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En Marge

Le schisme perdure entre les universités québécoises

La division de la CREPUQ ne présage rien de bon.

par LÉO CHARBONNEAU | 22 AVRIL 13

Le désaccord important qui semble se dessiner au sein de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) ne semble présager rien de bon pour les universités québécoises. La CREPUQ représente les 19 universités du Québec. Sa division ne pourra qu’affaiblir sa position dans le cadre des négociations qu’elle mène avec le gouvernement du Québec.

Le 15 avril dernier, l’Université Laval a abruptement annoncé son retrait de la CREPUQ. « Cette alliance ne répond plus aux besoins de l’Université Laval en matière de défense de ses intérêts et de son identité », a indiqué le recteur de l’établissement, Denis Brière. Son homologue de l’Université de Montréal, Guy Breton, a pour sa part indiqué que son établissement pourrait se retirer de la CREPUQ d’ici quelques mois. « Il y a une réflexion à ce propos. Oui, il y a des insatisfactions », a déclaré Mathieu Filion, porte-parole de l’Université de Montréal, dans Le Devoir.

Dans une entrevue publiée sur le site Web de l’Université Laval, M. Brière explique certains des motifs qui ont conduit son établissement à claquer la porte de la CREPUQ :

« Au cours des dernières années, une tendance s’est développée au Québec, soit celle de considérer toutes les universités québécoises comme un groupe homogène dont les membres sont collectivement responsables des décisions de chacun. Cette tendance menace non seulement la diversité des universités, mais également leur autonomie. »

M. Brière reproche également à la CREPUQ de ne pas s’opposer plus fermement aux compressions budgétaires rétroactives annoncées par le gouvernement du Québec juste avant que ne débute le sommet sur l’enseignement supérieur, l’hiver dernier.

Selon certains analystes (voir ici), le conflit actuel au sein de la CREPUQ opposerait avant tout les universités québécoises autonomes dites « à charte » (les universités McGill, Concordia, Bishop’s, ainsi que l’Université de Montréal et l’Université de Sherbrooke) à celles du réseau de l’Université du Québec, écoles et instituts compris.

Il semble en réalité exister deux grands points de divergence. D’abord, au moins certaines universités à charte seraient favorables à une politique de frais de scolarité « à deux vitesses », qui leur permettrait d’imposer des frais de scolarité plus importants aux étudiants des programmes les plus coûteux – de médecine, par exemple. Tous les membres de la CREPUQ ne l’entendent évidemment pas de cette oreille. Ensuite, le gouvernement québécois a soumis l’idée de verser aux universités un financement plus important pour les étudiants dits de « première génération », à savoir dont aucun des parents n’a fréquenté l’université, que pour ceux dont au moins l’un des parents l’a fait.

Cette idée divise au sein de la CREPUQ, car une telle politique désavantagerait les universités à charte, celles-ci ayant tendance à compter plus d’étudiants issus de familles instruites que ne le font les établissements du réseau des Universités du Québec, comme le souligne Benoît Aubin dans le quotidien montréalais The Gazette. (Par exemple, plus de 70 pour cent des étudiants de l’Université du Québec à Rimouski sont de « première génération », contre seulement 20 pour cent des étudiants de l’Université McGill.)

Certains prétendront que le conflit actuel est une conséquence directe des protestations étudiantes massives qu’a connues le Québec l’an dernier. Que tel soit le cas ou non, une chose est sûre : le réseau universitaire québécois ne semble pas près de connaître la paix et la stabilité.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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