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EN MARGE

À long terme, le diplôme universitaire demeure un bon choix

L’avantage salarial est toutefois plus marqué pour les hommes que pour les femmes.

par LÉO CHARBONNEAU | 11 MAR 14

Une étude intéressante publiée le 27 février dernier par Statistique Canada présente de très bonnes nouvelles pour les universités canadiennes. Intitulée L’investissement d’une vie? Les avantages à long terme sur le marché du travail associés aux études postsecondaires, l’étude porte sur l’avantage salarial que confère un diplôme d’études collégiales ou un baccalauréat, comparativement à un diplôme d’études secondaires. On y conclut que l’obtention d’un diplôme universitaire est très rentable, puisque la plupart des diplômés universitaires gagnent des centaines de milliers de dollars de plus au cours de leur carrière que les titulaires de diplômes d’études collégiales ou secondaires. Les diplômés des universités subissent également moins de mises à pied temporaires ou permanentes (voir le tableau des résultats).

L’intérêt de l’étude réside également dans la méthode d’analyse ingénieuse qu’a utilisée son auteur, Marc Frenette (Alex Usher, de Higher Education Strategy Associates, l’explique beaucoup mieux que je ne pourrais le faire). À l’aide de données longitudinales tirées des déclarations de revenus couplées aux données du recensement de 1991, l’auteur s’est penché sur une cohorte de Canadiens suivis de 1991, année de leurs 35 ans, jusqu’en 2010, soit jusqu’à 54 ans.

En moyenne, les hommes titulaires d’un diplôme d’études secondaires ont gagné 975 000 $ au cours de la période de 20 ans, contre 1 707 000 $ pour les bacheliers. L’avantage salarial associé à un baccalauréat se chiffre donc à 732 000 $. C’est moins que l’estimation de 1,3 million de dollars de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), mais puisque ce chiffre porte sur l’ensemble de la carrière, plutôt qu’une période de 20 ans, les résultats sont à peu près comparables. Les hommes titulaires d’un diplôme d’études collégiales ont quant à eux gagné 247 000 $ de plus que ceux qui n’avaient qu’un diplôme d’études secondaires (tous les montants sont exprimés en dollars constants de 2010 pour tenir compte de l’inflation).

Pour les femmes, les tendances sont semblables, mais l’avantage salarial est nettement moindre. En moyenne, les femmes titulaires d’un diplôme d’études secondaires ont gagné 525 000 $ au cours des 20 ans de l’étude, contre 973 000 $ pour les bachelières, ce qui constitue un avantage salarial de 448 000 $. Les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales ont quant à elles gagné 179 000 $ de plus que celles qui n’avaient qu’un diplôme d’études secondaires.

M. Frenette souligne que la différence entre les sexes « mérite un examen plus poussé », mais donne tout de même quelques explications à cet égard. Ainsi, à la médiane (soit le point milieu de la distribution, où la moitié des individus présentent des revenus supérieurs et l’autre moitié, inférieurs), les hommes et les femmes profitent à peu près également d’un baccalauréat, avec un avantage de 504 000 $ pour les hommes et de 487 000 $ pour les femmes.

L’écart se manifeste au sommet de la distribution : au 95centile, un baccalauréat est associé à une rémunération additionnelle de 576 000 $ sur la période de 20 ans pour les femmes, soit pratiquement le même montant qu’à la médiane. Dans le cas des hommes, l’avantage est presque cinq fois plus élevé au sommet qu’à la médiane, soit à près de 2,5 millions de dollars. Autrement dit, les hommes les mieux rémunérés gagnent beaucoup plus d’argent que les femmes les mieux rémunérées.

La plus importante mise en garde de l’étude relève du fait que, tout comme l’indiquent les petits caractères des publicités de fonds communs de placement, les revenus passés ne sont pas garants des rendements futurs. Ou, comme l’explique l’auteur, « les résultats de la présente étude s’appliquent à une cohorte précise. Les résultats à long terme pour des cohortes plus récentes ne sont pas encore disponibles et pourraient ou non rassembler à ceux de la présente étude. »

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau

En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.

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