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En Marge

Armes à feu sur les campus

Aux États-Unis, un groupe exerce des pressions pour que les étudiants des universités et des collèges soient autorisés à porter sur les campus des armes de poing dissimulées aux fins d'autodéfense.

par LÉO CHARBONNEAU | 13 AVRIL 09

Aux États-Unis, il existe un groupe connu sous le nom de « Students for Concealed Carry on Campus » (étudiants en faveur du port d’arme dissimulée sur les campus). Formé dans la foulée de la fusillade survenue le 16 avril 2007 à l’Université Virginia Tech, qui a fauché la vie de 33 personnes, ce groupe revendique le droit des étudiants au port d’armes de poing sur les campus aux fins d’autodéfense.

Dans la plupart des États américains, pour assurer leur défense, les citoyens ont le droit de détenir une arme à feu dissimulée. Cependant, d’après l’information véhiculée sur le site Web du groupe, 24 États interdisent expressément le port d’une arme dissimulée sur les campus des collèges, que le détenteur possède ou non un permis en règle. Le groupe, probablement à juste titre, estime que les lois devraient autoriser tout détenteur d’un permis de port d’arme à feu dissimulée émis par l’État à se défendre sur un campus collégial puisqu’il y est autorisé presque partout ailleurs.

Bien entendu, une telle revendication ne peut paraître raisonnable que dans la mesure où les lois américaines sur la possession d’armes à feu sont elles-mêmes considérées comme raisonnables, une opinion qui est loin de faire l’unanimité dans le monde occidental, et notamment au Canada. Certes, le concept peut paraître séduisant : si vous êtes armé, vous pouvez tirer sur le méchant (et jamais « la méchante ») avant que le bilan des victimes ne s’alourdisse. Or, c’est précisément cette façon de voir les choses qui est à l’origine de la course aux armes individuelles aux États-Unis, où les armes à feu abondent et où le nombre de crimes à main armée est le plus élevé parmi tous les pays industrialisés.

Pour ma part, je ne veux pas vivre dans une société où tous les citoyens sont armés. Sincèrement, j’aime savoir que les campus universitaires ne suivent pas cette tendance.

La Presse a récemment publié un très bon article de Nicolas Bérubé sur la question telle qu’elle se présente aux États-Unis. L’article cite un membre du groupe qui revendique le droit au port d’une arme à feu dissimulée sur les campus, de même qu’un étudiant de Virginia Tech qui a perdu une amie lors de la tragédie et qui, lui, s’y oppose. « L’idée d’avoir plus d’armes ne tient pas la route, explique John Woods. Il faut prévenir les crimes avant qu’ils ne se produisent. »

Et vous, qu’en pensez-vous? Les campus devraient-ils rester des zones exemptes d’armes? Êtes-vous d’avis que le port d’une arme à feu augmente votre sécurité ou plutôt qu’il menace celle d’autrui?

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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