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En Marge

Les sciences et l’innovation au Canada

Selon un rapport du Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation, le rendement du Canada se situe dans la moyenne, et ça ne suffit pas.

par LÉO CHARBONNEAU | 07 MAI 09

Le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation a dévoilé mardi dernier son premier rapport public sur l’état des sciences, de la technologie et de l’innovation au Canada. Le rapport n’accorde aucune note au rendement, mais si on se fie aux commentaires exprimés, nous avons obtenu un C (que je définis comme « moyen, qui répond aux exigences minimales »).

En conférence de presse à Ottawa, Heather Munroe-Blum, principale de l’Université McGill, a utilisé l’expression mid-level performer pour décrire le rendement du Canada, et Peter MacKinnon, recteur de l’Université de la Saskatchewan, fair to middling, autrement dit, un rendement qui se situe dans la bonne moyenne.

Ont aussi pris la parole à cette occasion Howard Alper, président du Conseil et ancien vice-recteur à la recherche à l’Université d’Ottawa, ainsi que le Dr Guy Rouleau, généticien et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

(Un sommaire du rapport se trouve ici et le rapport intégral, intitulé L’état des lieux en 2008, peut être téléchargé ici.)

Le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation, qui a été créé en 2007 pour donner des avis au gouvernement fédéral par l’entremise du ministre de l’Industrie, mentionne dans son rapport que le Canada affiche de nombreuses forces, mais aussi des faiblesses.

Howard Alper en parle ainsi : « Il ressort de notre rapport que le Canada s’améliore, mais que d’autres pays le font plus rapidement que lui. Le Canada se place en milieu de peloton et affiche de solides résultats, mais étant donné l’importance de l’innovation pour notre avenir, ce n’est pas suffisant. Nous devons faire preuve de plus d’ambition afin d’honorer les capacités des Canadiens. »

Voici quelques-unes des conclusions du rapport :

  • La recherche effectuée au Canada est de grande qualité et la R-D universitaire canadienne se classe parmi les meilleures, mais trop peu de découvertes sont transformées en produits et services.
  • Le Canada affiche un faible taux d’investissements en R-D en entreprise, un problème qui persiste depuis des décennies; trop peu de découvertes sont transformées en produits et services.
  • On dénote un faible taux de collaboration parmi les entreprises et entre les entreprises et les chercheurs au Canada.
  • Les jeunes Canadiens excellent en mathématiques, en sciences et en lecture, mais ils sont trop peu nombreux à obtenir un diplôme dans ces domaines.

Ces conclusions sont appuyées par une foule de données et de comparaisons avec d’autres pays de l’OCDE dans de nombreux domaines. Quiconque porte un intérêt ou participe aux politiques scientifiques voudra certainement examiner attentivement le rapport de 52 pages, qui n’est peut-être pas idéal comme lecture de chevet, mais qui est plein à craquer de statistiques et d’information.

Lors de la conférence de presse, un journaliste, faisant référence aux récentes critiques concernant le financement de la science au Canada, a demandé au groupe d’experts s’ils pensaient que le gouvernement Harper était dans le coup pour ce qui est de l’importance accordée au financement de la recherche, particulièrement si on le compare au gouvernement Obama. Personne n’a réagi.

« Il ne s’agit pas de politiser les investissements dans la science, a expliqué Mme Munroe-Blum. Le Canada ne peut pas se permettre une politisation de son cadre de travail en matière de sciences, de technologie et d’innovation. »

Le rapport présente une série de recommandations visant à renforcer la position du Canada et énonce entre autres qu’il faudra « concentrer nos efforts en sciences, en technologie et en innovation dans les secteurs de force du Canada afin de faire de notre pays un chef de file mondial ». En octobre dernier, le Conseil a ciblé quatre domaines stratégiques de recherche dans lesquels le Canada bénéficie ou pourrait bénéficier d’un net avantage concurrentiel (consultez les priorités et les sous-priorités ici).

Lorsqu’on lui a demandé si cela signifiait que le Conseil proposait que le financement des organismes subventionnaires cible ces domaines, M. Alper a répondu que « seule une minorité du financement devrait être alloué aux domaines prioritaires, la vaste majorité devrait être accordé à la recherche tout à fait librement ».

Forcé de donner un pourcentage pour ces deux catégories, il a cité en exemple le Japon et l’Australie qui consacrent approximativement 70 pour cent du financement à la recherche fondamentale d’excellence, et 30 pour cent à la recherche ciblée, « des taux qui pourraient être tout à fait appropriés pour le Canada », a ajouté M. Alper.

Le rapport a toutefois une faiblesse : il présente des recommandations plutôt vagues; le Conseil n’établit ni objectif, ni but, ni indicateur pouvant être utilisé pour mesurer le succès. Les membres du Conseil répliquent que ce rapport se veut en quelque sorte un document de base et que des rapports bisannuels seront produits afin de mesurer les progrès accomplis.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
Léo Charbonneau is the editor of University Affairs.
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