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ARTICLES DE FOND

Un deuxième chez-soi

En plus du gîte et du couvert, les programmes universitaires d’hébergement en famille d’accueil offrent aux étudiants étrangers une expérience culturelle.

par ANQI SHEN | 21 AOÛT 19

Cet article est un sommaire de l’article « University homestay programs strive to offer more than room and board ».

Lorsque Kari et Scott Warner ont décidé de loger un étudiant, leur fille n’était qu’un nourrisson et ils attendaient leur deuxième enfant, un garçon. Après qu’un voisin leur a parlé du programme de l’Université de l’Île de Vancouver (VIU), ils se sont inscrits afin d’accueillir un étudiant étranger dans leur maison de Nanaimo, en Colombie-Britannique. Remplir les obligations de famille d’accueil tout en élevant deux jeunes enfants n’a pas toujours été facile, mais Mme Warner dit que son mari et elle caressaient ce projet depuis longtemps. Tous deux proviennent de familles où l’accueil d’étrangers était chose courante. Elle ajoute : « Nous trouvions que le contact avec d’autres cultures serait bénéfique pour nos enfants et qu’une famille ne se définit pas uniquement par les liens du sang. »

On peut dire que les Warner ont mis leur projet à exécution ces 10 dernières années. Ils ont notamment accueilli un étudiant allemand auquel leur fille s’est attachée, ainsi qu’un étudiant japonais qui a gagné l’affection de leur garçon. Ils restent en contact avec certains d’entre eux, dont une autre étudiante japonaise qui leur rend régulièrement visite depuis qu’elle vit seule à Nanaimo.

Au Canada, les programmes d’hébergement donnent aux étudiants étrangers – qu’ils soient au niveau secondaire, dans un programme de transition ou dans un établissement postsecondaire – l’occasion de vivre dans une famille d’accueil qui leur fournit un logement sûr et de la nourriture ou des repas à un prix abordable. La plupart des universités canadiennes offrent ce genre de programmes qui fournissent, habituellement par l’intermédiaire du bureau des étudiants étrangers, des logements hors campus ou, dans le cadre d’un centre de langue anglaise – ou de langue française au Québec – des logements sur le campus. Certains programmes d’hébergement sont dirigés par un tiers, généralement une entreprise spécialisée. Leur description insiste souvent sur l’expérience interculturelle, au lieu de simplement mettre l’accent sur le gîte et le couvert. Les étudiants peuvent perfectionner leur français ou leur anglais et s’initier à la culture canadienne avec l’aide de leur famille d’accueil.

Ce volet interculturel est crucial, selon Danielle Johnsrude, gestionnaire du programme d’hébergement et de logements hors campus de VIU. « Nous croyons que l’expérience dans une famille d’accueil repose sur le respect mutuel. » En réalité, l’hébergement en famille d’accueil ne convient pas à tout le monde. « Nous voulons que les familles fassent l’expérience du volet internationalisation dans leur propre maison et que les étudiants découvrent ce que vivre au Canada signifie et ce que notre pays peut leur offrir. »

Le programme de VIU relève des services internationaux et de logement hors campus de l’Université; il met l’accent sur l’acquisition des « attributs de diplômés » – un ensemble de compétences qui forment les trois « piliers » de l’université, à savoir les connaissances, les habiletés intellectuelles et pratiques, et l’engagement civique – qui donnent droit à des crédits dans le dossier parascolaire des étudiants. Chaque année, le programme place en famille d’accueil de 500 à 600 étudiants étrangers par l’intermédiaire des trois volets suivants : un programme de culture et de langue anglaises, un programme pour étudiants au premier cycle et aux cycles supérieurs, et un programme d’études secondaires.

La clientèle du programme comprend surtout de jeunes étudiants, mais aussi un certain nombre d’étudiants aux cycles supérieurs. Görkem Bakir a connu son premier hiver à Winnipeg en 2017 comme doctorante à l’Université du Manitoba. Elle a été prise en charge par le petit programme d’hébergement géré à l’interne par deux membres du personnel.

Avant d’arriver, Mme Bakir avait pris contact par courriel avec sa famille d’accueil : un couple dans la cinquantaine et la soixantaine dont les enfants adultes avaient quitté la maison. Le couple a accueilli Mme Bakir à l’aéroport et pour 750 $ par mois, lui offre le gîte et le couvert (elle prépare elle-même son petit-déjeuner et son déjeuner avec l’épicerie qui lui est fournie et mange le soir un repas préparé par ses hôtes).

Mme Bakir partage la maison de sa famille d’accueil depuis deux ans maintenant. « Je fais partie de la famille. Nous sortons et faisons les courses ensemble », dit-elle, heureuse d’avoir trouvé un arrangement qui lui convient.

Lorsqu’elle s’est inscrite au programme d’hébergement, Mme Bakir espérait trouver quelqu’un qui l’aiderait à s’acclimater. Le programme lui avait été recommandé par des amis vivant ailleurs au pays. Elle voulait également perfectionner son anglais. À l’Université du Manitoba, le programme d’hébergement est offert par le centre de langue anglaise.

Aujourd’hui habituée à la vie au Canada, Mme Bakir continue de participer au programme pour des raisons financières, principalement. Elle sait qu’elle aurait du mal à trouver un appartement d’une chambre dans le même secteur pour moins de 1 000 $ par mois, services et nourriture en sus. « Je crois que l’hébergement en famille d’accueil coûte beaucoup moins cher que la vie en appartement. De plus, je vis dans un quartier sûr avec des gens qui m’apprécient. »

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