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EN MARGE

Comment le système d’éducation postsecondaire canadien se porte-t-il?

Bien sans doute, mais de plus amples études seraient utiles pour s’en assurer.

par LÉO CHARBONNEAU | 19 JAN 15

Selon son dernier rapport annuel, le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) a reçu un financement provincial d’environ 5,5 millions de dollars pour l’exercice financier 2012-2013. Le COQES parvient à effectuer une quantité impressionnante de recherches de qualité malgré ce modeste financement. Plus de quatre-vingt-dix pour cent de ses fonds vont directement à la recherche, et le reste à sa gouvernance et à sa gestion.

Le dernier rapport de recherche du COQES, publié le 6 janvier, témoigne des efforts de recherche de l’organisme. Intitulé L’avantage indéniable des études universitaires, ce rapport indique que les étudiants qui ont obtenu leur diplôme universitaire après le ralentissement économique de 2008-2009 étaient alors davantage à l’abri du chômage que les diplômés du secondaire. « Même si la situation était difficile pour tout le monde [pendant le ralentissement économique], l’avantage relatif des titulaires d’un grade s’est accru, même en période économique difficile », affirment les auteurs du rapport.

Dépouiller et combiner les données publiques pour ce genre de rapport représente toujours un défi. Les auteurs se sont appuyés sur un éventail de données issues entre autres de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, de l’enquête University Graduate Employment Survey du Conseil des universités de l’Ontario, du ministère ontarien de la Formation, des Collèges et des Universités, ainsi que d’Emploi et Développement social Canada.

Parmi les autres rapports publiés récemment par le COQES, citons les suivants :

  • une étude pilote visant à recueillir des données pertinentes sur les résultats en matière d’emploi des nouveaux titulaires de doctorat;
  • une analyse sur « la situation actuelle, les pratiques prometteuses et les tendances émergentes » en matière de financement fondé sur les résultats (axée sur le lien entre le financement gouvernemental et le rendement des établissements, établi à la lumière des résultats décelés);
  • une étude en trois volets consacrée aux offres d’emploi et visant à éclairer le débat sur la prétendue « pénurie de compétences » dont souffrirait le Canada;
  • une étude qui s’inscrit dans la catégorie des activités liées à l’enseignement et à l’apprentissage, et qui se penche sur les retombées des divers outils visant à accentuer la participation des étudiants au sein d’une classe d’histoire.

Et ce ne sont là que les études publiées par le COQES au cours des deux derniers mois!

Toutes ces recherches sont précieuses et montrent combien il serait utile que l’on dispose à l’échelle nationale d’une organisation du même type que le COQES.

Il existe bien sûr divers organismes nationaux qui mènent des recherches de grande qualité sur l’enseignement supérieur. Statistique Canada se livre notamment à des analyses originales entre autres sur le niveau de scolarité, les résultats éducationnels, les finances de l’éducation ou encore les domaines d’études. J’estime toutefois qu’une partie du travail de Statistique Canada ne tient pas suffisamment compte du contexte et que les retombées de ses études restent souvent lettre morte (peut-être par crainte de l’organisme d’être accusé de créer des remous). Je tiens également à souligner le travail intéressant mené récemment à l’Université d’Ottawa par Ross Finnie et ses collègues dans le cadre de l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation, qui n’aurait pu être accompli sans un partenariat avec Statistique Canada.

Le Conference Board du Canada s’est pour sa part lancé dans un ambitieux programme de recherche par l’intermédiaire de son Centre pour les compétences et l’éducation postsecondaire. Le programme quinquennal, qui vise à étudier les défis auxquels le Canada est aujourd’hui confronté en matière de compétences avancées et d’éducation postsecondaire a entre autres donné lieu récemment à la publication d’un rapport sur l’état des compétences et de l’éducation postsecondaire ainsi qu’à une formidable petite étude consacrée aux emplois occupés par les titulaires de doctorat au Canada (qui indique entre autres que seulement 19 pour cent d’entre eux sont professeurs à temps plein). J’aurais tort de ne pas mentionner également le programme de recherche de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de l’Université de Toronto, de même que les initiatives plus modestes de la Société canadienne pour l’étude de l’enseignement supérieur.

Hélas, ces initiatives isolées ne suffisent pas. En ce qui concerne l’éducation postsecondaire, le Canada souffre d’une importante pénurie de données fondamentales, en particulier sur les établissements. Peut-être ne suis-je pas réaliste, mais il me semble qu’une chose aussi importante pour un pays que son système d’enseignement supérieur devrait faire l’objet d’un effort national plus soutenu et mieux financé qu’il ne l’est actuellement. Cela s’impose pour que le système d’éducation postsecondaire canadien puisse afficher un rendement optimal et atteindre non seulement les objectifs qu’il se fixe, mais également ceux que le pays et les gouvernements souhaitent le voir atteindre.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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