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À mon avis

Les étudiants ont besoin de la meilleure information possible pour choisir leur domaine d’études

Joignez-vous à notre étude pour mesurer les résultats de vos diplômés sur le marché du travail.

par ROSS FINNIE + ALLAN ROCK | 09 FEV 15

À une époque où la valeur des diplômes universitaires est attaquée de toute part, une nouvelle étude menée à l’Université d’Ottawa offre une perspective unique et à long terme sur la situation des diplômés sur le marché du travail. Les résultats pourraient surprendre ceux qui doutent qu’un diplôme universitaire vaille le temps, l’argent et les efforts consentis pour l’obtenir.

Évidemment, les bonnes raisons de poursuivre des études postsecondaires ne manquent pas : soif du savoir, découverte de soi ou désir de contribuer à la société. Toutefois, pour nombre d’étudiants, l’université est surtout un tremplin vers une carrière et un revenu satisfaisants. Il est donc primordial que ces étudiants disposent de l’information la plus exacte possible pour choisir leur domaine d’études.

Nous nous sommes associés à Statistique Canada pour relier les données sur les étudiants aux dossiers d’impôt de ceux-ci, dans le but de suivre l’évolution des revenus des bacheliers année après année. L’étude a suivi jusqu’en 2011 tous les bacheliers diplômés de 1998 à 2010. Les données ont été analysées en fonction du domaine d’études et de l’année d’obtention du diplôme.

Les résultats sont impressionnants dans toutes les disciplines. Par exemple :

  • Chez les diplômés en sciences sociales, le revenu moyen était de l’ordre de 40 000 $ immédiatement après l’obtention du diplôme, mais augmentait considérablement par la suite, atteignant près de 80 000 $ 13 ans plus tard.
  • Les diplômés en sciences humaines touchaient un salaire moyen semblable en début de carrière et leur revenu augmentait régulièrement, quoique de manière moins prononcée, s’établissant à un peu moins de 70 000 $ après 13 ans.
  • Chez les diplômés en sciences de la santé (sciences infirmières, physiothérapie, ergothérapie et autres), le revenu était supérieur au départ, mais progressait moins rapidement au fil du temps.
  • Les diplômés en mathématiques, en informatique, en génie et en administration jouissaient en général de revenus supérieurs aux autres, mais leurs résultats fluctuent beaucoup plus au fil du temps. Le phénomène d’emballement-effondrement en ce qui a trait à la rémunération des diplômés en technologies de l’information et des communications est particulièrement frappant : après avoir atteint près de 75 000 $ à l’apogée du secteur, les revenus de départ ont plongé à environ 42 000 $ en 2004, après l’éclatement de la bulle technologique.

Ces constatations démontrent qu’il est important de disposer de données exactes sur la situation des étudiants, et surtout sur leur cheminement à long terme. Or, dans la plupart des provinces, les « indicateurs de rendement clés » des universités et des collèges sont calculés à partir des revenus déclarés dans la période de six mois à deux ans après l’obtention du diplôme. Les rapports qui portent sur les débuts de carrière escamotent donc une part essentielle de la situation des diplômés qui se révèle seulement dans les résultats à long terme.

Pourquoi ce type d’étude est-il important pour les universités, et pourquoi les universités, les collèges et les instituts de technologie devraient-ils y participer en grand nombre? Quatre raisons nous apparaissent d’emblée :

  1. Les jeunes méritent d’avoir accès à de l’information fiable pour choisir leur domaine d’études. Bien que les revenus moyens des cohortes précédentes ne soient pas garants de l’avenir d’un étudiant en particulier, les tendances observées sont sans doute aussi fiables que n’importe quel autre facteur prédictif, et offrent donc une information précieuse.
  2. Toutes les disciplines tendent à mener à des revenus témoignant d’une réussite professionnelle. Le conseil selon lequel les étudiants doivent « suivre leur passion » ne relève donc pas seulement de la rhétorique, mais bien de l’observation qui prouve que de nombreux programmes universitaires mènent à de brillantes carrières. Étudier dans un domaine qui nous passionne est peut-être après tout un choix sensé.
  3. Les établissements d’éducation postsecondaire peuvent se servir de l’information fondée sur les études comme celle-ci pour améliorer leurs pratiques. Les travaux entrepris jusqu’à maintenant nous permettent à peine d’établir le lien entre les expériences d’apprentissage et les résultats obtenus après l’obtention du diplôme. Plus nous explorerons cette avenue, plus nous pourrons cerner les expériences qui procurent les meilleurs résultats et savoir si, par exemple, l’enseignement coopératif et les autres types d’apprentissage par l’expérience ont une incidence sur la réussite professionnelle.
  4. Tout cela n’est qu’un début. Notre première étude n’a porté que sur les diplômés de l’Université d’Ottawa, mais le projet en est maintenant à sa deuxième phase, à laquelle participent 12 établissements de partout au pays – six collèges et six universités de tailles et de profils divers. Nous verrons si la situation des diplômés de l’Université d’Ottawa ressemble à celle des diplômés d’autres régions, et pourrons décrire la situation des diplômés des collèges. La planification d’autres projets connexes est également en cours.

Les résultats de cette étude ne doivent pas servir à établir un autre palmarès. Les résultats des diplômés sur le marché du travail varieront évidemment d’un établissement à l’autre. Cependant, cette variation est attribuable à de nombreuses raisons – dont les caractéristiques des étudiants eux-mêmes et du marché du travail local – qui n’ont aucun lien avec la qualité de l’expérience étudiante qu’offre chaque établissement.

On peut utiliser l’information produite dans le cadre de l’étude à des fins beaucoup plus importantes. Les futurs étudiants et leurs parents peuvent s’en servir pour éclairer leur choix de programme. Les responsables des politiques en éducation postsecondaire, y compris ceux qui travaillent au sein des établissements, peuvent s’en servir pour améliorer les programmes. Enfin, tous les intervenants du milieu peuvent s’en servir pour répondre à ceux qui doutent de la valeur de l’enseignement supérieur.

Au fil de nos recherches, nous approfondirons et enrichirons considérablement notre compréhension de l’expérience étudiante au niveau postsecondaire et des résultats des diplômés sur le marché du travail. Nous avons désormais l’occasion, et sans doute l’obligation, de poursuivre nos travaux.

Ross Finnie est professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales et directeur de l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation à l’Université d’Ottawa. Allan Rock est recteur et vice-chancelier de l’Université d’Ottawa.

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