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Point de vue de l'administrateur

Neuf conseils d’un agent de financement amateur

Les collectes de fonds, deuxième partie.

par DOUG OWRAM | 12 JAN 11

Les collectes de fonds font désormais partie intégrante des stratégies de planification financière des universités, et les doyens comme les chefs d’établissement doivent y consacrer une part importante de leur temps. C’est un exemple classique du principe de Peter : comme nous avons acquis une expérience universitaire et avons troqué la salle de classe et le laboratoire pour la salle de réunions, nous sommes projetés dans une tâche pour laquelle aucun de nous n’a été formé ou ne possède de l’expérience. Nous devons amener les gens à souhaiter se départir de leur argent pour l’investir dans l’enseignement supérieur et, plus précisément, dans l’établissement que nous représentons.

Voilà une mission intimidante pour nous, doyens et hauts dirigeants, et trois grandes peurs nous animent.

D’abord, il règne au Canada une culture où on ne peut rien imposer. Nous ne sommes donc pas à l’aise de personnifier cette voix au téléphone qui appelle toujours vers l’heure du dîner.

Ensuite, nous craignons le rejet et, pire encore, le ridicule. En ce qui me concerne, j’ai souvent imaginé avec effroi un donateur potentiel accueillant ma demande par un silence figé.

Finalement, l’ensemble du processus est mystérieux. En effet, la plupart d’entre nous n’ont jamais participé à une collecte de fonds, si ce n’est pour vendre des billets de tirage pour appuyer un projet scolaire de notre enfant. Le réseautage à des fins caritatives, l’intendance et, surtout, le choix du moment et de la façon de formuler une demande sont des notions qui nous sont étrangères.

Pourtant, j’ai découvert à ma grande surprise qu’une collecte de fonds peut être une expérience positive qui engendre un véritable sentiment d’accomplissement. Voici donc mes conseils aux universitaires projetés dans le monde des collectes de fonds.

  1. Croyez en la cause. Si vous remettez en question la cause défendue, l’orientation de l’établissement ou le projet visé par la collecte, vous avez un problème. Il est toujours possible de modifier un projet, mais si vos doutes portent sur la mission de l’établissement ou la cause, vous n’êtes pas à la bonne place.
  2. Ne travaillez pas seul. Toutes les universités possèdent aujourd’hui une équipe de professionnels qui sont là pour vous fournir des conseils d’experts. Ils ont pour tâche de faire les démarches et les recherches préliminaires et de vous ouvrir les portes.
  3. Comprenez bien votre rôle, puis consacrez-y le temps nécessaire. Dans quelles situations serez-vous amené à discuter avec des donateurs potentiels et pour des dons de quel niveau? La réponse dépend de votre poste et de votre établissement, mais votre équipe et vous devez bien comprendre dès le début votre rôle et le temps qu’il faudra y consacrer.
  4. Même si vous êtes entouré d’une équipe, fiez-vous à votre bon sens. En tant qu’universitaires et chercheurs, nous avons appris à remettre les choses en question. Si l’approche choisie ou le montant demandé ne vous semble pas adéquat, faites-vous entendre.
  5. Apprenez à bien connaître vos donateurs potentiels. La pire erreur à commettre consiste à tirer des conclusions hâtives au sujet des champs d’intérêt des gens. De toutes les suggestions données, la plus importante est sans doute de parler moins et d’écouter davantage. Vous serez souvent surpris des résultats.
  6. Appréciez les personnes que vous rencontrez. Le milieu universitaire peut être une communauté très unie. Certains administrateurs craignent de rencontrer, en sollicitant des dons, des personnes qui n’hésiteront pas à leur expliquer pourquoi leur établissement effectue un travail de piètre qualité. C’est une possibilité, mais ces personnes ne viendront sans doute pas grossir les rangs des donateurs de votre établissement. La plupart des donateurs sont des personnes intelligentes qui ont mené des vies fascinantes et qui souhaitent changer les choses.
  7. Un don ne devrait pas être une surprise. Si vous avez bien écouté et que votre équipe a fait son travail, les deux parties devraient savoir qu’il y a de l’intérêt et qu’un geste sera posé. Idéalement, vous devriez également avoir une idée approximative du montant du don, bien que vous puissiez vous tromper à l’occasion.
  8. Faites attention aux cadeaux empoisonnés. Il est naturel, mais risqué, de se concentrer uniquement sur les objectifs financiers de la collecte. Soudainement, un don qui n’est pas prioritaire ou qui n’est pas jugé suffisant a pour effet d’ébranler la mission de l’établissement, plutôt que de l’appuyer.
  9. Faites-vous l’intendant de vos donateurs. Il est peu avisé d’un point de vue stratégique, et douteux d’un point de vue éthique d’accepter un don important, puis d’ignorer le donateur par la suite. Cette personne a pris un engagement envers vous et votre établissement; elle mérite votre respect et doit être tenue au courant des développements.

Lisez la première partie.

Doug Owram est vice-recteur adjoint du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique. Il est aussi historien canadien et membre de la Société royale du Canada.

À PROPOS DOUG OWRAM
Doug Owram is deputy vice-chancellor of UBC Okanagan and a Canadian historian.
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