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ACTUALITÉS

L’Université des Premières Nations du Canada voit son statut rétabli

Mais l'Université n'est pas encore au bout de ses peines avec le milieu universitaire.

par PEGGY BERKOWITZ | 09 JUIN 08

L’Université des Premières Nations du Canada (UPNC) se réjouit du vote du conseil d’administration de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) en faveur du rétablissement de son statut de membre régulier de l’Association.

« Nous sommes très satisfaits de la décision », affirme Charles Pratt, recteur de l’UPNC, dans une entrevue accordée un mois après que le conseil d’administration de l’AUCC ait révoqué, lors de sa réunion du 1er avril dernier, le statut de membre en probation de l’établissement. « Nous avons prouvé la valeur ajoutée de notre adhésion et avons fait tout en notre pouvoir afin de trouver un terrain d’entente qui satisfait aux critères d’adhésion. »

Préoccupé par la gouvernance et l’autonomie de l’établissement, le conseil d’administration de l’AUCC avait accordé à l’Université le statut de membre en probation en avril 2007.

L’AUCC se dit « satisfaite des progrès accomplis par l’Université des Premières nations du Canada et la Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan (FSIN) pour résoudre les problèmes de gouvernance de l’Université ».

Il s’agissait principalement de réduire la taille du conseil d’administration et de le rendre indépendant. Le président de la FSIN ne siège donc plus à titre de président ou de membre votant au conseil d’administration. La composition du conseil est passée de 30 à 18 membres votants : trois membres représentent des associations d’étudiants, un, les professeurs et 14, diverses collectivités des Premières nations en Saskatchewan. Dix autres membres non votants représentent la FSIN, les gouvernements fédéral et provinciaux, les femmes, l’Université de Regina et les aînés autochtones.

Sans remettre en question la décision de son conseil d’administration, l’AUCC a mentionné dans un communiqué de presse être « confiant[e] que les changements au processus et à la structure de gouvernance qui ont récemment été rendus officiels par la FSIN assureront l’autonomie institutionnelle qui est essentielle au fonctionnement d’une université dans une société démocratique, et qui représente une valeur fondamentale pour les membres de l’AUCC ».

M. Pratt a mentionné que, pendant les négociations avec l’AUCC, une des principales préoccupations de l’Université était de conserver les liens avec ses communautés et de faire en sorte que le contrôle et la gestion de l’Université relèvent toujours des membres des Premières nations. L’UPNC, qui est le seul établissement canadien à offrir des programmes d’études menant à un grade dans un environnement qui reflète exclusivement la culture et les valeurs des Premières nations, est soumise à la législation de la FSIN.

Cependant, l’Université n’est pas encore au bout de ses peines avec le milieu universitaire. L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), qui représente les syndicats de professeurs, a condamné la décision de l’AUCC de rétablir le statut de l’Université et mentionne qu’elle « rend un mauvais service à l’enseignement postsecondaire autochtone ». De plus, l’ACPPU a annoncé au début de mai que l’Université sera frappée de censure d’ici novembre si elle ne consent pas à faire cesser ce que l’Association appelle « les violations graves des principes fondamentaux de gouvernance universitaire, de la liberté universitaire et des droits du personnel ». L’ACPPU mentionne que la censure signifie qu’on demandera aux chercheurs de ne plus accepter de nominations au sein du corps professoral ou d’invitations à titre de conférencier ou de ne plus participer à des conférences universitaires tenues à cet établissement.

M. Pratt affirme que, bien que l’Université n’ait pas son mot à dire dans les décisions de l’ACPPU, il entend rencontrer des représentants de cette Association à la fin de juin afin de discuter de leurs préoccupations. « J’ai bon espoir qu’il est possible de résoudre nos différends sans compromettre les valeurs fondamentales de l’établissement », déclare-t-il en terminant.

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