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EN MARGE

Apprendre et s’amuser en voyage

Une réflexion au sujet d’un récent congé sabbatique de trois mois en famille.

par LÉO CHARBONNEAU | 16 JUILLET 14

Me voilà de retour au bureau après un congé de trois mois. On dit souvent que la réflexion favorise l’apprentissage en profondeur; c’est dans cet esprit que je souhaite utiliser cet espace pour réfléchir à mon expérience des trois derniers mois. De façon générale, j’estime que ce blogue sur l’enseignement supérieur n’est pas le bon endroit pour aborder des sujets personnels, mais je fais une exception pour ce billet-ci. J’ai été inspiré en cela par ma collègue d’Affaires universitaires Melonie Fullick, qui a récemment consacré un de ses billets à la question des priorités et de la « productivité », à la suite du décès de son père.

Bien entendu, l’objet de mon billet est beaucoup plus léger que celui de Melonie. Aussi cliché que cela puisse paraître, ma femme et moi jugions qu’il était temps de briser la routine pour partir en voyage et passer du bon temps avec nos deux garçons de 13 et 11 ans. Nous avions à l’origine envisagé de partir un an, mais compte tenu de nos emplois et de notre budget, nous avons vite réalisé qu’un congé de trois mois serait plus raisonnable. Je sais mieux que quiconque à quel point je suis privilégié de pouvoir envisager ce genre de projet. Cependant, s’il y a un milieu de travail qui se prête au voyage, et où le voyage est bien vu, c’est bien le milieu universitaire. Cette perspective ne devrait donc pas être étrangère à beaucoup de nos lecteurs. D’ailleurs, nous encourageons les étudiants à enrichir leur parcours universitaire d’expériences à l’étranger : c’est cette motivation qui nous a poussés à faire de même avec nos enfants.

Le voyage n’était aucunement relié à mon travail ou à celui de ma femme – nous prenions congé, tout simplement. Les enfants, hélas, n’avaient pas la même chance. Ils allaient manquer trois mois d’école et nous ressentions l’obligation de poursuivre leur éducation durant notre séjour. Pendant le voyage, ils ont donc consacré environ une heure par jour à leurs devoirs, composés d’exercices de mathématiques, de lectures et de la rédaction d’un blogue au sujet de leur expérience.

Nous avons exploré la Méditerranée (Grèce, Italie, Corse et Croatie), ce qui coïncidait joliment avec le parcours scolaire des enfants, qui ont étudié la Grèce antique, l’Empire romain et la Renaissance au cours des dernières années. Nicolas et Alec ont donc pu découvrir une partie de cette histoire par eux-mêmes au cours de notre périple.

Le voyage a répondu à toutes nos attentes. Nous avons exploré, nous nous sommes amusés, nous avons ri, nous avons fait des découvertes et avons appris sans arrêt. Nous avons vécu des moments inoubliables en famille. Ce fut particulièrement gratifiant de voir nos enfants accueillir ces nouvelles expériences avec curiosité et ouverture, et faire des liens lorsqu’ils étaient confrontés à un nouvel environnement, des idées inédites et de l’information nouvelle. On pouvait presque voir leur cerveau tout absorber, comme une véritable éponge.

À qui appartient l’éducation?

J’aimerais vous faire part d’une dernière réflexion au sujet du système d’éducation. De nombreux Européens rencontrés en voyage se demandaient comment nous avions pu retirer nos enfants de l’école pendant trois mois. Ils nous ont tous indiqué catégoriquement que cela serait impossible dans leur pays – que ce n’était tout simplement pas permis. Ça m’a sidéré. Je dois admettre que je ne connais pas exactement nos obligations légales en Ontario, mais l’idée que nous n’ayons pas le droit de partir avec nos enfants ne nous a jamais traversé l’esprit. Nous croyons fermement à la valeur de l’éducation publique, mais pourquoi n’aurions-nous pas le droit de les en retirer pour un moment pour leur offrir une expérience éducative différente?

Pour mémoire, nous avons essayé de rencontrer la directrice de l’école de nos enfants au début de l’année scolaire pour discuter du projet, mais elle ne nous a jamais officiellement répondu, laissant chacun des enseignants des garçons s’arranger à sa manière. L’un d’eux s’est montré très réceptif, en acceptant de nous rencontrer avant le départ et en préparant un cahier d’exercices et d’autres devoirs pour notre fils cadet. Nous avons même reçu une enveloppe scellée d’examens finaux à faire pendant son absence, que nous avons ensuite numérisés et renvoyés à l’enseignant. Pour notre fils aîné, nous avons simplement préparé un plan d’enseignement fondé sur le manuel de mathématiques que nous avons acheté et plusieurs autres exercices formulés au fur et à mesure. Nous ne savons pas s’il a reçu une note finale pour l’année ou une mention incomplet, mais nous sommes convaincus qu’il a beaucoup appris.

À PROPOS LÉO CHARBONNEAU
Léo Charbonneau
En 2000, Léo Charbonneau est entré au service d’Affaires universitaires comme rédacteur principal et a été nommé rédacteur en chef adjoint trois ans plus tard. Il a travaillé 10 années au Medical Post à titre de chef de la rédaction et réviseur de chroniques à Montréal. C’est lui qui a proposé de rédiger le blogue officiel d’Affaires universitaires, En marge, en partie pour se rapprocher du lectorat.
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