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Dans la tête d’Ivan

Retrouver le moral après la pandémie

Quatre techniques pour raviver votre flamme et retrouver votre enthousiasme face à la vie et au travail.

par IVAN JOSEPH | 28 AVRIL 22

Ces six derniers mois, j’ai noté une érosion graduelle de mon optimisme et de mon sentiment d’espoir en l’avenir, un phénomène que j’ai aussi observé chez les gens de mon entourage. Il faut dire que le dédale des protocoles sanitaires, le déséquilibre causé par la « Grande démission » et la montée des tensions géopolitiques ne l’ont pas ménagé.

Je tiens à être une source d’espoir et de positivité dans ma vie professionnelle. Cette préoccupation fait partie intégrante de ma philosophie du travail. Elle se retrouve à la fois dans mes méthodes d’enseignement, les conseils que j’offre et mes sujets de discussion. En tant que fils d’immigrants, je tiens particulièrement à me montrer reconnaissant de toutes les possibilités que m’offre le Canada. Quand je broie du noir, j’ai l’impression de manquer de respect aux familles d’immigrants et, plus précisément, à mes parents, qui ont remué ciel et terre pour quitter leur Guyane natale et s’installer ici. Je ne vois pas l’espoir et l’optimisme comme un luxe, mais comme un marqueur identitaire et une obligation.

Cependant, j’ai commencé à déchanter au mois de janvier. Quand je faisais du ménage à la maison, je me suis surpris à vouloir redevenir entraîneur de soccer. À plusieurs reprises, j’ai grommelé à ma femme que mon travail ressemblait à un festival de plaintes. J’accordais beaucoup trop d’importance à une petite minorité de gens qui ne se soucient pas des étudiants, et qui ne le feront jamais. Quand je pensais à mon travail, je voyais ce mème : « Comment les gens voient mon travail » (organiser des fêtes); « Comment je vois mon travail » (outiller la prochaine génération); et « Ce que je fais vraiment » (suivre une parade d’éléphants avec une petite pelle pour ramasser les excréments).

Après plusieurs semaines de mal-être, je me suis demandé : « Si je suis dans cet état, comment vont les autres? » Je me suis confié à des collègues et amis de confiance. Apparemment, je n’étais pas seul. Beaucoup de gens constatent une dégradation plus ou moins subtile de leur humeur et de leur foi en l’avenir.

Comme j’enseigne l’automotivation et la pensée positive, je me suis donné deux devoirs à faire. D’abord : agir. Ensuite : faire part de mes conclusions aux autres. Voici quatre techniques pour retrouver le moral :

1. On voit ce qu’on veut voir

Notre attention est une ressource précieuse qu’il ne faut pas gaspiller. Si nous consacrons tout notre temps et notre énergie à nous battre avec des personnes toxiques ou des rouages organisationnels, nous risquons de devenir cyniques et blasés. Ces éléments existent et font certes partie de notre travail, mais nous n’avons pas besoin de nous y attarder plus que nécessaire.

2. Nourrissez vos relations

L’amitié, c’est sacré. Ne négligez pas vos proches parce que vous êtes dans le travail par-dessus la tête, ou parce que vous passez votre temps à ruminer. Je ne parle pas de vos amis sur les réseaux sociaux, mais des personnes qui vous connaissent vraiment et avec qui vous pouvez laisser tomber le masque. Ceux qui vous rappellent qui vous êtes, et qui n’ont pas peur de vous remonter les bretelles quand vous avez tort. Prenez le temps d’échanger avec les personnes qui ont votre bien-être à cœur, et qui vous aiment inconditionnellement.

3. Trouvez votre rythme

Quand la vie devient trop complexe et effrénée, on oublie souvent de trouver du temps pour les activités qui nous font du bien. Quand c’est possible, ralentissez le rythme et plongez-vous dans une activité qui vous permet d’atteindre le « flow » que le psychologue Mihaly Csíkszentmihályi décrit comme l’état de concentration intense et d’absorption totale dans une activité. Qu’il s’agisse d’un sport, d’un loisir ou d’un projet, adonnez-vous à l’activité qui vous permet de vous déconnecter et de recharger vos batteries.

4. Remerciez un mentor

Personne ne réussit sans aide. À un moment ou à un autre, quelqu’un vous a tendu la main. Cette personne peut vous avoir donné une chance ou des conseils qui ont fait de vous la personne que vous êtes aujourd’hui. On dit que reprendre contact avec un mentor est bon pour le moral. Cette pratique nous rappelle le chemin parcouru et l’incidence positive que nous pouvons avoir sur la vie des autres.

La plupart d’entre nous ont été attirés par l’enseignement par le désir de faire bouger les choses. Or, perdre de vue nos objectifs et notre potentiel peut être très décourageant. Nous devons prendre les choses en main. Avec un peu de volonté – et la croyance inébranlable que tout est plus agréable lorsque nous l’affrontons ensemble –, nous pouvons laisser ces années sombres derrière nous en portant sur l’avenir un regard neuf et confiant.

À PROPOS IVAN JOSEPH
Ivan Joseph
Ivan Joseph est vice-recteur aux affaires étudiantes à l’Université Wilfrid Laurier.
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