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À mon avis

L’intolérance ne peut l’emporter sur la diversité et l’inclusion

par LÉO CHARBONNEAU | 24 NOV 16

Le président élu Donald Trump – jamais je n’aurais cru écrire un jour ces mots. Je crois que la plupart des universitaires canadiens partagent mon inquiétude à la perspective de voir un individu dangereux et inapte à la Maison-Blanche.

Quelques heures à peine après la victoire surprise de M. Trump, les journalistes spécialisés en enseignement supérieur des États-Unis et d’ailleurs émettaient des hypothèses sur l’effet que cette élection aurait sur les universités américaines. Ils étaient par-dessus tout préoccupés par le fait que soit ternie l’image des États-Unis comme terre d’accueil pour les étudiants et les chercheurs étrangers. Des inquiétudes semblables ont été exprimées au Royaume-Uni après le vote du Brexit.

Et, comme pour faire valoir ce point, de multiples rapports d’incidents racistes ciblant les immigrants et les minorités visibles ont été signalés sur les campus américains depuis les élections; nombre d’entre eux invoquant le nom de M. Trump comme justification.

Cette situation contraste vivement avec ce qui se passe au Canada. Le gouvernement du Canada a clairement manifesté vouloir accueillir des étudiants étrangers et a récemment modifié ses programmes pour leur permettre de rester plus facilement ici après l’obtention de leur diplôme. Au début de 2016, le ministre de l’Immigration, John McCallum déclarait « Les étudiants étrangers sont les candidats parfaits pour devenir des citoyens canadiens. Nous souhaitons les attirer au pays ». Dans le même ordre d’idées, un rapport du Conference Board du Canada indiquait que le Canada devait encourager un nombre accru d’étudiants étrangers à rester au pays et à y travailler s’il veut bénéficier du potentiel économique qu’ils présentent et de leur « considérable valeur sociale et culturelle ».

Certains espèrent que l’attitude raciste et xénophobe de M. Trump s’atténuera et qu’il parviendra à diriger le pays de manière pragmatique et inclusive. Pour ma part, je n’y crois pas. Je ne vois dans son tempérament et dans les conseillers dont il s’entoure aucun espoir de ce côté. Je crains au contraire que les tenants de la suprématie blanche, encouragés par les élections, ne persécutent les groupes minoritaires et les immigrants aux États-Unis.

De crainte de devenir complaisants, n’oublions pas qu’il existe dans ce pays des politiciens qui ne demandent pas mieux que d’attiser la flamme de l’intolérance. Il faut demeurer vigilant. Comme le recteur de l’Université Dalhousie, Richard Florizone, l’a publié sur Twitter au moment où on annonçait les résultats des élections : « Lorsque les voix de l’intolérance se font entendre, ne nous décourageons pas, soyons au contraire portés à nous engager encore davantage à l’égard des valeurs de la diversité et de l’inclusion. »

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