Passer au contenu principal
CONSEILS CARRIÈRE

Le réseautage virtuel peut accroître l’impact des travaux de recherche

par SYLVIE DUGAS | 18 juin 2015

À l’ère numérique, il faut désormais compter sur les médias sociaux pour assurer la plus large diffusion possible de ses recherches. Les universités et les chercheurs devront se mettre à la page comme aux États-Unis, où certaines universités envisagent de distribuer des fonds de recherche en fonction de la portée publique des travaux sur Internet.

« Les médias sociaux et les blogues aident à accroître la visibilité et la diffusion des liens vers les travaux de recherche », a affirmé Adrian Ebsary, consultant en marketing numérique, lors du Congrès des sciences humaines 2015, qui se tenait à l’Université d’Ottawa du 30 mai au 5 juin dernier.  Dans une économie de l’attention, il est crucial de développer ses réseaux de contacts virtuels. Comme les liens sont changeants et dynamiques, il est préférable d’être actif sur ce plan dès les phases préliminaires de la recherche pour accroître ses retombées. »

Premiers pas virtuels

Pour débuter dans cet univers, il faut d’abord maximiser les moteurs de recherche afin d’aider les robots à comprendre la thématique et le contenu des pages publiées, dit-il. Les éléments qui se trouvent « sur la page », comme le texte, les codes HTML et l’architecture sont importants, mais ceux qui se trouvent « hors page », comme les liens vers les contenus ou les sites Web le sont tout autant, sinon plus. Trois facteurs en déterminent l’impact : la qualité, le nombre et l’importance du domaine spécifique.

Il faut donc choisir judicieusement les mots-clés du texte, notamment à l’aide de Google Adwords Keyword Planner, en se demandant quelle utilité ils auront pour l’auditoire visé : recherchera-t-il chimiste ou chimie, par exemple? Ces mots-clés devront ensuite être assignés au manuscrit de la façon la plus naturelle possible. Les termes sélectionnés doivent figurer dans le titre du PDF ou le lien, mais leur fréquence dans le texte n’a pas d’importance pour l’algorithme de Google Scholar, principal moteur de recherche universitaire (Google Scholar’s Ranking Algorithm: The impact of citation counts, par Joran Beel et Béla Gipp, 2009).

Pour qu’un texte se retrouve sur la première page d’une recherche Internet, il faut également maximiser l’algorithme à l’aide d’interactions sur les médias sociaux, qui créent chacun un lien indépendant. « La réputation sur les médias sociaux est égale au nombre de transferts de contenu, rappelle M. Ebsary. Plus le public est large, plus il est probable que le nombre de citations retransmises augmente. »

Blogues et sites de réseautage

La meilleure stratégie pour bien se situer consiste à créer de liens en bloguant, en envoyant des gazouillis (tweet), en diffusant des images ou des contenus intéressants sur le web. « Il faut trouver sa voie dans les médias sociaux et cibler son public, notamment celui qui va partager nos contenus sur Twitter », indique M. Ebsary. On peut s’adresser au public en général, aux gens qui s’intéressent à notre discipline ou aux chercheurs de cette même discipline. Par contre, « le public suit davantage les chercheurs eux-mêmes que leur établissement ou leur département de recherche, car c’est l’individu qui a le plus de valeur à ses yeux », ajoute-t-il.

Il existe un grand nombre de sites de blogues, dont Tumblr (prisé pour la publication d’images), Medium (plateforme des auteurs), WordPress (le plus populaire), Ghost, Blogger ou Svbtle. D’après M. Ebsary, les blogues de l’avenir sont The Grid.io, où l’on peut créer un site sans effort, ou About.me, un agrégateur de réseaux sociaux (y compris universitaires) facile à utiliser.

« Mais comment les chercheurs qui ont peu de temps pour promouvoir leurs travaux peuvent-ils s’y prendre ? », questionne Françoise Moreau-Johnson, coordonnatrice au Centre de leadership scolaire, présente à la conférence. Ils peuvent opter pour le site de réseautage professionnel LinkedIn, qui permet de se retrouver sur Google grâce aux mots-clés du profil, répond M. Ebsary. On peut y annoncer des conférences ou ajouter des liens vers des travaux, ou encore créer un réseau professionnel dans Facebook sans détruire leur réseau personnel. Moins connu, Google + a également ses avantages, comme celui d’être privilégié par les moteurs Google. De plus, les auteurs peuvent soumettre leurs écrits dans la section « Talk » de Wikipédia, l’un des sites les plus influents sur Internet. Leur contenu y sera examiné et éventuellement modifié par des réviseurs.

Mais l’outil incontournable, c’est bien sûr Twitter. Ce microblogue de 140 caractères rejoint de vastes publics. Chaque gazouillis contenant un lien vers un PDF peut être partagé. « L’envoi de répliques (retweet) permet à un compte de se transformer en une véritable tour de communication! », lance M. Ebsari. On peut amplifier son impact sur le réseau à l’aide de mots-clics (deux au plus par message), de listes de favoris et de l’agrégation de réseaux sociaux.

La création d’un réseau de contacts peut se faire de façon symétrique, en sollicitant l’abonnement réciproque de jusqu’à 2 000 personnes qui suivent des comptes pertinents à nos intérêts. On se désabonne ensuite de tous les comptes des personnes qui n’ont pas répondu, identifiés à l’aide d’un outil comme CrowdFireApp.com. En poursuivant ce cycle, on peut accélérer la croissance de son réseau tout en s’initiant au réseautage.

COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
Affaires universitaires modère tous les commentaires reçus en fonction des lignes directrices. Les commentaires approuvés sont généralement affichés un jour ouvrable après leur réception. Certains commentaires particulièrement intéressants pourraient aussi être publiés dans la version papier du magazine, ou ailleurs.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

« »
aborg