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ARTICLES DE FOND

Cinq professeurs enseignants racontent leur histoire

Ils affirment que cette orientation professionnelle particulière leur convient tout à fait.

par SUZANNE BOWNESS | 09 MAR 16

Toujours susceptible d’engendrer la controverse, l’expression « professeur enseignant » désigne un professeur dont la tâche première est d’enseigner et dont les activités de recherche sont sporadiques ou même inexistantes. De nombreux professeurs enseignants affirment que ce type d’affectation leur convient. Nous vous présentons cinq d’entre eux, qui expliquent comment ils en sont venus à bien s’accommoder de leur situation.

Fiona Rawle est depuis 2010 l’un des quatre professeurs enseignants du département de biologie de l’Université de Toronto à Mississauga. Promue professeure agrégée en 2015, elle avait auparavant été chargée de cours à l’Université Wilfrid Laurier, pendant trois ans. Mme Rawle collabore à divers projets axés sur l’enseignement des sciences. Ses droits en matière de congés sabbatiques sont semblables à ceux des professeurs permanents. « En tant que professeure enseignante, je me sens respectée, et soutenue dans mes recherches axées sur l’enseignement scientifique », explique-t-elle. L’avancement des professeurs enseignants repose sur les visites en classe, ainsi que sur un dossier d’enseignement contenant les cours mis sur pied, les publications et les exposés liés à l’enseignement, ainsi que sur les commentaires des étudiants.

Simon Bates a été en 2012 l’un des quatre premiers professeurs enseignants nommés à l’Université de la Colombie-Britannique. L’établissement en compte aujourd’hui 20. Ce poste est similaire à celui d’un professeur titulaire s’adonnant à des activités de recherche et d’enseignement, mais l’avancement repose uniquement sur un leadership exceptionnel en matière d’enseignement et de pédagogie. En 2012, à l’Université de la Colombie-Britannique, il était déjà possible depuis une vingtaine d’années d’accéder à la permanence grâce à ses tâches d’enseignement, mais uniquement les professeurs agrégés pouvaient s’en prévaloir. M. Bates est attaché au bureau du provost à titre de conseiller principal en matière d’enseignement et d’apprentissage. Il est également directeur des études au Centre for Teaching, Learning and Technology de l’Université de la Colombie-Britannique. « L’Université de la Colombie-Britannique est convaincue qu’elle peut être un établissement de recherche de calibre mondial tout en étant mondialement reconnue pour la qualité exceptionnelle de son enseignement », souligne M. Bates.

Jennifer Stamp compte parmi les dernières personnes à acquérir le titre de « teaching fellow », soit le plus haut poste d’enseignement que compte l’Université Dalhousie. Après avoir accédé en 2006 à la permanence au sein du département de psychologie et de neurosciences, Mme Stamp a été formatrice principale jusqu’au début de décembre 2015, où ses réalisations en enseignement lui ont valu une promotion. Mais la plus importante étape de la carrière de cette professeure formée à Cambridge a peut-être été celle où elle a commencé à prendre conscience de sa réussite. « Il m’a fallu longtemps avant de m’estimer satisfaite de ce poste axé sur l’enseignement, avoue-t-elle. J’ignore si ça a été un choix délibéré de ma part. » Selon elle, aucun moment décisif n’est à l’origine de ce changement de perception. Elle a simplement eu la chance tôt dans sa carrière, de prendre un congé sabbatique productif et d’emprunter une nouvelle voie. « J’ai simplement décidé que j’aimais ce que je faisais », résume-t-elle.

Sheila Sammon restera à jamais la première formatrice de l’Université McMaster promue professeure enseignante titulaire. Mme Sammon a entamé son parcours en 1985 comme chargée de cours à temps partiel à l’École de travail social. Elle a rapidement accédé à un poste à mi-temps avant de devenir, en 1990, la première des nombreuses personnes titulaires d’un contrat à durée limitée. Elle a ensuite été promue professeure agrégée lors de la création du titre de professeur enseignant à l’Université McMaster, en 2007. Elle a vu son poste converti en celui de professeure enseignante et a obtenu la permanence. Une seule autre personne a eu droit à ce privilège. Mme Sammon est heureuse que son département ait considéré son intérêt pour l’enseignement comme un atout : « L’administration a toujours estimé qu’une personne spécialisée en enseignement pouvait contribuer autant au département qu’à l’apprentissage des étudiants », dit-elle. En juillet 2014, Mme Sammon a été nommée directrice de l’action communautaire pour l’ensemble de l’établissement. Elle est à ce titre responsable de mettre les étudiants de tous niveaux en relation avec la collectivité. Toutefois, 40 pour cent de son travail demeure axé sur l’enseignement.

Stefan Rodde a été l’un des deux chargés de cours enseignants embauchés en 2014 par la faculté des arts libéraux et des études professionnelles de l’Université York. Ce poste est avant tout axé sur l’enseignement, sans obligation en matière de recherche (même si la prestation de certains services fait partie des tâches). M. Rodde a été nommé à ce poste après avoir enseigné pendant six ans à l’Université McMaster, dans le cadre d’un contrat à durée limitée. Il est donc apte à mesurer la différence entre statut contractuel et permanence. Même s’il a été bien traité à l’Université McMaster, M. Rodde assure que son nouveau statut lui procure le sentiment de faire davantage partie de son département, en lui permettant de participer aux réunions du corps professoral et à la planification des politiques. M. Rodde n’écarte pas l’idée d’emprunter la voie professorale – bien que cette situation soit inusitée, l’Université York rend possible ce changement d’affectation pour les chargés de cours qui répondent aux critères en matière de recherche et à d’autres exigences. Ainsi, il se voit plutôt poursuivre dans la voie qui est désormais la sienne. « Au terme de mon doctorat, j’ai pris conscience que ce que j’aimais vraiment, c’était l’enseignement. Plus que la recherche. »

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