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POINT DE VUE DE L'ADMINISTRATEUR

L’équité et l’accès universel sont la responsabilité des universités

« Le plus valorisant en administration c’est la possibilité d’instaurer des changements systémiques. »

par SHEILA COTE-MEEK | 09 SEP 17

Boozhoo. Kwe kwe. Greetings. Bonjour. Voici ma première d’une série de chroniques dans Affaires universitaires. Je suis honorée d’avoir été invitée à présenter ainsi mes réflexions en tant qu’administratrice. Toutefois, cette démarche est aussi quelque peu angoissante. Par où commencer? Quels sujets aborder? Et surtout, que puis-je apporter d’utile aux personnes qui envisagent de se tourner vers le secteur administratif? Après mûre réflexion, j’ai décidé de commencer par me présenter et raconter mon parcours jusqu’ici.

J’ai fait mon entrée dans le milieu universitaire au début des années 1990. À ce moment-là, l’idée d’assumer des responsabilités administratives ne m’effleurait même pas l’esprit. Je venais de quitter un emploi au sein de la direction d’un collège pour m’investir dans l’enseignement et la recherche.

À l’université, j’espérais contribuer à la réussite des étudiants autochtones et faire progresser le domaine alors émergent du service social auprès des Autochtones. Pendant plus de 10 ans, je me suis donc consacrée à l’enseignement, à la recherche et au renforcement de l’engagement communautaire. J’ai ainsi pu jouer un rôle de premier plan dans la valorisation du service social auprès des Autochtones à l’échelle nationale. Avec le recul, je constate que j’ai toujours été attirée par les fonctions administratives en milieu universitaire. Le travail en comité et consacré à la promotion des grands enjeux que sont l’accès et l’équité m’ont toujours interpellée. Cet intérêt explique sans doute ma transition vers un poste administratif.

Depuis une dizaine d’années, je mets à profit mon expertise touchant la cause des Autochtones. En effet, j’ai travaillé à la consolidation des liens avec notre conseil consultatif autochtone, à l’élaboration de plans d’action stratégiques et au financement d’initiatives clés touchant les Autochtones, en plus de voir à ce que leur présence s’étende à toutes les facultés universitaires. Parallèlement à ces activités, j’ai aussi élargi mes fonctions d’universitaire et commencé à m’occuper des relations entre l’université et le corps professoral.

Ce que je trouve le plus valorisant en administration c’est la possibilité d’instaurer des changements systémiques qui profitent aux étudiants autochtones, non seulement au sein de mon université, mais dans toute la province. Par exemple, j’ai contribué à la sensibilisation aux besoins en éducation des Autochtones à l’échelle provinciale.

Jumeler le travail administratif avec les tâches d’enseignement et de recherche représentait par contre tout un défi. Je soupçonne que de nombreux administrateurs universitaires sont eux aussi confrontés à ce dilemme. J’ai fini par décider de ne plus enseigner, mais je m’occupe encore de certaines activités de recherche, je rédige des articles et j’encadre des étudiants aux cycles supérieurs. Ces activités m’aident à maintenir un équilibre et me permettent aussi de rester en contact avec les professeurs.

Dans mon esprit, je fais toujours partie du corps professoral, même si j’ai découvert que certains collègues ne le voient pas ainsi. Pour beaucoup, je suis passée de l’« autre côté », dans l’administration. Je n’ai jamais trop su où se trouvait la frontière, puisque j’ai toujours pensé que nous poursuivions un objectif commun.

De temps à autre, je me demande ce qui me retient dans le domaine administratif. J’ai parfois de la difficulté à répondre à cette question, puisque ma motivation ne se résume pas à ma volonté de changer les choses. Au-delà de mon grand intérêt pour l’enseignement et la recherche, j’aime les défis associés à mon rôle au sein de l’administration. De plus, je peux voir se concrétiser les orientations stratégiques.

La liberté associée à la vie de professeur me manque parfois lorsque je vis une journée difficile. La plupart du temps, j’apprécie par contre l’horaire un peu plus stable de mes journées de travail et les projets bien définis. J’aime mener des dossiers jusqu’au bout. Au fil des ans, mon travail m’apporte un sentiment du devoir accompli.

Sur le plan personnel, mon expérience de femme autochtone nourrit en grande partie ma passion pour mon travail. Je suis animée d’un profond désir de tout mettre en œuvre pour assurer l’équité et l’accès de tous, et surtout des Autochtones, à tous les échelons. En milieu universitaire, je sens que mon travail a des répercussions concrètes. C’est cette gratification que je retrouve dans un poste administratif. Je viens d’être reconduite dans mes fonctions, et je suis impatiente de découvrir ce que les cinq prochaines années me réservent.

Et j’ai bien hâte de vous faire part de mon expérience d’administratrice universitaire au cours de cette année.

À PROPOS SHEILA COTE-MEEK
Sheila Cote-Meek
Sheila Cote-Meek est vice-rectrice adjointe à l’enseignement et aux programmes autochtones à l’Université Laurentienne. Sa chronique paraîtra tous les deux numéros.
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