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EN MARGE

Transformer les étudiants en entrepreneurs socialement responsables

par LÉO CHARBONNEAU | 13 NOV 14

Comme je l’ai déjà souligné, l’entrepreneuriat a la cote dans les universités au Canada. De nouveaux programmes voient le jour pratiquement chaque semaine. Cette semaine, par exemple, l’Université York a lancé LaunchYU, son programme d’entrepreneuriat à l’échelle du campus.

Le 6 novembre dernier, toutefois, un programme différent a été annoncé : la très respectée fondation de la famille J.W. McConnell, établie à Montréal, a lancé le programme RECODE d’une valeur de 10 millions de dollars, qui vise aussi à inciter les étudiants à devenir des entrepreneurs et des innovateurs, mais en mettant entièrement l’accent sur la dimension sociale.

Comme l’explique la fondation McConnell, RECODE « est un appel à l’innovation sociale (repenser les institutions publiques de l’intérieur; sortir des sentiers battus; trouver et faire grandir de nouvelles entreprises sociales; créer des partenariats au-delà des frontières institutionnelles et sectorielles) bref, recodifier les systèmes de fonctionnement de notre culture pour réaliser un monde juste, durable et beau ».

RECODE est le fruit d’une collaboration entre les secteurs privé, public et à but non lucratif, dont un volet important se déroule sur les campus. L’un des objectifs du programme est de « permettre aux étudiants de découvrir l’innovation sociale et l’entrepreneuriat social (et d’en faire l’expérience) par un apprentissage expérientiel qui transcende les programmes et les disciplines (sur le campus, par l’intermédiaire de CLOTS et d’autres plateformes d’apprentissage en ligne, de clubs étudiants, de conférences et de concours, d’échanges et d’activités). »

Dix-huit universités et collèges ont reçu des fonds au cours de la première phase de RECODE, y compris : l’Université de Victoria, l’Université Royal Roads, l’Université Memorial, l’Université de Guelph, l’École de technologie supérieure, l’École d’art et de design de l’Ontario, l’Université Mount Royal, l’Université Simon Fraser, l’Université Ryerson, l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université du Nouveau-Brunswick, l’Université Wilfrid Laurier et l’Université Concordia.

L’Université de la Colombie-Britannique en a fait l’annonce dans un communiqué, indiquant que l’Université « est en voie de devenir un important carrefour d’entrepreneuriat social et d’innovation axé sur la recherche de solutions aux plus graves problèmes au monde ». Dans le cadre du programme, l’Université prévoit créer un atelier intensif de cinq semaines sur l’entrepreneuriat social ainsi qu’un fonds de démarrage qui permettra d’investir dans les projets sociaux prometteurs conçus à l’Université de la Colombie-Britannique.

L’Université a également défini l’expression « entreprises sociales » :

Elles prennent diverses formes : organismes à but non lucratif, ou à but lucratif, coopératives, partenariats et autres. Les entreprises sociales, comme les autres, cherchent à assurer leur viabilité financière. Elles recueillent assez d’argent pour verser un juste salaire à leurs employés, couvrir leurs dépenses et assurer la croissance de l’entreprise. Cependant, contrairement à d’autres entreprises, leur modèle d’affaires vise des résultats sur les plans social, culturel, communautaire et environnemental. La croissance de ces entreprises entraîne donc des retombées pour la société.

J’ai découvert la fondation McConnell par son initiative de financement de projets d’apprentissage par le service communautaire. Ce type d’apprentissage par la pratique conjugue l’apprentissage en classe et le bénévolat, et vise l’atteinte d’objectifs communautaires tout en inculquant aux étudiants le sens de l’engagement civique. Comme le soulignait en 2012 Margo Fryer (auparavant de l’Université de la Colombie-Britannique), « l’apprentissage par le service communautaire a gagné en popularité au Canada il y a une dizaine d’années », lorsque 10 universités ont reçu des fonds de la fondation McConnell pour mettre sur pied des programmes de ce type. Grâce aux fonds versés et à leurs retombées, plus de 30 collèges et universités au Canada offrent maintenant des programmes d’apprentissage par le service communautaire.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau

En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.

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