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EN MARGE

Un nouveau partenariat entre les universités et les collèges

Les deux parties s’engagent à renforcer leur collaboration dans l’intérêt des étudiants.

par LÉO CHARBONNEAU | 01 OCT 14

Les universités et les collèges du Canada se sont toujours livré une concurrence amicale. Par exemple, je suis récemment tombé sur la citation suivante provenant de Paul Davidson, président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) (une association qui représente à la fois les universités et les collèges universitaires canadiens) : « Au cours des six dernières années, deux fois plus d’emplois ont été créés pour les diplômés des universités que pour l’ensemble de ceux des collèges ou des écoles de métiers. »

Au cours des six dernières années, deux fois plus d’emplois ont été créés pour les diplômés des universités que pour l’ensemble de ceux des collèges ou des écoles de métiers

Les choses ne sont toutefois pas aussi simples. La présidente-directrice générale de Collèges de l’Ontario, Linda A. Franklin, a ainsi récemment écrit que de nombreux étudiants « obtiennent des emplois qui les mènent à des carrières enrichissantes après être retournés au collège après leurs études universitaires pour obtenir un diplôme collégial ». (L’italique est de moi.) De plus en plus d’étudiants et de parents estiment qu’il est essentiel que les études postsecondaires mènent à la réussite professionnelle selon Mme Franklin, qui précise que « c’est la raison pour laquelle un nombre record d’étudiants optent pour le collège ».

Ce type de manœuvres entre universités et collèges est compréhensible et prévisible, mais les esprits s’échauffent parfois, comme on l’a constaté il y a environ un an et demi au sujet de la supposée « pénurie de compétences » au Canada. J’ai toutefois remarqué que les associations qui représentent les universités et les collèges emploient depuis un certain temps un langage plus inclusif dans leurs messages, insistant sur le fait que tous les éléments du secteur canadien de l’éducation postsecondaire ont un rôle à jouer.

Selon Denise Amyot, présidente-directrice générale de Collèges et instituts Canada (CICan)  (anciennement l’Association des collèges communautaires du Canada), « que ce soit dans une université, un collège, un institut, une école polytechnique ou un cégep, de nombreux parcours mènent vers une excellente formation et une carrière valorisante ». M. Davidson a exprimé ce même sentiment lors de son allocution devant l’Economic Club of Canada, dont un extrait est cité plus haut : « L’économie et la société canadiennes ont besoin de diplômés de tous les types d’établissements postsecondaires : écoles de métiers, collèges, écoles polytechniques et universités. »

Paul Davidson et Denise Amyot signent une entente historique au moyen d’un tableau blanc.
Paul Davidson et Denise Amyot signent une entente historique au moyen d’un tableau blanc.

C’est dans ce contexte que l’AUCC et CICan ont signé une entente destinée « à accroître et à améliorer » leur collaboration dans l’intérêt des étudiants de niveau postsecondaire du Canada. D’après le communiqué de presse conjoint des deux associations, ce « cadre de collaboration » signé le 29 septembre dernier à Calgary par Mme Amyot et M. Davidson « reflète l’engagement des collèges et des universités de l’ensemble du pays à accroître les programmes et les partenariats novateurs afin d’offrir aux étudiants canadiens toute une gamme de choix leur permettant d’accéder à des carrières valorisantes. L’entente marque aussi de nouvelles possibilités de collaboration en matière de communications, d’initiatives auprès des membres et de dialogues sur les politiques pour l’AUCC et CICan. » L’AUCC et CICan représentent ensemble 228 établissements d’enseignement postsecondaire fréquentés par 2,5 millions d’étudiants.

L’entente constitue à mes yeux une reconnaissance du fait que le secteur canadien de l’éducation postsecondaire n’est jamais aussi fort que quand tous ses éléments travaillent dans le même sens, que l’éducation postsecondaire n’est pas cloisonnée, et qu’il existe déjà entre ses éléments une solide collaboration.

Le recteur de l’Université de Lethbridge, Mike Mahon, et le directeur général de SAIT Polytechnic, David Ross, ont coprésidé un groupe de travail qui a jeté les bases de l’entente. Par cette dernière, les deux associations s’engagent entre autres à promouvoir auprès de leurs établissements membres l’adoption d’une série de principes porteurs; des parcours plus souples pour les étudiants; une collaboration et une diversité des programmes communs accrues; la reconnaissance des acquis des étudiants; la réduction des obstacles à la mobilité étudiante. Les deux associations s’engagent également à accentuer la collecte et la mise en commun des données, particulièrement en matière de transferts. C’est une initiative bienvenue.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau

En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.

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