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En Marge

La controverse entourant les « cinq grandes » continue

Les recteurs des cinq plus grandes universités du Canada remettent en question le « modèle unique » du système d’enseignement supérieur.

par LÉO CHARBONNEAU | 01 SEP 09

Je dois admettre que je suis surpris de voir la controverse entourant les « cinq grandes » faire encore la manchette après plus d’un mois. Tout a commencé lorsque le magazine Maclean’s a publié à la fin de juillet un article issu d’un entretien de Paul Wells avec les recteurs des cinq plus grandes universités du Canada (selon leur part des fonds consacrés à la recherche), soit l’Université de Toronto, l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université de Montréal, l’Université McGill et l’Université de l’Alberta.

Selon M. Wells, l’idée de l’article a été proposée à Maclean’s par les cinq recteurs. Tous les sujets semblent avoir été abordés lors de l’entretien, et je ne comprends pas exactement quelles étaient les motivations des recteurs ou ce qu’ils proposaient précisément. Voici comment M. Wells résume la discussion (notre interprétation) :

Lors d’une vidéoconférence de 90 minutes, les recteurs des cinq plus grandes universités ont soutenu qu’il faut donner à leurs établissements les moyens et le mandat de se démarquer encore davantage des autres universités canadiennes afin qu’ils puissent effectuer de la recherche scientifique de calibre mondial et former les meilleurs étudiants aux cycles supérieurs, tandis que les autres établissements se concentrent sur l’enseignement au premier cycle. Leur vision remet en question le « modèle unique » à la base du système d’enseignement supérieur canadien.

Les recteurs de sept universités de taille plus modeste ont réagi lors d’une entrevue dans laquelle ils font judicieusement remarquer que les cinq grandes universités reçoivent déjà une part disproportionnée des fonds destinés à la recherche (environ 40 pour cent du total, selon Maclean’s).

L’affaire semblait se calmer lorsque, le 24 août, le Globe and Mail a ranimé la controverse en reprenant l’histoire dans un article au titre provocateur, « Five universities team up to push for the lion’s share of research dollars » (Cinq universités s’associent pour obtenir la part du lion du financement de la recherche).

Roseanne Runte, rectrice de la Carleton University, a réagi deux jours plus tard dans une lettre ouverte dans laquelle elle rejette l’idée d’un système universitaire de deuxième catégorie. D’autres recteurs ont pris part au débat, dont Daniel Woolf de la Queen’s University, Alan Wildman de la University of Windsor, Ghislain Bourque de l’Université du Québec à Trois-Rivières et, tout récemment, Claude Corbo de l’Université du Québec à Montréal, ce qui a ensuite donné lieu à des éditoriaux dans les quotidiens et à d’autres entrevues dans les médias.

Dimanche dernier, Jeffrey Simpson, chroniqueur au Globe and Mail, a mis son grain de sel lui aussi en affirmant que la proposition des cinq grandes universités est « une mauvaise idée, mal articulée »

Il en a également profité pour dénoncer les salaires « intenables » des professeurs, qui ont augmenté d’un tiers depuis 2000. Voilà de quoi alimenter la controverse pendant quelque temps encore.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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