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À mon avis

Quand la science retrouve sa place

Conseiller scientifique en chef du Canada : l’appel à candidatures est lancé.

par PAUL DAVIDSON | 12 DÉC 16

Depuis l’arrivée de Kirsty Duncan à la tête du ministère des Sciences, il y a un an, les interrogations abondent sur le futur poste de conseiller scientifique en chef. En quoi consistera ce poste? Qui l’occupera? Quelle incidence ce poste aura-t-il sur le milieu de la science et de la recherche?

Le 5 décembre, le lancement du processus de sélection nous a permis d’en apprendre davantage sur la vision du gouvernement.

Il est encourageant de constater que la ministre et son équipe ont pris le temps d’effectuer des consultations approfondies avant l’appel à candidatures. La ministre Duncan a recueilli les observations de chercheurs des universités de tout le pays et d’intervenants étrangers, en plus de s’entretenir avec des dirigeants et conseillers scientifiques en chef entre autres du Royaume-Uni, d’Australie, des États-Unis, d’Israël et de la Nouvelle-Zélande.

Les consultations montrent non seulement que la ministre a pris le temps de réfléchir à la nature du poste, mais aussi que le gouvernement met en pratique ce qu’il prêche, à savoir la prise de décisions fondée sur des données probantes. La collecte d’information et l’écoute sont essentielles à la prise de décisions éclairées, surtout lorsqu’elles concernent la création d’un poste permanent au sein de la structure gouvernementale canadienne.

La création du poste de conseiller scientifique en chef est une étape importante pour garantir la prise de décisions fondées sur des données probantes à l’échelle du gouvernement. C’est également une grande marque de confiance envers les universitaires, les chercheurs et les scientifiques.

Les gouvernements de tous ordres sous-estiment souvent la capacité des universitaires et des chercheurs à contribuer à la mise en place de politiques publiques éclairées. Avec la création du poste de conseiller scientifique, cette attitude deviendra peut-être chose du passé.

Les plus grands défis actuels sont à la fois mondiaux et interdisciplinaires; les universitaires s’emploient à les relever. Il serait irréfléchi d’ignorer l’expertise de calibre mondial qui se trouve dans nos universités.

La coalition Canadian Refugee Child, Youth and Family Research est un excellent exemple de mise à profit de l’expertise universitaire. Dirigée par des chercheurs de la Dalhousie University, la coalition regroupe 30 universités canadiennes et 80 organismes communautaires. Ses membres se penchent sur les expériences d’intégration d’enfants syriens au Canada, ainsi que sur les initiatives qui ont permis une meilleure réinstallation des familles de réfugiés.

La prochaine fois que le Canada devra répondre à une crise liée aux migrations internationales (ce qui ne manquera pas d’arriver dans les prochaines décennies), il pourra compter sur de précieuses données de recherche pour orienter ses politiques.

L’incomparable expertise du milieu de la recherche canadien ne demande qu’à être mise au service de l’établissement des politiques publiques et de l’action publique. Le futur conseiller scientifique en chef veillera à ce que le gouvernement dispose des meilleures données scientifiques. C’est là une énorme avancée pour le milieu scientifique canadien et pour les Canadiens.

Dans la première année de son mandat, le nouveau gouvernement fédéral a investi au profit de l’infrastructure, de la recherche axée sur la découverte, ainsi que du recrutement des plus grands talents. Le lancement de l’appel à candidatures visant à désigner le futur conseiller scientifique en chef chargé de conseiller le premier ministre, la ministre des Sciences et le Cabinet est une étape importante. Et une preuve de plus de l’importance que le gouvernement attache à la science.

Dans les semaines et les mois à venir, la réponse à l’examen du soutien fédéral à la science, la mise en œuvre du nouveau programme d’innovation et le dépôt du budget fédéral apporteront des preuves de la concrétisation des ambitions du gouvernement.

Paul Davidson est président-directeur général d’Universités Canada.

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