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De bons postes… pour qui parvient à les décrocher

D’après une nouvelle étude, les jeunes professeurs titulaires d’un poste à temps plein seraient heureux de leur sort.

par LÉO CHARBONNEAU | 18 AVRIL 12

On croit parfois que les jeunes professeurs, c’est-à-dire non encore permanents, travaillent beaucoup plus dur et tirent moins de satisfaction de leur travail que leurs collègues chevronnés et permanents. Or, cela serait faux, selon une nouvelle étude portant sur les professeurs à temps plein des universités canadiennes publiée dans le numéro d’avril 2012 (vol. 6, no 2) de la revue Higher Education Quarterly. Qu’ils soient novices ou chevronnés, les professeurs affirment en effet effectuer pratiquement le même nombre d’heures de travail par semaine et tirer une grande satisfaction de leur travail.

À la lumière de cette étude et d’autres données selon lesquelles les professeurs canadiens sont bien rémunérés, particulièrement aux premiers stades de leur carrière, et leur milieu de travail comporte nombre d’avantages, on peut raisonnablement conclure qu’un poste de jeune professeur au sein d’une université canadienne est très intéressant, ou du moins, considérer plus modérément, comme le font les auteurs de l’étude, que, « dans l’ensemble, en début de carrière, les professeurs titulaires d’un poste à plein temps menant à la permanence se portent plutôt bien ».

(L’article de Higher Education Quarterly n’est accessible qu’aux abonnés de cette publication, mais il est possible d’en télécharger une version préliminaire diffusée lors d’un congrès tenu au Royaume-Uni en avril 2011.)

Le principal auteur de l’étude, Glen Jones, est titulaire de la Chaire de recherche de l’Ontario en matière de politiques pédagogiques et d’évaluation de l’éducation postsecondaire. Il est professeur à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario affilié à l’Université de Toronto. Les autres auteurs de l’étude sont Julian Weinrib, également de l’Université de Toronto, ainsi qu’Amy Scott Metcalfe, Don Fisher, Kjell Rubenson et Iain Snee, tous de l’Université de la Colombie-Britannique. L’étude est fondée sur les données de l’enquête Changing Academic Profession Survey de 2007-2008, dans le cadre de laquelle un même questionnaire a été soumis à des professeurs de 18 pays. Plus de 1 100 professeurs canadiens y ont répondu, mais, le taux de réponse a atteint à peine 17,2 pour cent, ce qui est relativement faible et constitue un « bémol important », selon les auteurs de l’étude.

Un examen attentif des chiffres indique néanmoins que 70 pour cent des professeurs canadiens novices comme chevronnés se disent très satisfaits, voire plus, de leur travail. Comparativement, les jeunes professeurs américains, australiens et britanniques ne sont respectivement que 61, 53 et 43 pour cent à afficher un tel taux de satisfaction.

Les jeunes professeurs canadiens présentent cependant des niveaux de stress supérieurs à ceux de leurs collègues chevronnés. Ils sont en effet 46 pour cent à confier que leur travail constitue pour eux une « source considérable de tension », alors que leurs collègues chevronnés ne sont que 35 pour cent à l’affirmer. Les auteurs de l’étude estiment que ces constats sont « intéressants, mais pas inattendus ». Ils précisent leur pensée : « Chez les professeurs titulaires qui ont atteint l’échelon le plus élevé auquel ils pouvaient aspirer au sein de leur département, il est somme toute logique que l’absence de pression liée au désir de promotion se traduise par un stress moindre et une perception plus positive de leur situation personnelle et professionnelle. »

Les auteurs concluent que « les professeurs novices comme chevronnés des universités canadiennes évoluent au sein d’un milieu professionnel relativement stable et sain ».

L’étude omet toutefois de se pencher sur un point très important : qu’en est-il des tout nouveaux titulaires de doctorat qui doivent se contenter de postes de chargés de cours à temps partiel? Les auteurs de l’étude reconnaissent que « la tendance mondiale vers le recours à une main-d’œuvre contractuelle s’observe également au Canada », mais les données fiables sur la question sont hélas très limitées. D’après certaines estimations, jusqu’à la moitié des cours seraient assurés par des enseignants contractuels, mais rien ne permet de le vérifier. « Les conséquences du déséquilibre induit par l’existence de ces différentes catégories d’emplois dans le milieu universitaire devront faire l’objet de nouvelles investigations », affirment les auteurs de l’étude.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
Léo Charbonneau is the editor of University Affairs.
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