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EN MARGE

Les agressions sexuelles sur les campus ont fait la une en 2014

Des accusations, des allégations et des récriminations ont fait l’objet de reportages tout au long de l’année.

par LÉO CHARBONNEAU | 22 DÉC 14

Un grand nombre d’événements majeurs liés à l’innovation, la recherche, la gestion universitaire, les finances et le financement gouvernemental auraient mérité l’attention des médias en 2014. Hélas, à mon avis, un sujet a éclipsé tous les autres cette année : les agressions sexuelles sur les campus.

Ce battage médiatique remonte à l’automne 2013, alors que des slogans en faveur du viol se sont fait entendre à l’Université Saint Mary’s et à l’Université de la Colombie-Britannique. Comme nous l’avons rapporté dans un article d’Affaires universitaires sur les efforts déployés par les universités pour mettre fin aux agressions sexuelles sur les campus, la colère provoquée par ces événements s’était à peine estompée que de nouveaux incidents sont venus souffler sur les braises. Des allégations d’agression sexuelle par des joueurs de l’équipe de hockey de l’Université d’Ottawa ont entre autres été portées en janvier dernier. Le recteur de l’Université, Alan Rock, a alors suspendu le programme de hockey masculin, ce qui a provoqué une controverse de plusieurs semaines sur le bien-fondé de cette décision. Plus tard, un joueur de football de l’Université McGill a été accusé d’agression et la réaction de l’Université a entraîné la démission de l’entraîneur dans une tempête d’accusations et de contre-accusations.

D’autres événements malheureux ont également eu lieu, entre autres des courriels sexuellement explicites visant la présidente du conseil étudiant de l’Université d’Ottawa, qui l’ont poussée à déclarer que la culture du viol était très présente sur les campus canadiens. Le mois dernier, la tension était à son comble à l’Université du Québec à Montréal après que certains étudiants ont accusé des professeurs de harcèlement sexuel dans les médias sociaux et inscrit des messages accusateurs sur les portes de leurs bureaux. Cette semaine encore, une énième monstruosité est venue s’ajouter lorsque des étudiants en dentisterie de l’Université Dalhousie ont publié des commentaires extrêmement misogynes sur une page Facebook.

Au cours de l’été, juste avant le début des activités d’orientation sur les campus, de nombreuses universités ont annoncé des mesures visant à atténuer les activités d’initiation et à sensibiliser les étudiants aux agressions sexuelles dans le cadre de diverses initiatives. Parmi celles-ci, le programme d’intervention des témoins, mis en place à l’Université de Windsor, a été salué par de nombreux observateurs comme étant une pratique exemplaire à suivre. Pourtant, des slogans douteux entendus à l’Université Laval et l’attitude d’animateurs de l’Université Carleton arborant des t-shirts « F*** Safe Place » ont suscité la colère de nombreuses personnes.

Puis, avant même que la poussière ne puisse retomber, le Toronto Star a publié en novembre une enquête selon laquelle seuls 9 des quelque 100 établissements canadiens sondés avaient adopté une politique spéciale pour lutter contre les agressions sexuelles. Le Star a par la suite rapporté que certaines universités s’engageaient à faire mieux.

Les agressions sexuelles sur les campus ont également fait les manchettes aux États-Unis. Parmi les événements qui les ont alimentées, citons la publication d’un rapport du groupe de travail de la Maison-Blanche pour la protection des étudiants contre les agressions sexuelles (PDF) en avril, puis l’adoption par le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, d’une loi obligeant les établissements de l’État à appliquer une politique controversée qui redéfinit complètement le consentement à des rapports sexuels. En vertu de cette loi, la question lors d’audiences judiciaires sur les campus n’est plus de savoir si la victime a dit « non », mais si les deux partenaires ont dit « oui ». Certains collèges d’autres États ont emboîté le pas et adopté la nouvelle norme, surnommée, « oui, c’est oui ».

Enfin, venant ponctuer une avalanche de mauvaises nouvelles, le magazine Rolling Stone a publié en novembre son article infâme sur un viol collectif brutal survenu sur le campus de l’Université de Virginie. Cette histoire a déclenché une tempête à l’Université, forçant la rectrice, Teresa A. Sullivan, à s’engager à mobiliser toutes les ressources disponibles pour venir en aide aux étudiants victimes d’inconduite sexuelle. Devant un tel tollé, le magazine a dû se rétracter à plusieurs reprises, ce qui a entraîné la controverse et encore plus de récriminations.

La question a eu une résonnance auprès des médias, et dans la société en général, en raison d’autres allégations d’agressions sexuelles ayant fait surface au cours de l’année dans d’autres milieux. Il s’agit entre autres des allégations contre l’ancien animateur de la radio de CBC, Jian Ghomeshi, ici au Canada, et de celles portées contre l’humoriste Bill Cosby aux États-Unis, qui ne font que jeter de l’huile sur le feu.

J’ai lu à de nombreuses reprises que les agressions sexuelles demeuraient un problème sur les campus, précisément parce qu’il reste un problème au sein même de la société. Il est toutefois intéressant de noter qu’une récente étude menée par le Bureau des statistiques judiciaires des États-Unis a révélé que les étudiants des collèges couraient moins de risques d’être agressés sexuellement que les personnes du même âge ne fréquentant pas un collège.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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