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ARTICLES DE FOND

L’expérience des petites classes

De plus en plus d’universités offrent aux étudiants de première année la possibilité d’explorer des thématiques en petits groupes.

par ZANE SCHWARTZ | 03 DÉC 14

Le premier cours que j’ai suivi à mon entrée à l’université, en 2011, regroupait 1 300 étudiants, soit plus d’élèves que ne comptait l’école secondaire d’où je venais. Le deuxième cours que j’ai suivi n’en comptait que 25.

Ce cours était offert dans le cadre du programme Margaret MacMillan Trinity One, du Trinity College de l’Université de Toronto, qui comporte cinq volets permettant aux étudiants de première année de se pencher en profondeur sur diverses thématiques, en petits groupes. Deux des cinq cours que j’ai suivis à l’époque adoptaient cette pratique et étaient donnés par des professeurs primés ou des conférenciers invités. Le contraste entre ces deux cours et celui regroupant 1 300 étudiants était pour le moins saisissant.

L’Université de Toronto compte parmi les universités de plus en plus nombreuses qui proposent à leurs étudiants de première année des petits programmes interdisciplinaires, dits « fondamentaux ». Elle en propose actuellement 10, contre seulement deux en 2010. Selon le recteur de l’Université Victoria affiliée à l’Université de Toronto, Paul Gooch, l’idée consiste à « jumeler d’excellents étudiants de première année à des chercheurs d’expérience dans le cadre de petits cours centrés sur des thématiques plutôt que sur des disciplines ».

Mis sur pied par M. Gooch en 2003, le programme Vic One du Victoria College de l’Université de Toronto n’accepte que 200 étudiants parmi les 16 000 inscrits en première année. Ces étudiants sont ensuite répartis par groupes de 25 dans les huit volets du programme. Ils ont la possibilité d’habiter dans une résidence qui leur est réservée, et chacun d’eux est jumelé à un étudiant de troisième ou de quatrième année qui fait office de mentor.

À l’instar de nombreux autres petits programmes de première année proposés au pays, ce programme offre aux étudiants une formation rigoureuse axée sur la recherche universitaire et leur permet d’améliorer leur sens critique grâce à de nombreux travaux de rédaction et à des discussions en classe. Les étudiants peuvent ainsi vivre l’expérience d’un petit collège d’arts libéraux tout en bénéficiant des avantages qu’offre une grande université urbaine axée sur la recherche.

« Le programme Vic One a rendu ma première année bien plus intéressante et m’a permis de bien connaître mes professeurs », souligne Emma Hansen, aujourd’hui en deuxième année à l’Université de Toronto. Elle était inscrite l’an dernier au volet Arthur Schawlow du programme Vic One qui offre des cours de philosophie, de physique et de mathématiques.

Certains programmes fondamentaux sont encore plus spécialisés, comme les programmes Great Books de l’Université St. Thomas, qui offrent un volet axé sur les droits de la personne, le journalisme et la littérature. L’Université de l’Île de Vancouver propose pour sa part un programme multidisciplinaire intitulé Arts One-First Nations, qui porte sur les points communs et les rapports entre les cultures autochtone et occidentale.

Beaucoup de ces programmes sont relativement récents et de nouveaux sont sans cesse créés, mais les deux premiers du genre au Canada existent depuis plus de 40 ans. Le programme Foundation Year de l’Université du King’s College, destiné à initier les étudiants aux œuvres philosophiques, littéraires et historiques occidentales, existe en effet depuis 1972, alors que la création du programme Arts One de l’Université de la Colombie-Britannique remonte à 1967.

Selon son directeur, Robert Crawford, le programme Arts One accueille dans chacun de ses deux volets un maximum de 100 étudiants. Il propose des séminaires bihebdomadaires regroupant 20 étudiants, ainsi qu’un tutoriel hebdomadaire dans le cadre duquel quatre étudiants critiquent tour à tour leurs écrits respectifs. Ce programme confère aux participants 18 des 30 crédits de première année dont ils ont besoin.

Le programme de l’Université du King’s College d’Halifax est très immersif; les 300 étudiants inscrits, soit pratiquement autant d’étudiants que l’établissement en compte en première année, doivent suivre quatre des cinq cours du programme. Le programme d’études, qui porte sur six périodes historiques et offre en alternance cours magistraux et discussions en petits groupes, est très bien coordonné.

Le directeur du programme fondamental de l’Université du King’s College, Daniel Brandes, avoue que les parents s’interrogent parfois sur l’utilité pour leurs enfants de passer une année à lire de grands œuvres censées constituer la base essentielle de la culture occidentale. Il comprend leur perplexité, mais juge l’exercice d’une valeur « inestimable », précisant qu’il « vise à ouvrir l’esprit des jeunes ».

En fin d’année, les professeurs rencontrent un représentant des étudiants par classe de tutorat pour discuter de ce qui fonctionne bien et des points à améliorer. « Les professeurs sont vraiment à l’écoute des préoccupations des étudiants, souligne Jacob Stanescu, diplômé du programme en 2011. « Si le contenu du programme n’a pas changé depuis des années, il y a de bonnes raisons. »

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