une institution complexe, difficile à fréquenter et compliquée à administrer. Nos campus doivent relever des défis de plus en plus fréquents, imposants et délicats. Cela dit, l’université reste tenue de remplir sa mission avec rigueur intellectuelle et ouverture, en respectant les normes d’intégrité les plus élevées. Dans un tel contexte, les trois R s’avèrent des principes fondamentaux qu’il faut à tout prix garder en tête.

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