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CONSEILS CARRIÈRE

Les séjours à l’étranger ne profitent pas qu’aux étudiants

N’oublions pas les professeurs.

par CHRIS HOUSER | 13 JUIN 17

Depuis maintenant 10 ans, je m’efforce d’offrir aux étudiants l’occasion d’étudier à l’étranger. J’ai ainsi permis à près de 400 étudiants au premier cycle de voyager et j’ai à mon actif plus de 30 visites au Costa Rica.

Les expériences à fortes répercussions, comme les études à l’étranger, la recherche au premier cycle, l’apprentissage par le service et les stages, sont des moyens efficaces et reconnus d’aider les étudiants à acquérir un esprit critique et des habiletés de communication, le sens des responsabilités sociales et individuelles et une ouverture à l’apprentissage continu. Elles sont désormais au cœur de l’engagement des universités à transmettre aux étudiants au premier cycle des connaissances et des compétences axées sur le monde professionnel et à en faire des citoyens productifs dans un monde en constante évolution. Plus précisément, on recherche de plus en plus les diplômés capables d’apprendre rapidement et efficacement, de s’adapter au changement et de créer de nouvelles possibilités pour eux-mêmes et pour les autres. Les expériences décisives ont une incidence démontrée sur les résultats et l’engagement des étudiants, haussent le taux de maintien aux études, favorisent la poursuite des études aux cycles supérieurs et améliorent les perspectives professionnelles.

Même si les expériences à fortes répercussions visant à améliorer l’enseignement et l’apprentissage remplissent une obligation importante des universités, je crois qu’on se limite trop aux avantages qu’elles procurent aux étudiants. Les avantages professionnels et personnels qu’elles procurent pour les membres du corps professoral qui y prennent part ne sont pas négligeables, et s’ils ne sont pas pris en compte et mis en évidence, il peut être difficile de créer des expériences durables et échelonnées dont profitent les étudiants.

En tant qu’ancien administrateur de l’Université A&M du Texas et actuel administrateur de l’Université de Windsor, j’ai été en mesure d’aider d’autres professeurs à organiser des expériences d’apprentissage et à m’y investir en insistant sur le fait qu’elles ne sont pas exclusivement réservées aux étudiants. Pour ce faire, je leur parle des retombées de mes séjours d’études à l’étranger sur ma vie personnelle et professionnelle en tant que membre du corps professoral.

Même si j’ai vécu beaucoup de moments exceptionnels durant ces voyages, j’ai particulièrement aimé ma visite imprévue à Punta Gorda, au Belize. Je résidais avec un groupe d’étudiants sur l’île de Lime Caye, le long du récif méso-américain, à environ 35 km de la côte. Au milieu de notre séjour, l’ouragan Ernesto s’est abattu sur les Caraïbes et nous avons été évacués par la marine nationale vers la petite ville de Punta Gorda, près de la frontière guatémaltèque. J’ai emprunté une bicyclette pour explorer la ville et je me suis arrêté au restaurant Gomier’s Vegan Vegetarian and Seafood. Ce soir-là, j’y ai travaillé comme sous-chef. Le chef m’a enseigné à préparer du calalou au lait de coco, au gingembre et à la lime, du vivaneau à la noix de coco et du chocolat chaud maya épicé.

L’ouragan m’a offert une occasion de croissance personnelle fabuleuse et inattendue. C’est à ce moment-là que j’ai compris que les séjours d’études à l’étranger n’étaient pas seulement bénéfiques pour les étudiants.

Non seulement ils m’ont permis de parfaire mes talents culinaires, mais ils sont aussi à l’origine de subventions de recherche externes totalisant plus de 1,5 million de dollars directement liées aux données recueillies; de nombreuses publications (en plus de mon sujet principal de recherche) sur les bienfaits perçus et concrets des expériences; de dons privés d’anciens étudiants et d’alliés de l’établissement; ainsi que de mon rapatriement au Canada.

Ils m’ont aussi offert de nouvelles possibilités en tant que géomorphologue spécialiste des côtes. Les données de validation de principe recueillies par les étudiants lors d’un voyage en 2014 ont donné lieu à une nouvelle collaboration avec des scientifiques de l’Université nationale du Costa Rica dans le cadre d’une recherche sur les courants de retour. Ces travaux servent à orienter la législation visant à créer une association de surveillance et de sauvetage et à financer l’embauche de sauveteurs sur les principales plages touristiques du pays. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, mes séjours à l’étranger et ma participation à d’autres expériences n’ont pas nui à ma productivité en recherche ni à mon accès à la permanence et à des promotions. En fait, elles ont fait avancer ma carrière.

De nombreux établissements auront du mal à offrir davantage d’expériences authentiques et variées à leurs étudiants si on néglige leurs avantages pour le corps professoral. Ceux-ci doivent être abordés lors des discussions sur l’importance des expériences afin de réduire le sentiment grandissant de beaucoup de professeurs par rapport au décalage qui existe entre leurs activités d’enseignement, de recherche et de services. Si nous parvenons à les convaincre de ces avantages, nous pourrons offrir des occasions d’apprentissage à un nombre accru d’étudiants. C’est le message que j’espère avoir transmis à la faculté des sciences alors que nous tentons d’améliorer l’expérience des étudiants.

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