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Requiem pour 14 femmes

Une compositrice d’Ottawa souligne en musique le 25e anniversaire de la tragédie de l’École Polytechnique.

par NATALIE SAMSON | 08 OCT 14

Le 6 décembre 1989, le tireur Marc Lépine a traqué et tué 14 étudiantes en génie et a blessé 14 autres personnes à l’École Polytechnique de Montréal. Vingt-cinq ans plus tard exactement, la compositrice Elise Letourneau commémorera la tragédie en présentant son Requiem for Fourteen Roses.

« Traditionnellement, un requiem célèbre la mémoire de quelqu’un. C’est une partie de la messe de requiem, jouée pour le défunt pour aider son esprit à atteindre l’au-delà », explique la musicienne d’Ottawa. Son Requiem for Fourteen Roses allie des morceaux de messe traditionnelle en latin et en français à 14 courtes vignettes instrumentales et à des paroles tirées de vers de Rumi, du prix Nobel Rabindranath Tagore et du poète canadien E.D. Blodgett. Selon Mme Letourneau, les paroles soulignent « le caractère à la fois merveilleux et fragile de ce qu’on appelle la vie ».

La pièce sera jouée en concert le 6 décembre à Ottawa. Des cloches sonneront et des roses et des chandelles seront offertes à la mémoire de chacune des femmes assassinées : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik – Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault et Annie Turcotte.

« Depuis la tuerie, je me suis souvent arrêtée et me suis demandé ce qu’elles feraient en ce moment, confie Mme Letourneau. Ces femmes auraient été des modèles, elles auraient inspiré d’autres femmes… Elles auraient créé des choses utiles et valables. Certaines d’entre elles auraient eu des enfants. »

Mais le Requiem for Fourteen Roses est plus qu’un hommage aux victimes. Mme Letourneau explique que sa pièce se veut également un appel à la sollicitude et à la responsabilité collective. « Vingt-cinq ans, c’est un chiffre important, puisque ça représente une génération. Une génération, c’est suffisant pour oublier. Mon objectif est de souligner l’événement, de nous souvenir de ces jeunes femmes parce qu’elles méritent qu’on se souvienne d’elles, et de nous rappeler collectivement que nous avons besoin les uns des autres. »

Mme Letourneau a lancé une campagne de sociofinancement sur le site Indiegogo pour réunir une partie des fonds nécessaires à la production et a recueilli 7 820 $ en un peu moins de cinq semaines. Elle souhaite maintenant recueillir assez d’argent pour l’enregistrement ou la diffusion simultanée du concert, afin de joindre un auditoire plus vaste.

Écouter la chanson :

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