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À la croisée des neurosciences et des sciences de la gestion

par MARIE LAMBERT-CHAN | 06 NOV 14
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Le Tech3Lab de HEC Montréal est unique au Canada.

Comment savoir si deux collègues travaillent sur la même longueur d’onde? Si un bureau muni d’un tapis roulant rend son utilisateur plus performant au boulot? Ou encore s’il est sécuritaire pour un travailleur d’exécuter des tâches sur son téléphone intelligent en marchant? Voilà des questions auxquelles tentent de répondre les chercheurs du Tech3Lab, un laboratoire unique au Canada, voire au monde.

Situé à HEC Montréal, dans des installations au design épuré et élégant, le Tech3Lab combine les neurosciences et les sciences de la gestion pour mieux analyser les interactions entre les interfaces technologiques des organisations et leurs employés ou leurs consommateurs. Pour y parvenir, les chercheurs ont à leur disposition une variété d’outils évaluant en temps réel le mouvement des yeux, les expressions faciales, les pulsations cardiaques, la respiration, l’activité électrodermale et l’électroencéphalographie. Le laboratoire possède la particularité de permettre de jumeler plusieurs de ces outils pour obtenir une fine lecture des réactions des participants.

« En triangulant des mesures neurophysiologiques et oculométriques, on s’est aperçu que les gens ayant un plus grand besoin de toucher se remémorent davantage les marques rencontrées pendant leur magasinage en ligne lorsqu’ils utilisent un appareil à écran tactile qu’un écran et une souris », donne en exemple Sylvain Sénécal, codirecteur du Tech3Lab et professeur en marketing.

« C’est assez singulier d’avoir dans une école de gestion un laboratoire qui se rapproche plus de ce qu’on retrouve dans un département de psychologie », remarque son collègue Pierre-Majorique Léger, codirecteur et professeur en technologies de l’information. Ce mariage inusité est pourtant plus que jamais d’actualité. Les organisations ont besoin de solutions novatrices pour améliorer leur rendement et cela passe entre autres par les technologies de l’information.

Plusieurs projets issus du Tech3Lab ont retenu l’attention, dont celui de la chercheuse postdoctorale Élise Labonté-LeMoyne qui s’est intéressée au bureau actif, cette table de travail équipée d’un tapis roulant. « J’ai découvert qu’après avoir travaillé en marchant pendant environ 30 minutes, l’attention et la mémoire s’en trouvent améliorées, de même que la perception qu’ont les individus de leur performance», dit-elle.

Une équipe de chercheurs a étudié le travail collaboratif à distance en situation de crise. « Nous avons simulé une interruption de communications entre deux équipes et observé ce qui se passait en mesurant leur activité électrodermale et leurs réactions émotionnelles, raconte M. Léger. Autrement dit, comment peut-on coordonner nos actions sans les verbaliser et demeurer sur la même longueur d’onde? La réponse à cette question nous aidera à concevoir des plans de formation plus efficaces en gestion de crise. »

Que réserve l’avenir au Tech3Lab? Les codirecteurs se font avares de commentaires, mais leur sourire en coin laisse entendre qu’ils n’ont pas fini de nous étonner.

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