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Dans la tête d’Ivan

L’importance de se sentir à sa place

Nous avons tous un rôle à jouer pour aider les étudiants à développer un sentiment d’appartenance.

par IVAN JOSEPH | 27 SEP 21

Ce billet est le premier d’une série qui explorera la thématique du sentiment d’appartenance.

Durant la fin de semaine de la fête du Travail, je me suis retrouvé dans une position unique : attendre en ligne pour inscrire mon fils Ivan à une séance d’orientation à l’Université St. Francis Xavier, à Antigonish, où il entame sa deuxième année. Alors que nous parlions avec d’autres étudiants et leurs parents, la conversation a rapidement porté sur les difficultés de l’apprentissage en temps de pandémie.

Une des étudiantes nous a dit qu’elle avait pris une année de pause, car elle savait que les cours en ligne ne fonctionneraient pas pour elle. Une autre nous a dit avoir pris la même décision que mon fils – quitter une université ontarienne et poursuivre ses études dans l’Est du pays, car la situation pandémique en Nouvelle-Écosse semblait plus propice à l’apprentissage et aux expériences en personne.

La plupart des étudiants à qui nous avons parlé nous ont dit la même chose : « Ne pas avoir de contacts avec d’autres personnes l’année dernière a eu des effets négatifs considérables pour moi. »

Comme tout parent ayant un enfant en âge de fréquenter l’université, je connais bien l’histoire. C’est exactement ce qui est arrivé à mon fils.

L’automne dernier, alors que les éclosions de COVID-19 forçaient la fermeture des campus en Ontario, il a sombré sous le poids de l’isolement imposé par les protocoles sanitaires. Je ne reconnaissais plus l’enfant enthousiaste, engagé et sociable qu’il était. Il avait perdu son assurance et sa fougue. L’intérêt n’y était plus. Ce n’est qu’après avoir suivi l’exemple de sa sœur aînée et s’être inscrit à l’Université St. Francis Xavier cet automne qu’il a commencé à redevenir lui-même.

Avec le début de la nouvelle année universitaire dans les universités du pays, le fait de comprendre ce qu’ont vécu les étudiants l’année dernière nous offre une occasion unique de repenser l’expérience universitaire.

La pandémie a mis en évidence un trait fondamental de la nature humaine : nous grandissons et nous nous surpassons lorsque nous ressentons un fort sentiment d’appartenance à une communauté. Qui plus est, un rendement supérieur nécessite une culture où l’inclusion, l’appartenance et la confiance en soi sont valorisées.

D’après mon expérience, les dirigeants universitaires tendent à percevoir les trois principales fonctions de notre mission, c’est-à-dire l’enseignement, la recherche et les affaires étudiantes, comme étant indépendantes les unes des autres. Par le passé, il était assez courant de croire que la création et la transmission des connaissances étaient distinctes des efforts visant à valoriser les étudiants et à susciter chez eux un sentiment d’appartenance.

Maintenant, avec ce que nous ont appris les événements de la dernière année, nous pouvons agir pour adopter une approche globale et intégrée de ce qui favorise le succès dans nos programmes et pour nos étudiants.

Nous avons l’occasion de combler le fossé qui sépare les affaires étudiantes de l’enseignement et de la recherche. Nous avons la chance de mieux comprendre ce qui lie ces éléments, de comprendre que nous sommes tous responsables d’assurer le développement du sentiment d’appartenance des étudiants. Le renforcement de notre communauté ne se fait pas à l’extérieur de la classe, du laboratoire ou du studio, il peut – et devrait – survenir au cœur même de l’expérience étudiante.

Si les universités mettent l’accent sur le sentiment d’appartenance et la communauté, les étudiants s’épanouiront. Et quand nous choisissons de favoriser la création de relations, que ce soit à l’intérieur et à l’extérieur de la classe ou du laboratoire, nos programmes d’études et de recherche n’en deviennent que meilleurs. Pourquoi? Parce que les étudiants se sentent en sécurité. Ils savent qu’ils peuvent prendre un risque, être vulnérables, sortir de leur zone de confort et essayer de nouvelles choses.

Vous voulez que votre programme d’études soit exceptionnel? Que votre stratégie de recherche soit novatrice? Que votre campus se distingue? Que vos étudiants soient ouverts sur le monde et fassent preuve de créativité et de courage? Privilégiez le sentiment d’appartenance.

Comment faire pour y arriver?

Quel que soit votre rôle, si une partie de vos responsabilités touche les étudiants, vous pouvez aider à repenser et à réformer l’expérience étudiante. Voici quelques idées pour commencer.

  • Aidez les étudiants à faire connaissance. Trouvez des occasions dans le cadre de votre programme qui les aideront à créer des liens. Donnez-leur la possibilité de discuter de manière informelle. Permettez-leur de se présenter et d’exprimer leur identité. Faites en sorte qu’ils puissent être vulnérables et authentiques, qu’ils puissent partager leurs expériences, poser des questions et avoir des doutes.
  • Créez des cohortes. Donnez aux étudiants l’occasion de travailler en petits groupes dans le cadre des programmes d’études et de recherche. Créez des communautés unies au sein desquelles ils se sentent valorisés et à leur place.
  • Soyez disponible et accessible. Dans vos relations avec les étudiants, faites preuve d’authenticité et de vulnérabilité. Lorsque vous échangez avec eux et qu’ils ont l’occasion de mieux vous connaître en tant qu’individu, et non seulement comme une figure d’autorité, vous devenez plus accessible. Ainsi, les étudiants seront plus à l’aise de prendre des risques, ce qui est essential à l’apprentissage et au développement.
  • Agissez en bâtisseur de communautés. Passez du rôle de dirigeant, de diffuseur de connaissances ou d’administrateur à celui de responsable de la culture dont s’imprégneront les étudiants. Plus les étudiants établiront de relations, plus le dossier que vous gérez sera susceptible de progresser vers l’excellence.

Le lien entre les relations et la réussite, que la pandémie a révélé dans des circonstances difficiles, n’est pas abstrait. Il est viscéral et très personnel. Et l’expérience vécue par des milliers d’étudiants comme mon fils le démontre clairement.

Au moment de se dire au revoir et de retourner à Waterloo avec ma femme, j’ai serré Ivan très fort dans mes bras. Je lui ai glissé à l’oreille une phrase classique de parent : « Étudie bien. » Et il m’a répondu : « Sans faute, papa. Je pense que je vais me sentir à ma place ici. »

À cet instant, il a exprimé ce que tout étudiant désire : trouver un endroit où il se sent à sa place.

À PROPOS IVAN JOSEPH
Ivan Joseph
Ivan Joseph est vice-recteur aux affaires étudiantes à l’Université Wilfrid Laurier.
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