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Investir dans l’éducation pour lutter contre la récession

Les gouvernements entendront-ils le message que l’OCDE a lancé la semaine dernière?

par LÉO CHARBONNEAU | 14 SEP 09

Le communiqué accompagnant la publication du rapport annuel Regards sur l’éducation de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne pouvait être plus clair : « Investir dans l’éducation : un moyen pour lutter contre la récession et accroître les futurs revenus ».

Le communiqué cite le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría :

« La période qui suivra la crise économique mondiale sera caractérisée par une demande sans précédent en enseignement universitaire. […] Les investissements dans le capital humain contribueront à la reprise, à condition que les établissements soient en mesure de répondre à cette demande ».

Selon le rapport, les titulaires d’un diplôme universitaire touchent des salaires plus élevés, sont en meilleure santé et sont moins susceptibles de perdre leur emploi. Les études supérieures présentent également des avantages pour la société et les gouvernements, puisque les diplômés universitaires paient généralement plus d’impôt et nécessitent moins de soutien social.

Malgré les dépenses qui y sont liées (frais de scolarité et revenus différés), les études universitaires demeurent un choix rentable, selon le rapport. Les diplômés universitaires peuvent s’attendre en effet à toucher un revenu moyen beaucoup plus élevé que les titulaires d’un diplôme d’études secondaires.

Aux États-Unis, là où l’avantage financier est le plus marqué, un diplômé universitaire peut s’attendre à gagner au-delà de 367 000 $US de plus au cours de sa vie, et une diplômée, au-delà de 229 000 $US. Au Canada, ces chiffres sont de 170 510 $US pour les hommes et de 137 899 $US pour les femmes (voir le tableau A8.4 en format Excel).

J’appuie sans réserve les conclusions du rapport. Cependant, si je peux me permettre un commentaire, l’écart de revenu en faveur des diplômés universitaires semble s’amenuiser. Tout récemment encore, dans son rapport En plein essor (page 125) publié en octobre 2008, l’Association des universités et collèges du Canada indiquait que la différence de revenu avoisinait plutôt le million de dollars canadiens, soit beaucoup plus que l’estimation de l’OCDE.

Par ailleurs, je serais extrêmement surpris d’assister prochainement à de nouveaux investissements provinciaux en enseignement supérieur. Les provinces étant toutes lourdement endettées, des compressions budgétaires risquent davantage d’être au programme une fois la récession terminée. En ce qui a trait au gouvernement fédéral, qui sait à quoi s’attendre, avec la tenue d’élections qui semble imminente? Le fédéral a investi 2,7 milliards de dollars dans la recherche universitaire en 2007-2008, et je crois qu’il y a de solides arguments favorables au maintien, voire à l’accroissement, de ces investissements.

Commentant les données de l’OCDE, Statistique Canada souligne que, en 2007, 25 pour cent des Canadiens adultes âgés de 25 à 64 ans étaient titulaires d’un grade ou d’un certificat universitaire supérieur au baccalauréat, ce qui plaçait le Canada devant 23 autres pays membres de l’OCDE. La première place était occupée par la Norvège (32 pour cent), suivie des États-Unis (31 pour cent). Au Canada, les provinces de l’Ontario (28 pour cent) et de la Colombie-Britannique (26 pour cent) ont affiché des pourcentages supérieurs à la moyenne nationale.

Selon Statistique Canada, le Canada doit le rang qu’il occupe aux générations plus âgées. En 2007, le pays se classait au quatrième rang pour ce qui est de la proportion d’adultes âgés de 55 à 64 ans titulaires d’un grade universitaire (21 pour cent). Cependant, il occupait le 12e rang quant à sa proportion d’adultes âgés de 25 à 34 ans (29 pour cent) possédant un grade, ayant affiché un taux similaire à celui du Japon et du Royaume‑Uni. La proportion de titulaires d’un grade universitaire a augmenté pour l’ensemble des générations au Canada, mais dans une moindre mesure que dans les autres pays.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
Léo Charbonneau is the editor of University Affairs.
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